‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 254 sur 270 · TiiÉOD. Stuo., Cuzza Luzi, p · texte numérisé non relu

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k LA MORT DE SAINT MÉTHODE. 357

de plus en plus solennelle au premier dimanche après la Pentecôte ^

Certaines fêles, à raison de leur importance, débordent sur le voisinage et lui imposent une partie de leurs offices : les jours qui précèdent en prennent le nom de proéortia et les jours qui suivent celui de méthèorta. D'autre part, la période comprise du 25 décembre au 6 janvier forme un groupe festival déjà dénommé dodékaémère. D'autre part aussi, deux grandes solennités commencent à se comporter comme Pâques et à exiger un carême : le premier de ces jeûnes prépare à la nativité du Sauveur et les Palestiniens le nomment carême de saint Sabas, sans doute parce qu'ils l'ouvrent le 6 décembre, au lendemain de la fête de ce saint; le second prépare à la solennité du 29 juin et les Byzantins le nomment carême des saints Apôtres, évidemment parce que saint Pierre et saint Paul sont les apôtres par excellence. Carême catholiquej carême universel, tels sont, vers l'an 800, les titres que revendique la période quadragésimale d'avant Pâques. C'est pour se distinguer de ses rivaux, qui n'ont pas encore pénétré partout. Ces derniers, sortant des monastères, se répandront un jour à travers le peuple byzantin tout entier. Jamais au contraire, bien que Michel II travaille dans ce but, personne à Byzance n'acceptera de jeûner le samedi 2,

§ 44. — L'art religieux.

Byzance n'acceptera pas davantage les nouveaux principes d'art religieux que l'iconoclasme entend

\. Vit. I Joannicii, n. 44; Chronographia, a. 6253; Théoph. Co>t., II, 8; Ech. d'Or., t. VII, p. 297; Théod. Stud., Auvray, p. 35.

5. NicÉPH. Patr., col. 388"; Vit. Davidis, n. iG;' Vit. Stephani Sab., n. 32, 53, 54, 61; Tiikod. Stuo., Auvray, p. 68; Tuéopii. Cont., II, 8.

propager. Car l'iconoclasme a ses principes artistiques. Il détruit pour le triomphe d'une doctrine, non pour l'amour de la destruction. Aussi, tandis qu'il frappe les chefs-d'œuvre des siècles passés, éprouve-t-il le besoin de mettre quelque chose à la place.

Cette préoccupation éclate surtout dans la peinture et la mosaïque. Constantin V, le grand destructeur, conserve en ce genre tout ce qui offre un caractère purement profane : autant il s'acharne contre les re^ présentations du Christ, de la Vierge et des saints, autant il entoure d'honneurs les compositions qui figurent des courses de chevaux et de chars, des chasses, des scèaes théâtrales. Dans le sanctuaire blakhernien, de splendides mosaïques racontaient aux yeux le cycle évaagélique tout entier depuis l'Annonciation jusqu'à la Pentecôte. Que fait Constantin V? Il les arrache, il transforme les murs du temple en un fruitier et une volière, en une exposition de fruits et d'oiseaux, dit tel auteur contemporain, et là où le Christ opérait ses prodiges, là même, dans des encadrements en feuilles de lierre, à l'ombre d'arbres variés, prennent leurs ébats et se becquètent des corneilles, des grues et des paons. A l'Augustaeon, sur le milliaire d'or, c'est une scène hippique, avec le cocher Ouranikos au centre, qui remplace la représentation de six conciles œcuméniques ^ . Voilà pour la première période iconoclaste. Durant la seconde, c'est la mise en œuvre des mêmes principes, la même ardeur à détruire les fresques et les mosaïques offrant un caractère religieux, le même entrain à changer les murs des églises en de vastes tableaux de zoologie ^. Sans doute la figure humaine n'est pas encore complètement bannie des œuvres nouvelles, mais tout accuse une tendance très forte à la

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