Procope, Goth., IV
LÉGLISB BYZANTINE. 5
concert avec celui de compagnons^ Mais, dans son ensemble, le peuple chrétien a déchu, et cela ne &au' rait surprendre.
En adoptant la religion du Christ pour eux-mêmes et pour leur État, les empereurs ont encombré l'Église de néophytes intéressés, parfois de néophytes involontaires 2, et ces recrues sans conviction n'ont pu qu'abaisser le niveau religieux dti milieu qu'ils ont envahi. « Ce furent de mauvais chrétiens », dit quelque part Jean de Nikiou au sujet de Juifs convertis sous le <X)up de la crainte ; vous pouvez en dire autant de tous ceux, adorateurs des idoles ou sectateurs de Moïse, que l'ambition politique, le servilisme flatteur ou la contrainte impériale conduisirent seuls au baptême. De là, naturellement, les vices qui déshonorent la société chrétienne et pénètrent même dans le sanctuaire, jusqu'aux rangs du haut clergé, où l'on trouve la simonie souvent \ et de pires défaillances parfois^.
L'esprit de l'évangile n'en souffle pas moins de tous côtés sur les princes et le peuple, modifiant la législation et faisant sortir de terre toute une floraison d'oeuvres charitables.
§ 33. — La législation impériale.
Sur les princes, il est vrai, cette action de l'évangile ne va pas jusqu'à changer radicalement la conception gouvernementale transmise aux basileis par les césars. Quelle que soit l'importance attachée à la cérémonie du couronnement, par où tout nouveau règne s'inaugure
\. s. PÉTiiiDÈs, Spoudœi et philopones, dans £ch. d'Or., t. Vn, p. 341. 2. P. G., t. LXXXVII, col. 35130.
i. Nov. VI, I, 6, 9; VI, 4; LVI, CXXIII, II, 1, iii, xvi; Mansi, t. ÏX, col. 1239" ; l. X, col. 283, 369.