‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 260 sur 270 · Byz. Lut., p · texte numérisé non relu

Byz. Lut., p

A LA MORT DE SAINT METHODE. a7l

ohe privé de sa bibliothèque, brûla toutes celles de ses œuvres personnelles qui lui tombèrent sous la main. Un dialogue sur les bornes de la ç^ie humaine, un court traité sui' les synodes et les hérésies, une lettre dogmatique aux Arméniens, trois lettres au sujet des images, des scholies sur le faux Aréopagite mêlées à celles de saint Maxime, six homélies, un lot de poésies ecclésiastiques, voilà tout ce que Ton possède encore. Parmi les œuvres perdues, on compte beaucoup d'homélies ainsi qu'un traité contre l'apocatastase d'Origène et de Grégoire de Nysse. En outre, le nom de Germain occupe l'en-téte de quelques opuscules plus ou moins authentiques '.

De son activité littéraire, Jean Damascène remplit tout le deuxième quart du viii* siècle^. Théologien, polémiste, mystique, exégète, orateur, mélode, sur quelque sujet qu'il ouvre la bouche, ses lèvres de Chrysorrhoas, pur canal dé la tradition, laissent couler de l'or. Théologien, il compose une profession de foi à l'usage de l'évêque Élie, une introduction élémentaire à la dogmatique, une étude sur la sainte Trinité, un traité sur le trisagion, un autre sur ceux qui se sont endormis dans le Seigneur, et ces écrits servent de piédestal à la n/iyri y^^'»<J£w<;7 ce magnifique monument philosophique, hérésiologique et dogmatique des croyances byzantines. Polémiste, Jean s'attaque à la superstition dans ses deux fragments sur les dragons et sur les sorcières, au paulicianisme dans son Dialogue contre les manichéens et sa Dis^ cussion de Jean iorlhodoxe avec un manichéen, au

1. B.V-. LiU., p. Gj; P. G., t. XGVUI, col. I^:i3; Jur. eccL, l. Il, p. 20:i-30O.

2. Byz LUI., p. f>8,GTi; Palrol., p. 77 et 78; P. G., t. XCIY-XCVI; K. Dyo- BOiiNiOTKS, 'Jaxx/.ri; ô AaaaaxYjvdç, Atlièncs, 1903; F. Dilkamp, Jofwnnes von Dauiaskus : Ueber clic in Glaubcn EnlsclUafenen, daus la Rom. Quartal-Uchr., 1903, p. 371-384.

nestorianisme dans son ouvrage Contre Vhérésie des nestoriensy au monophysisme dans son traité sur la nature composée et son écrit A un és>êque jacobite, au monothélisme dans sa dissertation sur les deux \>olontés dans le Christ, enfin et surtout à l'iconoclasme dans ses trois Apologies enflammées du culte des images. Mystique, le Damascène écrit le traité Des saints jeûnes, celui Des huit esprits du mal et celui Des i^ertus et des çices. Exégète, il construit tout un commentaire des épîtres paulines au moyen de saint Jean Chrysostome et de quelques autres Pères. Orateur, il prononce une douzaine d'homélies, la plupart en l'honneur de la sainte Vierge. Mélode, il chante de nombreux canons et attache son nom à V Octoékhos byzantine. Mais l'œuvre de Jean Damascène, si abondante et si variée, reste encore à fixer d'une manière précise, car il s'en faut que Tillustre docteur ait réellement la paternité de tous les ouvrages portés à son nom. Qu'a-t-il fait pour Les parallèles sacrés, par exemple, sinon peut-être un remaniement? Et que d'opuscules non cités ici qui sont douteux ou apocryphes !

Saint Théodore de Stoudion se recommande surtout comme auteur ascétique. La querelle mœchienne l'amène à composer sur cette affaire un ou deux traités aujourd'hui perdus. La tourmente iconoclaste lui arrache un Antirrhétique en trois livres, escorté de plusieurs ouvrages moins considérables dont plus d'un a disparu. D'autre part, la refonte des livres liturgiques le compte, spécialement en ce qui regarde le Triodion, pour un de ses ouvriers les plus actifs. Néanmoins, chez Théodore écrivain, le polémiste et le mélode s'effacent devant le mystique, devant le chef de moines et le directeur d'âmes. La Petite Catéchèse renferme 134 des instructions familières adres-

sées par lui à ses religieux ; la Grande Catéchèse en conserve 173 autres, dont 96 encore inédites. Des discours plus solennels prononcés à l'occasion de certaines fêtes liturgiques ou de quelques deuils et réunis autrefois sous le titre de Livre des panégyriques^ on ne possède pour le moment qu'une douzaine de numéros. A ces instructions et à ces discours ajoutez des chapitres ascétiques, des canons pénitentiels pour les séculiers et les moines, une hypotyposis interpolée, un testament spirituel, une explication de la liturgie des présanctifiés, des iambes sur divers sujets. Ajoutez-y surtout une collection d'au moins 949 lettres, dont 507 parvenues jusqu'à nous. Écrites sur tous les chemins de l'exil, les 52 premières de l'automne 796 au printemps 815, les 455 autres du printemps 815 à l'automne 826, les 507 lettres du Studite constituent le document de beaucoup le plus précieux pour la connaissance des âmes et des choses de cette époque ^

L'œuvre de Nicéphore appartient davantage à la polémique. Vers 810, ce patriarche lance contre les Juifs, les kataphryges et les manichéens un traité qui n'a malheureusement laissé aucune trace. De 815, date de son exil, à 828, date de sa mort, il ne cesse de s'en prendre aux iconoclastes, écrivant un Petit Apologétique dès le réveil de l'hérésie, puis trois Antirrhétiques et un Grand Apologétique^ puis un appendice Contre Magnés et une collection de 75 ou 80 Témoignages des Pèresy puis encore un quatrième antirrhétique dirigé moitié Contre l'iusébe de Cèsarée et moitié Contre Epiphanide ou faux Epi-

1. Byz. Litt., p. 147, 712; P. G., t. XCIX ; Mai et Cozz\ Lizi, Nova bibliolheca Patrum, t. VIII, part. I ; t. IX, part. I et II; E. Auvkay, Parva Cafec/icsi5, Paris, 1891 ; cf. G. Scuskideh, Der hl. Theodorvon Studion, Munster in W., 1900.

phane de Chypre, le tout complété par un antirrhétique non numéroté Contre les Iconomaques et surtout par une volumineuse Réfutation de la définition conciliaire et de la chaîne hétérodoxe apparues en 815. D'ailleurs, Nicéphore n'est pas que polémiste : une Histoire abrégée qui va de 602 à 769 et une table chronologique qui part d'Adam pour s'arrêter à Michel II le mettent en bonne place parmi les chroniqueurs byzantins; deux ou trois opuscules et 227 canons disciplinaires se lisent imprimés sous son nom; deux lettres nous restent de sa vaste correspondance; une clef des songes lui est attribuée par les manuscrits^.

§ 49. — Théologiens, polémistes^ chroniqueurs

A côté de ces quatre écrivains plus féconds, il en perce plusieurs autres de moindre envergure, mais qui méritent pourtant d'être signalés.

Faut-il s'intéresser à Lpiphane de Sélymbria dont V Antirrhétique contre les brûleurs d'images n'est connu que par Suidas, ou à Sophrone d'Alexandrie, ce contemporain de Théophile dont l'écrit en faveur des images n'est connu que par Eutychius? Faut-il s'occuper des traités iconophiles qui gisent sans nom d'auteur dans les manuscrits? Mieux vaut mentionner le Stéleutique anonyme qui date du règne de Constantin V, de 769 exactement, car celui-là du moins se trouve imprimé^. Imprimés aussi et très intéressants V Avertissement d'un vieillard sur les saintes icônes,

i. Byz. Lia., p. li, 349; P. G., t. XCVm, col. 9-1060; Pitra, Spicileg Solesm., t. I, p. 302-503; t. IV, p. 233-415; Jttr. eccL, t. IF, p: 314-350; C. DE BooR, Nicephori opuscula historica, Leipzig, 1881j

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