‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 257 sur 270 · Théod. Stud., col. î · texte numérisé non relu

Théod. Stud., col. î

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reproduire souvent sans justifier quelque nouvcUe guerre aux icônes? L'iconophilie intelligente estime que non. Aussi, une fois victorieuse, tient-elle ses artistes en lisière et leur impose-t-elle le respect de la tradition. Trop peut-être, car bientôt le souffle créateur paraîtra comme étouffé à Byzance et l'art y semblera comme condamné à Timmobilité*

§ 45. — Martyrs et homologètes.

En attendant, se borneraient-ils à représenter les nouveaux héros de TÉglise, les artistes ne vont pas manquer de besogne. Sous l'iconoclasme, en effet, le festival byzantin s'ouvre chaque jour à de nouveaux saints. L'impératrice Irène, si justement discutée, réussit à s'y introduire pour son œuvre iconophile de 787, et le même sort attend l'impératrice Théodora pour son œuvre analogue de 843. Entre ces deux femmes se laisse entrevoir la pâle Anthousa, fille du Copronyme et religieuse, sur le berceau de laquelle semble veiller une autre sainte Anthousa, également religieuse. Le trône patriarcal, de son côté, porte Germain, Taraise [f 25 février 806), Nicéphore (f 31 mai 828) et Méthode (f 14 juin 847), tous grands pontifes. Il porte aussi ^ Anastase (729-752), Constantin II (753-765) et Paul IV (780-784) ; mais n'est-ce pas trop d'indulgence que d'inscrire ces trois hommes au calendrier?

L'Église byzantine est plus fîère de ses martyrs. Elle en compte du côté de l'Europe, parmi ceux de leurs captifs que les Bulgares trouvent trop attachés au christianisme ; tels, les quatorze héros de l'abstinence

i. Pf^jpyl. ad ad. sanct. nov., col. LXXlT^/

quadragésimale que mentionne une catéchèse studile; tels encore révoque Manuel et ses nombreux compagnons mis à mort par Omortag vers 820 ^ . Elle en compte aussi du côté de l'Asie chaque fois que les Arabes ouvrent l'oreille aux conseils du fanatisme et de la cupidité. En dehors des victimes qu'ils font parmi leurs propres sujets, les califes portent la main jusque sur les sujets des basileis : sur soixante pèlerins arrêtés vers 730 à une heure de Jérusalem; sur Eustathe, militaire de haut rang, tombé en captivité lors des guerres de Léon III; sur Théophile, stratège des Kibyréotes, fait prisonnier vers 790 au cours d'un combat naval ; sur quarante-deux officiers pris en 838 à la chute d'Amorion et tués en 845.

D'ailleurs, les maîtres de Gonstantinople se chargent eux-mêmes de répandre le sang chrétien. Sous Léon 111, à la suite des martyrs couronnés en 729, il faut peutêtre citer Théodosie la moniale, qui a trempé dans l'affaire de la Chalcé, et ïhéophane Fapocrisiaire, qui a porté sur le Bosphore des lettres du pape Grégoire IIP. SousGonstantinV, en dehors des six martyrs déjà signalés dans l'historique de l'iconoclasme, mentionnons sainte Anne, la généreuse pénitente de saint tLtienne le Jeune, et rappelons les trente-huit moines de Pélécète torturés par Lakhanodracon en 760. Sous Léon IV, la question religieuse n'est pas étrangère à la mort de 'l'héophane le cubiculaire en 780. Mais on ne peut songer à connaître toutes les victimes tombées durant ces trois règnes, de 760 à 775 surtout, car les nouveaux livres liturgiques n'existent pas encore qui seront là quand ilourirout les grands iconophiles de 815 à 842, ou du moins qui viendront assez tôt pour recueillir leurs noms et sauver leur mémoire.

1. TiiF.oD. Sud., Auvray, p. 220; Acla Sancl., jan., t. m, p. 5i.

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