Jus, l. m, p
Le culte des anges n'est point, non plus, sans importance. Depuis le jour où Constantin a bâti son mikhaélion du Bosphore, les monuments se sont multipliés à l'infini sous le vocable de saint Michel. Saint Gabriel partage les honneurs de ce dernier. Les deux archanges jouissent d'une telle vénération que la formule du serment de fidélité imposé aux fonctionnaires impériaux en 535 les prend l'un et l'autre à témoin, au même titre que le Christ, le Saint-Esprit, la sainte Vierge et les quatre Évangiles ^ Dans les églises de saint Michel et de saint Gabriel, la prière va simultanément à tous les membres des célestes milices. La confiance est grande surtout que l'on porte aux anges gardiens. « Vénère, écrit saint Dorothée, vénère ton ange gardien en chacun de tes actes » . On compte spécialement sur l'appui de ces protecteurs au moment de la mort. Ainsi que chaque homme, chaque autel chrétien est confié à la vigilance d'un esprit angélique^.
Après les anges viennent les patriarches et les apôtres, que l'on fête aux dates de convenance choisies par les siècles précédents, puis les martyrs que l'on commémore le plus souvent à l'anniversaire de leur mort. Jean le Prodrome, Pierre le Coryphée, Georges le Tropseophore sont, avec la Vierge Marie et l'archange Michel, les patrons que le monde byzantin donne le plus souvent à ses édifices religieux. A côté des martyrs, qui ont témoigné de leur foi par l'effusion du sang, prennent place, en rangs chaque jour plus serrés, les saints de tout sexe et de toute condition qui ont confessé cette même foi par l'héroïcité de leurs vertus et de leurs œuvres. Ces homologètes, pour les