Bayet, L'art à>/zantin, Paris, p. 3î) .s
9. Musée impérial ollomaii de CouslaïUiiiopIc, salle by/aatiiie, n.464 et lus.
dentelle et cisèle le marbre comme une pièce d'orfèvrerie, encore est-il que ses productions charment les yeux par la curieuse variété de leurs formes, par le caprice de leurs broderies et de leurs entrelacs, par la fantaisie des animaux, des oiseaux et des vases qui en compliquent parfois la décoration.
Au peintre, avec le ciel des coupoles et le champ des parois, les églises byzantines abandonnent de vastes espaces. Dès le iv' siècle, les basiliques lui ont offert des espaces tout aussi considérables, etpourlcs couvrir, pour répondre aussi aux idées de triomphe et de richesse entrées dans le christianisme avec la conversion de Constantin, les artistes ont dû substituer à la simplicité des primitives scènes symboliques tout un ensemble de compositions historiques, plus amples et plus grandioses, fournies tantôt par la Bible et tantôt, mais plus rarement, par l'histoire contemporaine. Les peintres du vi* siècle persévèrent dans la même voie. A Saint-Serge de Gaza, ils déroulent sur les murs presque tout l'évangile, presque toute l'existence terrestre du Christ ; d'abord les scènes de sa naissance, depuis l'Annonciation jusqu'à la Purification ; ensuite, les miracles de sa vie publique, depuis les noces de Cana jusqu'à la résurrection de Lazare; enfin, les événements de ses derniers jours, depuis la Cène jusqu'à l'Ascension *. A Jérusalem, dans l'une des églises de Gethsémani, ils étalent une vue saisissante de l'enfer et des tourments au milieu desquels se tordent les damnés ^. Ces œuvres, par malheur, n'ont point survécu et l'on ne saurait en préciser le caractère artistique.
Il en va un peu différemment des mosaïques. Le rôle
i. Choricii Gazaei oratione*^ declamationes, fragmenta, édit. Boisionade,p. 9l-î)8.