iVou. XLIII; LIX
â. BAnsAM l'iiK, p. 313.
3, PROCOPE, IlUt. arc. y 17.
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sons de la prière et les asiles de l'ascétisme. Pour fonder, pour restaurer un édifice de cette catégorie, il faut l'autorisation préalable de l'cvêque local, et cette permission n'est point donnée à quiconque n'indique de prime abord les ressources qu'il tient en réserve pour l'entretien de la future construction et la subsistance de ses desservants. En retour de ses libéralités, le fondateur d'une église ou d'une chapelle jouit sur elle du droit de patronage qui lui permet d'y installer, d'accord avec l'cvêque, les clercs de son choix \ L'inauguration de toute église bâtie de neuf requiert la présence de l'évoque et la récitation par lui de prières spéciales. Il en va de même s'il s'agit d'un ancien temple païen transformé. Le passage d'un sanctuaire hétérodoxe au culte catholique exige aussi, sinon une consécration nouvelle, du moins une réconciliation ^.
Une qualité requise de tout édifice consacré à la prière, c'est d'être orienté. Une tradition aussi ancienne que le christianisme exige en effet que le fidèle, au moment d'offrir ses devoirs à Dieu, regarde vers TOrient ^. Cette règle, il est vrai, a souffert plus d'une exception aux siècles i>assés; avec le temps, elle devient tyrannicpie et nulle construction nouvelle ne peut s'y soustraire.
Dans les villes , l'église où l'évêque a son tr(5ne, la cathédrale, est dite communément l'église catholique. Mais on appelle aussi catholiques les autres grands édifices du culte constamment ouverts à tous les fidèles. A leur suite, par rang d'importance, viennent les églises conventuelles, puis les chapelles publiques, puis les chapelles privées. Martyrion est un nom applicable et appliqué à tout sanctuaire, grand ou petit,
\. Nov. I.Vn, 2; L\Vn,1,2; CXXIU, 18; CXXXI, 7. a. Chronograph.,a. «>06f>; Mansi, t. vril, col. fiO:;*. 3. ÂNAST. .SiXAÏr., col. -iO"-" ; Ilist. viyst., ii. 10.
qui se trouve placé sous le patronage d'un martyr. Si le patron est un saint de l'Ancien Testament ou bien même saint Jean-Baptiste, vous avez un prophéteion; si l'archange Michel, un mikhaélion; si l'archange Gabriel, un gabriélion ^ . C'est un apostoleion que vous avez avec l'un quelconque des douze apôtres ou des soixante-douze disciples. Aux chapelles privées on réserve de préférence le terme générique d'euktérion ou d'oratoire.
§ 37. — L'architecture des égliseis.
Très nombreux dans les villes et même dans les campagnes, plus nombreux encore dans les couvents où l'on s'habitue déjà à les superposer*, les édifices du culte sont en général de dimensions très restreintes et plus semblables parfois à des salles vulgaires qu'à des monuments. Une architecture pourtant existe qui sait faire grand lorsqu'il faut et produire à l'occasion des chefs-d'œuvre.
L'architecture religieuse du vi« siècle applique en les perfectionnant les manières de bâtir propres à l'intérieur de l'Asie Mineure, car c'est là, semble-t-il, qu'elle est née de traditions indigènes' quelque peu influencées par le courant oriental venu de la Perse et le courant gréco-romain venu des grandes villes hellénistiques. C'est un art libre, varié, fécond : tout près de la basilique à plafond, il dresse la basilique à coupole; non loin de l'église cruciforme, il dessine l'église polygonale. Nul encore de ces types ne prévaut en 530,
i. Jurit eccl., t. n, p. 383.
f. Vit. Eutychii, n. 18, S3.
8. J. Strzygowski, ^temasien, ein Neuland der Kunslgeschichte, Leip< rig, 1903.
comme le prouvent les édifices construits durant les premières années de Justinien. On trouve un octogone à Saint-Vital de Ravenne, un rectangle à Sainte-Marie de Jérusalem, une croix grecque aux Saints-Apôtres de Constantinople, d'autres formes ailleurs. Mais la tendance est évidente de substituer le plan polygonal, circulaire ou carré au tracé longitudinal des basiliques constantiniennes, comme aussi de remplacer leurs plafonds en charpente par des voûtes spliériques et des coupoles sur pendentifs. Consacrée par la construction de Sainte-Sophie, cette tendance triomphe di-finitivement au milieu du vi* siècle.
Tout le monde connaît Sainte-Sophie, ce chef-d'œuvre de l'art byzantin, élevé de 532 à 537. Sans parler de la saillie que projette l'abside orientale, sans parler surtout de l'exonarthex et de l'ésonarthex par où neuf portes conduisent de l'atrium à l'édifice proprement dit, celui-ci couvre un espace rectangulaire de 77 mètres de longueur sur 66"*, 70 de largeur. Une nef médiane et deux bas côtés se partagent cette aire. Au centre de la nef, quelque 55 mètres au-dessus du sol, inscrite dans le carré que forment quatre piliers colossaux, appuyée sur ces piliers par l'intermédiaire de quatre grands arcs et de quatre pendentifs sphériques, règne une coupole surbaissée de 31 mètres de diamètre. Un mur plein, établi sur plusieurs rangées de colonnades, ferme les grands arcs du nord et du sud. Ceux de l'est et de l'ouest, au contraire, restent ouverts, et chacun d'eux sert de point d'appui à la partie supérieure d'une demi-coupole qui le contre-boute. L'hémicycle recouvert par la demi-coupole orientale se prolonge en trois absides, dont celle du milieu voûtée en cul-de-four. Il en va de même pour l'hémicyclo occidental, sauf que l'arcade centrale s'y poursuit en berceau jusqu'au mur de face. Quant aux bas côtés,
ils atteignent en hauteur la naissance des grands arcs et se divisent en deux étages, Tétage supérieur constituant le gynécée.
Tel est, d'un mot, le plan très original de l'édifice qui permet à son constructeur de s'écrier : « Salomon, je t'ai vaincu ». Imposante par Fampleur de ses proportions et la hardiesse de sa coupole, éblouissante par la fabuleuse richesse de ses marbres, d^ ses mosaïques et de son mobilier, Sainte-Sophie soulève l'admiration de tout l'Orient. C'est la mère de notre empire, écrit Justinien dans une de ses novelles; c'est la grande église du Christ, s'écrient les peuples émerveillés \ et cette dernière dénomination, d'abord réservée à l'édifice matériel, devient un des titres officiels de l'entité morale que personnifie le patriarche œcuménique. En même temps, des sanctuaires s'élèvent d'un bout à l'autre du monde byzantin sous le vocable de Sainte- Sophie. Vous en trouvez un dans toutes les cités de premier ordre, comme Alexandrie, Jérusalem et Thessalonique, un aussi dans la plupart des villes secondaires, depuis Pessinonte en Galatie jusqu'à Bénévent en Italie. Or, le style de Sainte-Sophie se répand autant et plus encore que son vocable. Non pas que les architectes en copient servilement la magnifique disposition. Ils ne sauraient songer à reproduire une œuvre qui a coûté plus de 36 millions et où les combinaisons d'équilibre ont exigé tant de science et d'audace. Mais ils s'en inspirent, mais ils lui empruntent sa partie la plus caractéristique, la coupole, et celle-ci devient comme le thème autour duquel leur virtuosité exécute des variations multiples. Dès le règne de Justinien, de 536 à 550, ils jettent cinq coupoles sur les Saints-Apôtres de Constantinople ; plus tard, ils en
i. Nov. HT, pncf. ; Vit. Eutychii, n. 78, 91.
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jetteront jusqu'à douze sur un seul et même édifice. Au point de vue des matériaux, les Byzantins construisent surtout en béton et en briques. Le béton, fait d'un mortier très consistant, constitue le noyau de leurs piliers et de leurs murs; les briques, généralement carrées et marquées d'estampilles, sont réservées de préférence au revêtement. Rien de plus humble, on le voit, que ces matériaux, mais les arts décoratifs sont là pour jeter au-dessus im manteau de magniftcences ^ .
§ 38. — Arts décoratifs.
La sculpture elle-même trouve à s'exercer. On ne lui demande assurément pas de peupler les églises d'un monde de statues; L'Orient, si avide soit-il d'images pieuses, répugne absolument à tailler des saints dans ce marbre où le paganisme a taillé ses faux dieux, et si l'art constantinien n'a pas dédaigné parfois d'employer le ciseau du statuaire, s'il a par exemple créé plus d'un Bon Pasteur ^^ part byzantin se fait plus fermé sur ce point et n'admet guère la représentation de la figure humaine que dans les bas-reliefs. Mais il reste la sculpture ornementale. L'emploi du pilier n'ayant pas exclu, il s'en faut, celui de la colonne, l'architecte a besoin d'un auxiliaire qui décore ses chapiteaux, et tel est bien désormais le rùle du sculpteur à Byzance. Ainsi réduit au rang d'ornemaniste, ce sculpteur s'acquitte du moins de sa tâche avec originalité. On dira qu'il manque de franchise et de vigumir dans le coup de main, qu'il ajoure la pierre comme une