Vit. Tarasii, p
aveux de son agonie ^ . Et tous, en montant au pouvoir suprême, s'empressent d'aller recevoir le sacre impérial à Sainte-Sophie, des mains du patriarche. C'est à peine si l'un d'eux, Léon V, ose omettre la profession de foi exigée en cette circonstance^.
Chez les sujets la foi se révèle à tous les instants de la vie. Elle se révèle sur son lit de mort chez cette fdle du spathaire Jean qui, frappée en pleine jeunesse, s'oublie elle-même pour conquérir l'âme de son père à l'iconophilie^. Fait-il un faux pas en marchant, souffret-il d'une douleur quelconque, le Byzantin s'écrie tout de suite : « A mon aide. Mère de Dieu! » S'il rencontre un moine en renom, son premier mouvement est de tomber devant lui à deux genoux et de lui dire : « Bénissez, saint '' ». Recevoir de ses mains une modeste croix de bois, un simple morceau de pain, lui paraît la meilleure des eulogies ^. Il sait, encore dans le monde, passer des nuits entières à prier et, une fois ermite, il cachera sous une robe en poils de chèvre un corps bardé et ceinturé de fer •*.
La foi du peuple byzantin n'est-elle pas attestée aussi par le succès croissant du monachisme? Sans doute si le métier des armes souriait davantage, si le poids des impôts et des corvées n'écrasait pas autant, si la vie ordinaire offrait moins d'insécurité, beaucoup de vocations ne se produiraient pas et les heures de persécution ne verraient pas un si grand nombre d'apostasies religieuses. Mais c'est la foi seule qui
1. Chronograph., a. 6267; NicéphorePatr., col. îJOîi"; EpisL ad Theophiluin, col. 3()4«.
2. Chronograph., a. 62-21, 630;i; VU. Nicephori Pair., p. 163,28.