Théodore Stid., col
laisser de traces. 11 en alla différemment de la querelle soulevée par un sabaïte au sujet de la procession du Saint-Esprit. Déjà, comme nous l'apprend une lettre de saint Maxime \ la doctrine des Occidentaux sur ce point avait provoqué de Tétonnement, presque du scandale, parmi les Grecs du vu' siècle. Aux Grecs du viii^ nul ne s'était mis en peine d'apprendre comment, dans la Trinité, l'unité de principe ne s'opposait pas à la dualité des personnes principiantes. Aussi, en 808, quand les bénédictins du mont des Oliviers eurent la malencontreuse hardiesse d'ajouter le Filioque au symbole, le sabaïte Jean ne put s'empêcher de crier à l'hérésie et de soulever tous les orthodoxes de Palestine contre les novateurs. Pour calmer la tempête, le patriarche Thomas de Jérusalem et les religieux incriminés s'empressèrent, dès 809, de porter l'affaire par devant le pape Léon III qui répondit en soutenant la doctrine du Filioque tout en réprouvant l'insertion du mot dans le symbole 2. Mais cette sentence ne fît point la paix en Palestine. Si la guerre civile éclatée à la mort d'Haroun al-Raschid et la tourmente iconoclaste déchaînée par Léon V réussirent à étouffer la voix des Orientaux, leur fausse conception de la Trinité n'en resta pas moins ancrée cliez eux, avec de graves soupçons touchant la pureté de la foi latine.
§ 20. — La primauté romaine et Byzance.
La question du Filioque ne fut pas la seule que l'Orient déféra, durant cette période, au tribunal de Rome. C'est que, malgré les progrès du césaropa-