Cod., I, I
A LÉCRASExMENT DE LA PERSE. 45
a toujours réprimé par des décrets orthodoxes les hérésies qui se sont élevées dans les contrées de l'Orient. Et, de fait, Justinien rend compte de sa foi au pape Jean II, « chef de toutes les Églises », en 533, ainsi qu'au pape Agapit en 536, profession de foi insérée au Code avec la réponse pontificale *. Ailleurs, dans une novelle de 535, il appelle Rome « la source du sacerdoce » et « le vénérable siège du très haut apôtre Pierre ». En outre, à la seconde ligne de cette loi, il écrit ces mots : « Que la sublimité du souverain pontificat soit à Rome, il n'est personne qui en doute ^ », attestant ainsi la primauté absolue du pontife romain. Ses négociations avec Vigile, qu'il obsède ou violente pendant sept ans pour l'amener à ses vues théologiques, constituent elles-mêmes un témoignage en faveur de cette primauté ^, comme aussi la distinction qu'il imagine entre la personne des papes et leur Eglise, prétendant rompre avec l'une sans rompre avec l'autre * . Cette distinction ridicule a des avantages pour un despote : énoncée en 553, mais appliquée dès 537, elle permet de traiter les papes en sujets, d'arracher un Silvère à son siège et d'y installer un Vigile ^, d'imposer les volontés du pouvoir civil et de fermer la bouche au pouvoir religieux, d'exalter l'État et d'avilir l'Église.
Comme leur basileus, les orthodoxes d'Orient proclament aussi la suprématie spirituelle de Rome. Ceux-là du moins que l'ambition ne trouble pas sont d'accord avec l'évêque de Patare ^ déclarant à Justinien au sujet de saint Silvère : « Il y a beaucoup de sou-