‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 233 sur 270 · Jur. eccl., t. II, p · texte numérisé non relu

Jur. eccl., t. II, p

Amie des icônes, la société byzantine Test par sentiment plus que par raison. Ses hautes classes exceptées , elle croupit dans l'ignorance. Nulle école n'existe pour le peuple; les clercs instruits courant s'entasser à Constantinople, le clergé rural se trouve incapable de distribuer l'enseignement. Les monastères eux-mêmes abritent une majorité énorme d'illettrés. A la longue, à force de suivre les offices liturgiques et les conférences de l'hégoumène, tous les moines acquièrent dans le cloître une certaine connaissance de la Bible et des prières, comme aussi des histoires édifiantes éternellement ressassées ; mais ceux-là seuls y progressent par le travail personnel qui ont apporté du dehors un premier fond de savoir. Elles sont du moins excessivement rares les maisons qui possèdent, comme Stoudion, une école à l'usage des enfants désireux d'embrasser un jour la vie religieuse'.

Compagne inséparable de l'ignorance, la superstition règne en maîtresse. Elle exerce même son empire parmi les classes les plus élevées^. Il n'est pas un accident, pas une maladie, où le diable ne joue son rôle. Les possédés, les énergumènes abondent. Où ne trouve-t-on point l'exercice des arts occultes? Plusieurs magiciens, désireux d'unir le Christ à Bélial, utilisent les cantiques ecclésiastiques au cours de leurs opérations. Les Byzantines sont pour eux des clientes inlassables, alors surtout qu'elles ont des enfants. Pour leurs nouveau-nés, sur le berceau et dans la chambre de leurs nouveau-nés, ces femmes veulent toutes sortes d'incantations, de singeries et d'amulettes. Comme elles craignent la sorcière qui passe ! Elles se lèvent à son approche, la saluent très hum-

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