‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 38 sur 270 · Nov. XI · texte numérisé non relu

Nov. XI

laire de Justiniana prima doit être « non seulement métropolitain, mais encore archevêque ».

Durant la période qui nous occupe, le nombre n'es^t point connu des évêques ou archevêques aut*océphales soumis à Tautorité du patriarche byzantin. On connaîl mieux, en revanche, Tensemblè du territoire où il exerce sa juridiction. Ce territoire ne dépasse pas les frontières déjà conquises par le zèle un peu trop entreprenant de saint Jean Chrysostome. L'illustre Jean, dit Tliéodoret de Cyr^ , veillait sur les six provinces de Thrace, sur les onze d'Asie et sur les onze de Pbnfc, c'est-à-dire sur trois des grands diocèses civils de la division administrative créée par Dioclétien. Or, ces vino"t-liuit provinces figurent encore avec leurs noms et la liste de leurs cités dans le Synekdémos d'Hiéroclès écrit vers 535. Ce sont : l'Europe, le Rhodope, la Thrace proprement dite, l' Hémimont, la Mésie inférieure et la Scythie pour le diocèse de Thrace ; l'Asie proprement dite, l'Hellespont, la Phrygie première ou pacatienne, la Lydie, la Pisidie, la Lycaonie, la Phrygie seconde ou salutaire, la Pampliylie, la Lycie, les Iles et la Carie pour le diocèse d'Asie ; la Bithynie ou Pontique première, l'Honoriade, la Paphlagonie, la Galatie première, la Galatie seconde ou salutaire, la Cappadoce première, la Cappadoce seconde, l'Hélénopont, le Pont polémoniaque, l'Arménie première et l'Arménie seconde pour le diocèse de Pont^. Cela représente-t-il vingt-huit métropoles ? Nullement, car l'organisation ecclésiastique ne cadre point tout à fait avec l'organisation politique : si la Scythie, par exemple, ne compte aucun métropolite, la Bithynie en a

\. Hist. eccL, V, 28.

i. Hieroclis Synecdemus, éd. A. Burckhardt, Leipzig, 4893; cf. J. Mar- OUAKDT, Organisation de l'empire romain, trad. française, t. H', Paris, 189-2, p. 20-2, 2ij0, 275, 2S7, 301, 302, 310.

trois par suite des conciles de 325 et de 451 qui ont donné, en Nicée et en Chalcédoine, deux rivales à Nicomédie. On peut dire toutefois que le patriarche de Constantinople commande à une trentaine de métropolites. Quant aux évêques de son ressort, le total doit s'en élever à 450 environ.

§ 26. — La synodos endémousa.

Patriarches, métropolites, évêques, tels sont donc les membres delà haute hiérarchie. A tous, d'accord avec les canons, Justinien fait un pressant devoir de la rési* dence. Sans doute, regrettant que ne soient plus tenus les deux synodes qui devraient annuellement grouper répiscopat de chaque province durant la quatrième semaine du temps pascal et au mois d'octobre, il prescrit que la réunion plénière de l'épiscopat provincial ait au moins lieu une fois par an, soit en juin, soit en septembre; mais, en dehors de là, il entend que les évêques restent chacun chez soi ou du moins, s'ils voyagent avec la permission de l'autorité supérieure^ que leur absence n'excède jamais l'espace d'un an. Il leur interdit en particulier de venir à la cour sans y être autorisés et sans être munis, les évêques par leur métropolitain et les métropolitains par leur patriarche, de lettres commendatices. Aussi bien pourquoi se déplaceraient-ils? Les principaux sièges entretiennent des représentants en permanence dans la capitale, et l'action de ces représentants sulïit au règlement dés affaires courantes'.

Mais l'attraction est irrésistible qu'exerce la cour. Aussi, malgré les prohibitions légales, malgré l'exis-

1. Cod., I, IM, 4-2; Nov. VI, 2; LXVH, 3; CXXIII, 0. 10; CXXXVH, 1, 4. Seuls les pairiarclies entretiennent des apocrisinires periiian«'nt.s. Cependant pour traiter certaines affaires de sini|)le8 ar(hevêi]ues envoient des apocrisiaires à Conslanlinople. Mansi, VIli, co]. 450, 470. Yoy. J. Parcoire : Apocrisiaire. Dictionn. dWrchcol. chrét. I, ir, col, 25Vi.

tence de représentants spéciaux, les évêques ne manquent jamais autour du palais impérial ou dans ses antichambres. Les basileis, oublieux de leurs propres décrets, sont d'ailleurs souvent les premiers à se réjouir de leur présence si propice aux discussions théologiques. Ils les réunissent en conférence, ils permettent au patriarche de les réunir. Et ainsi, constitué par les prélats de passage ou de séjour dans la capitale, fonctionne régulièrement ce petit synode permanent, on pourrait dire endémique, dont l'action, constituée dès avant Justinien, se perpétuera à travers les siècles.

§27. — L'épiscopat.

L'évêque chez lui a d'importants devoirs. Outre les âmes qu'il doit régir, outre le diocèse qu'il doit administrer, il est tenu de se mêler à maintes affaires qui paraîtraient plutôt ressortir au seul pouvoir civil, aux seules autorités gouvernementales ou municipales. Ajoutez que fa gestion des biens ecclésiastiques, parfois considérables, charge sa responsabilité et que lui incombe la surveillance des monastères, comme celle aussi des établissements de bienfaisance. N'oubliez pas non plus que, juge naturel des clercs, des moines, des diaconesses, des religieuses \ il peut encore prononcer à son tribunal sur presque toutes les causes qui surviennent entre laïques, pourvu que les deux parties conviennent de les lui présenter.

L'importance et la délicatesse de ces fonctions obligent la loi, après les canons, à prendre quelques mesures vis-à-vis de Tépiscopat. Justinien, non content des prescriptions insérées dans le code, se livre à cette

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