Jur. ecd., t. II, p
les autorités civiles et religieuses de Gonstantinople riQ demandent plus en 816 que de communier au moins une fois des mains du patriarche Théodote ^ . Mais communier là où il faut ne suffît pas, car la participation aux saints mystères exige une foi au-dessus de tout soupçon et une conduite au-dessus de tout reproche. Aussi l'excommunication est-elle une peine courante chez les Byzantins.
En est frappé quiconque, même gardant la vraie foi, entretient des relations avec les hérétiques. Apposer une simple croix au bas de leur formulaire officiel, communier au pain et au vin consacrés par eux, requérir leur ministère pour le baptême ou la vêture, recevoir leur bénédiction, psalmodier en leur compagnie, les accepter pour convives, conserver avec eux des rapports de voisinage ou d'amitié, ce sont là tout autant de fautes qui rendent indigne de la communion pour un temps plus ou moins prolongé. Car les excommunications varient de longueur. S'il en est d'un jour, d'une semaine, d'un carême et d'une année, il en est qui durent beaucoup plus, et certaines même ne sont enlevées qu'à l'article de la mort 2,
En perdant le droit de communier, l'orthodoxe qui fréquente les hérétiques perd aussi parfois la faveur de certains sacramentaux : offre-t-il des pains d'autel, de la cire ou de l'huile, il ne faut pas accepter ses offrandes trop aisément; demande -t-il qu'on fasse une prière publique pour lui, qu'on allume des cierges à son intention, qu'on bénisse de l'huile en sa faveur, qu'on lui donne à boire de l'eau du calice, il ne faut point trop se liâter de le satisfaire. La peine est plus ^rave encore pour celui qui, orthodoxe dans l'àme,