‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 221 sur 270 · Clironograph.^ a · texte numérisé non relu

Clironograph.^ a

même dans le patriarcat de Constantinople, le clergé rural ne compte guère que des laboureurs attachés à la glèbe ou de modestes artisans. L'évêque Constantin, cité en 815, ne doit-il pas le jour à un prêtre bottier? Le père de saint Jean le Psikhaïte n'est-il pas un prêtre maçon qui émigré à la recherche d'un peu de travail? Et rien ne va moins contre la législation canonique de l'époque , car le quinzième canon de 787 permet que les clercs des provinces se procurent les moyens de vivre en desservant simultanément plusieurs églises et en travaillant de leurs mains ^ .

§ 26. — Le xuonachisiue.

A l'inverse du bas clergé, le monachisme subit de graves atteintes durant l'iconoclasme, mais cette crise le fortifie en l'éprouvant et lui ménage un triomphe.

Le monachisme orthodoxe n'existe pour ainsi dire plus en ligypte où les couvents sont devenus presque tous la propriété des Coptes. En Syrie, au contraire, et surtout en Palestine, il continue à se maintenir, mais parmi d'incroyables difficultés. Le tremblement de terre du 18 janvier 74G, en secouant l'embouchure du Jourdain et le désert de Juda, porte un coup terrible à ses principaux centres. La loi de 757, en supprimant les immunités des personnes consacrées à Dieu, livre ses adhérents aux caprices du fisc arabe. Aussi, tel hagiographe local marque-t-il cette date comme le point de départ d'une eiïroyable décadence. Encore vers 780, il est vrai, Saint-Sabas conserve deux groupes de moines, l'un syrien, l'autre grec, mais cette

1. Narrât. Chronograph., col. 102G'' ; Vit. Joannis Psich., n. 2; Syntagma, t. H, p. 6-20.

laure et les autres maisons religieuses de la contrée vivent sous le coup de perpétuelles menaces, tracassées aujourd'hui parles Arabes, pillées demain par les Bédouins. Elles comptent même des martyrs. De 809 à 813, durant la guerre civile déchaînée entre les fils d'Haroun al-Raschid, l'insécurité et la persécution deviennent telles que la plupart des moines abandonnent leurs cellules pour chercher un asile en terre chrétienne*.

Aux moines de leurs états les souverains byzantins ne font pas la vie plus douce. Vénération des images, respect des reliques, culte des saints, tout ce que Léon III et ses émules veulent abroger, le monachisme grec en est violemment épris. De là, cette monachophobie inséparable de Ticonoclasme^. De là, sous Constantin V, ce double emploi des caresses et des violences pour amener les moines à quitter la religion : il n'en est pas un, apostat, qui ne reçoive à la cour ou dans l'administration honneurs et richesses ; il n'en est pas un, fidèle, qui n'aille aux fouets, à la prison, à l'exil, aux mutilations, à la mort. Flatteries et brutalités s'entremêlent de dérisions : ce sont des dénominations insultantes et des parodies grotesques, des frocs monastiques foulés aux pieds, des religieux traînés dans l'hippodrome aux bras de femmes, des moines mariés de force à des vierges consacrées ^. Puis, de ci et de là, plusieurs couvents sont désaffectés, plusieurs autres détruits. Puis, pour ruiner l'institution dans sa base, défense est faite à tous les hégoumènes de recevoir un seul novice sous peine de mort^. Mais à quoi bon tout cela? Le persé-

i. Chronograph., a. 6238, 6249, 6301; Vit. Stephani Sab., n. 31, 173.

Page 1