‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 256 sur 270 · Vil. Melhodii, n · texte numérisé non relu

Vil. Melhodii, n

N\^st-ce pas après un siècle d'iconoclasme, et à Sainte- Sophie, que le patriarche Antoine trouve à jeter sous les pieds d'un clerc ambitieux une grande patène niellée qui représente la dernière Cène^ ?

Quoique vaincu, Ticonoclasme ne laisse pas d'influer sur les destinées de l'art byzantin. La réaction qu'il provoque prépare l'apparition du templon, haute clôture en marbre ou en bois qui se dressera, chargée d'icones, au-devant du sanctuaire. Déjà les cancels, debout à cette place, portent beaucoup d'images ; la solea, partie du naos voisine des cancels, est pareillement très ornée^. Avec le triomphe de l'orthodoxie, les icônes réclamant chaque jour plus de place, la balustrade antique va s'élever, se remplir, se transformer peu à peu ; quand elle sera devenue une sorte de mur percé de trois portes, le templon existera, modifiant l'aspect intérieur des églises et les coupant de leur abside orientale.

L'iconoclasme a aussi pour résultat de tuer définitivement la sculpture, cet art toujours languissant à Byzance. En outre, il oblige les peintres et les mosaïstes à s'en tenir de plus en plus à des types arrêtés. On conçoit en effet que, pour mériter la vénération due à son modèle, l'image doit être autant que possible un portrait et non une production de la fantaisie. Que les anges soient peints sous les dehors humains, jeunes, avec des ailes ^, cela va bien, puisqu'ils ont apparu de la sorte ou que la tradition les a consacrés ainsi. Mais pourquoi les faire vieux et les clouer sur une croix? Pourquoi surtout représenter le Christ sous les traits d'un vieillard? Ces excès-là existent *. Pourraient-ils se

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