Malalas, col
à Sainte-Sophie sous les onctions et les bénédictions du patriarche ', l'influence de Févangile ne peut faire que la constitution de l'empire ne reste, au fond, uniquement basée sur l'idée toute païenne de l'omnipotence divine de l'Etat incarnée dans le souverain; mais, faute de mieux, elle force à dissimuler ce principe sous des apparences contraires et fait chrétiennes les préoccupations du dieu terrestre qu'est l'empereur.
« Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ », tels sont les premiers mots du fameux monument juridique élevé par Justmien et composé, dans son ordre actuel, des Institutes, du Digeste ou Pandectes, du Code et des Novelles. Le Code, dont la seconde édition date du 16 novembre 534, pose^ comme fondement de la civilisation et de la politique byzantines la foi catholique en l'unité de Dieu, la trinité des personnes divines, la divinité du Verbe, la réalité de son incarnation, l'unité de personne et la dualité de nature dans le Christ, et il insère comme loi d'Etat la profession de foi que l'empereur vient d'adresser au pontife romain, « chef de toutes les l^Jglises ».
Dans la pratique, cet empereur associe à son action législative l'action du clergé, spécialement de l'épiscopat. 11 demande que telle de ses lois soit déposée dans les édilices du culte et aflicliée aux portes des églises. 11 ordonne aux évoques de surveiller tous ses représenta r»ts, tous les fonctionnaires civils et militaires, tous les employés gouvernementaux et municipaux, surtout lorsqu'il s'agit de réprimer leurs excès de pouvoir et leurs exactions "^
Parmi IfS innombrables constitutions de Juslinien,
i. W. SicKEL, Das byzantinische Krônungsrecht, dans Bi/z. Zeitschr., t. vn,p. .'iii-ri:i7.