Nov. CXVII, 4 et
a. MANSt.t. VUI, col. 914°.
3. DucHESNE, Origines du cuUe chrétien, Paris, 2«6diU, 1898, p. 4ri-80.
la liturgie grecque dite de saint Jacques, la liturgie syriaque de même nom et les autres liturgies syriaques. Le type cappadoco-byzantin, venu d'Antioche et par suite fort apparenté au précédent, occupe les trois anciens exarchats de Césarée, d'Éplièse et d'Héraclée ainsi que les parties grecques du patriarcat occidental, c'est-à-dire tout le territoire directement soumis à Constantinople et l'illyricum : lui appartiennent les trois liturgies que l'on nomme ou que Ton nommera de saint Basile, de saint Jean Chrysostome, des présanctiiiés.
Quel que soit le type liturgique suivi, les sujets orthodoxes de Justinien et de ses successeurs n'usent à la messe que du grec, sauf pourtant dans les églises rurales de l'Orient et du Sud. 11 est bien sûr en effet que la langue d'Alexandre n'a jamais pénétré jusqu'au fond de toutes les campagnes d'Egypte et de Syrie. A Tabennîsi, par exemple, combien sur deux milliers de moines le premier successeur de Pakhômeen comptait-il qui fussent à même de parler grec? Une quarantaine. Or, depuis, les progrès de l'esprit séparatiste ont encore changé cette proportion en faveur de l'idiome indigène, car il s'est ajouté à tous ceux qui ignorent effectivement le langage du basileus tous ceux qui feignent et affectent de l'ignorer. En tout cas, quand ils se constituent hiérarchiquement, les monophysites d'Egypte et de Syrie ne trouvent rien de mieux à faire, pour atteindre les masses et se les attacher, que d'adopter comme langue officielle, langue du culte aussi bien que de l'administration, le copte ou le syriaque. Ils en agissent vis-à-vis de leurs liturgies respectives comme les nestoriens de Mésopotamie et de Perse, comme les Arméniens aussi, ils les traduisent dans le parler national, tantôt telles quelles, tantôt en les amendant. De ce chef, les types liturgiques alexandrin
A L'ECRASEAlEiNT DE LA PERSE. 99
et syrien perdent, sous leur forme grecque, la plupart de leurs anciens adhérents, et le type cappadocobyzantm, qui tire de sa présence à Sainte-Sophie tant de force expansive, n'éprouve plus la moindre peine à prendre le dessus dans le monde entier. Déjà, vers 520, une lettre écrite de Constantiuople aux évêques africains relégués en Sardaigne, pouvait afTirmer que la messe de saint Basile était d'un usage presque universel en Orient ^ L'affirmation devient chaque jour de plus en plus vraie. Encore quelque temps et les formes liturgiques byzantines régneront à peu près seules sur l'ensemble du monde orthodoxe de langue grecque.
§ 42. — La messe byzantine.
La messe byzantine ignore encore les longues cérémonies de la préparation des oblats à la prothèse qui formeront un jour son trait le plus caractéristique. En revanche, elle présente plusieurs particularités qui, introduites ou consacrées au vi* siècle, méritent d'être relevées ici, en même temps que son ordonnance générale. Voici donc cette liturgie telle qu'elle se déroule vers 575 avec ses deux grandes parties qui sont la messe des catéchumènes et la messe des fidèles *^.
La petite entrée qui ouvre la cérémonie s'accompagne du trisagion et d'un encensement. Viennent ensuite, précédées d'un échange de paix entre le célébrant et le peuple, trois lectures scripturaires : prophétie, épître, évangile. Un nouvel échange de paix annonce l'homélie, à l'issue de laquelle, une fois les catéchumènes sortis et les portes fermées, prend fin le premier acte liturgique.