‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 72 sur 270 · H. 0. CoxE, op. et loc. cit · texte numérisé non relu

H. 0. CoxE, op. et loc. cit

3. AMPHiLOKtJ, op. cit., p. 10-14; Jvr. eccl., t. II, p. 269.

d'adapter de nouvelles paroles à de vieilles mélodies.

Dans la poésie tonique, les vers cèdent la place aux incises. Celles-ci sont de longueur variable et une certaine assonance en marque volontiers la tin. Un nombre plus ou moins considérable d'incises constitue une strophe. La strophe porte différents noms suivant sa forme, sa destination, son origine, etc., mais il suffit de signaler ici les principaux de ces noms. Si elle jouit d'un rythme et d'une mélodie propres, on la nomme idiomèle. Vhinnus est la strophe modèle dont toutes les autres reproduisent l'ordonnance. Les strophes destinées à être chantées alternativement avec les derniers versets des psaumes sont dites tropaires. Celles-là sont dites oTxoi dont la juxtaposition en assez grand nombre hors des psaumes constitue des hymnes homogènes. Toute hymne, tout cantique de cette sorte s'ouvre par un prélude dénommé kontakion. Il n'est pas rare que les lettres initiales des strophes forment acrostiche.

Préparée par les acclamations primitives, la poésie tonique a débuté avec les tropaires. Le texte de ceuxci, dans bien des cas, s'est constitué purement et simplement aux dépens des illustres orateurs du iv^ siècle, de saint Grégoire de Nazianze surtout, tantôt par voie d'imitation, tantôt par voie d'emprunt, comme saint Dorothée nous le montre vers 550 '. Ce genre alleuri sur le Bosphore au miheu du v* siècle et la Constantinople de Marcien s'est partagée entre deux rivaux, l'hé rétique Timoclès et l'orthodoxe Anthime, qu'elle a salués simultanément comme « poètes des tropaires^ ». Après, sont venus les cantiques, les hymnes ornées d'un prélude et très souvent appelées kontakia du nom même de ce prélude : la Théotokos de Kyros humble église de la capitale, résonne encore sous Jus-

Page 1