TUÉOD. Sud., col
3i8 DE L'APPARITION DE LICONOCLASME
textes ne manquent pas où il n'est question que de l'aveu pur et simple des fautes commises. Nous y rencontrons même des cas assez nombreux de confession à distance, tel celui de cet Hésychius, protonotaire des Thrakésiens, qui envoie la liste de ses fautes par écrit sous un pli scellé de son molybdobulle K
Un fait grave à signaler c'est que parfois l'on attribue à la sainteté, non au sacerdoce, le pouvoir de remettre les péchés et que ceux-là distribuent des absolutions qui ne devraient donner que des conseils. La sainteté, où qu'elle brille, inspire confiance aux âmes repentantes : Etienne le Jeune, près de Chalcédoine, reçoit la visite et les confidences des hauts dignitaires palatins dont Constantin V a fait les victimes de sa luxure; Eustrate des Agaures, aux portes de Brousse, voit arriver à ses pieds deux personnes coupables d'inceste et un assassin; Syméon de Lesbos, sur la Corne d'Or, devient le confesseur couru de toute la haute société byzantine; Joannice le Grand, sur l'Olympe, ouvre l'oreille à des aveux. Et rien de plus naturel ni de plus salutaire que cette attraction de la sainteté; mais encore faudrait-il que le saint qui absout ait reçu le sacerdoce. Eustrate et Syméon sont prêtres ; Etienne et Joannice le sont-ils? Rien ne le dit. Tous ces moines sont-ils prêtres qui s'improvisent pères spirituels? On peut en douter^.
La vogue dont jouissent, comme directeurs de conscience, tels et tels hégoumènes iconophiles ne va pas sans provoquer de temps à autre des jalousies chez leurs confrères moins recherchés. Un de ces derniers, simple moine, s'oublie sous Michel II jusqu'à lancer un long réquisitoire contre ces confesseurs de la foi