Mansi, t. VIII, col. 11G
toute espérance. Théodore dirige la Nouvelle Laure et Domitien est l'hégoumène du couvent de Martyrios, deux maisons qui se distinguent, avec la laure de Firmin, au premier rang des boulevards de l'origénisme palestinien. Or, sur le Bosphore, ces deux meneurs jouissent d'un tel crédit, et si vite, qu'ils arrivent l'un et l'autre à monter, peut-être dès 537, sur deux sièges métropolitains des plus importants, Théodore sur celui de Césarée en Cappadoce, Domitien sur celui d'Ancyre en Galatie. Comment, défendue à la cour par de pareils avocats, la cause de l'erreur ne ferait-elle chaque jour de nouveaux progrès dans le patriarcat de Jérusalem?
Là, il est vrai, ne manquent point les défenseurs de l'orthodoxie, L'hégoumène Gélase, second successeur de saint Sabas depuis septembre 537, se montre parfaitement digne d'occuper une pareille situation : il ne craint point de braver les colères des novateurs et de lire à ses moines, en pleine église, le traité antiorigénistc d'Antipater de Bostra K D'illustres moines, comme saint Jean Thésychaste et saint Cyriaque^, l'assistent de leurs conseils et de leurs démarches. Toutefois, ces efforts ne sauraient suffire. Pour changer la tournure des affaires, il faut qu'une intervention inattendue se produise et que passe par la Palestine au printemps 542 l'apocrisiaire Pelage. Venu de Constantinople à Gaza pour déposer le patriarche Paul d'Alexandrie, ce diacre romain se fait instruire delà situation et promet d'employer toute son influence à ramener le calme. En effet, tandis que l'hégoumène Gélase, enhardi par les encouragements de l'apocrisiaire, s'adresse au patriarche Kphrem d'Antioche et
1. Barsanuphe, p. 292-301; Vit. Euthi/mii, p. 52; Vit. Sa6«, n. 72, 83, Si sq.