Mansi, t. VUl, col. 7iG
de la province de Thessalie ». Trois de ses suffragants, Elpidios de Thèbes, Timothée de Diocésarée et Etienne de Lamia, dénoncent de même les empiétements de Byzance *. Épiphane n'en va pas moins, malgré l'appel à Rome de l'accusé, jusqu'à le déposer de l'épiscopat. Pourtant, écrit Etienne au pape Boniface II ^, « aucun ordre ecclésiastique ne saurait prévaloir contre la puissance que notre Sauveur et premier pasteur vous a conférée ». C'est à vous, ajoute-t-il, qu'il appartient de sauvegarder les lois « dans toutes les Églises, surtout dans votre Illyricum ». Et cette affirmation de l'autorité romaine « sur le monde entier » est confirmée de vive voix par Théodose, évêque d'Échiné, confirmée aussi et surtout par les pièces d'archives produites au synode romain de décembre 531 ^. Mais Justinien marche d'accord avec Epiphane. N'a-t-il pas inséré la disposition de Théodose II dans son code ^? Aussi, tout en blâmant la conduite du patriarche, le pape Agapit, comme le montre sa lettre du 15 octobre 535, ne peut que prendre des demi-mesures ^.
§ 23. — Siège de Gonstantinople apostolique et œcuménique.
C'est en toutes choses d'ailleurs que les hiérarques du Bosphore veulent devenir égaux à ceux du Tibre. Cette tendance perce même dans Menas, le saint successeur d'Épiphane. Menas s'est écrié en plein concile de 536 : « Nous suivons le siège apostolique et lui
i. Mansi, t. VIII, col. 747.