NEWMAN ET LE MOUVEMENT D'OXFORD
Dieu a fait de grandes choses pour son Église pendant le dix-neuvième siècle dans toutes les parties du monde. Mais les plus étonnantes se sont accomplies en Angleterre.
Qui n’a entendu parler du mouvement d’Oxford et de la rénovation catholique en ce pays? Il n’y a rien de plus merveilleux dans toute l’histoire de l'Église (1).
Est-ce que la prophétie de Joseph de Maistre va s’accomplir: La France redeviendra chrélienne el l'Angleterre catholique. Est-ce que l'Angleterre va redevenir l’île des saints et le Douaire de Marie, « our Lady’s dowry »?
Pas immédiatement, assurément ; néanmoins le changement opéré sous nos yeux est si extraordinaire, que désormais, nous pouvons tout espérer. Dieu n’a pas multiplié les merveilles en ce siècle pour s'arrêter court et il
(1) Pour toute cette conférence nous renvoyons aux
livres suivants : Caurcx, The Oxford movement, — Wir-
Fri War, Life of Ward, et Life of Cardinal Wiseman, — Hurron, Cardinal Newman, — MeyneLz, Cardinal Newman, — CARDINAL NEwMAN, Apologia pro vila sua, — History of my religious opinions, Jones : England and the Holy see. — Morris, S. J., Catholic England.
n'a pas exalté nos espérances, pour nous laisser sur la plus cruelle des déceptions.
L'œuvre de la conversion de l’Angleterre désirée, demandée si ardemment depuis quatre siècles par tous les plus grands saints de l'Église et par tous les martyrs anglais, est trop bien commencée pour ne pas se développer.
Transportez-vous par la pensée au milieu du xvne siècle (1), dans un de ces vieux manoirs du Lancashire ou du Yorkshire, où vit solitaire une de ces grandes familles catholiques, demeurée fidèle à la foi de ses pères et que l’hérésie triomphante a bien pu décimer, mais jamais séduire.
Sombre comme une prison, étroitement gardé jour et nuit contre les descentes de police toujours possibles, le château ressemble à une forteresse qui va subir l’assaut ; et de fait, toujours sur le qui-vive, on fouille au
(1) Rappelons que la persécution violente, atroce, dura jusqu’à la fin du xvu° siècle (1681), que Guillaume d'Orange, fit de sang-froid massacrer à Glencoe cinq cents écossais catholiques ; qu'il y eut des exécutions deprètres catholiques jusqu’à la fin du 17° siècle. Cf. la revue critique de l’histoire d'Angleterre de Macaulay dans la Quarterly Review et Catholic England in modern Times by the R. F. Morris S. J. London, Burns and Oates, 1892.
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loin l'horizon, on distribue les rôles et chacun se tient prêt. Sur une alerte, le branlebas de combat sonne, et tous barricadent les portes et courent aux cachettes creusées dans l'épaisseur des murs, pour y entasser provisions, livres et objets suspects du culte catholique.
C'est dans ces transes qu'on vit, ou plutôt qu'on meurt lentement depuis plus de cent ans.
Le soir, au repas, la famille assise autour de son chef, offre un spectacle émouvant, qui rappelle les premiers siècles sous les tyrans. Le maître de la maison encore jeune, mais tout blanc, sort d’une longue détention et a vu mourir en prison son vieux père et ses deux frères : sa femme est morte également en prison, des suites de $ses tortures, menacée tous les jours d’être écrasée entre des pierres et des planches, comme la célèbre dame Clitheroe à York, pour n’avoir pas voulu donner les noms des prêtres hébergés chez elle. En face de lui, prend place un vénérable missionnaire, aumônier de la famille et du district. C'est un confesseur de la foi: banni du pays après quinze ans de prison, ilest revenu reprendre son poste au champ d'honneur, bien sûr cette fois de mourir s’il est découvert. Ses quatre prédécesseurs sont morts martyrs, pendus et éventrés vivants et la tête du dernier, comme dans un pays de cannibales, est
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encore fichée sur la porte de la ville, menace permanente à l’adresse des catholiques de la contrée (1).
Le chef de cette famille de héros, retiré dans ses terres, excommunié parles pasteurs, montré du doigt par les enfants et par les vieilles femmes comme un être malfaisant, qui a attiré sur le pays des fléaux comme l’Armada et la conspiration des poudres, vit dans son pays comme un paria; incapable de remplir la moindre charge civile ou militaire, à la merci du juge de paix, qui peut, en lui déférant le serment de suprématie (affirmant que le roi d'Angleterre est le chef de l'Église) le mettre hors la loi; à la merci d’un domestique, qui gagnera en le dénonçant 25.000fr., à la merci d’un parent protestant, qui n’a qu’à réclamer son héritage pour l’avoir ; à la merci du premier passant venu, qui peut l’obliger à lui vendre son cheval pour cinq livres sterling (1925 fr.).
En attendant, les amendes pleuvent sur lui drues comme grêle, écornant et pulvérisant sa fortune: pour s’être absenté du prêche, 25 fr. par mois; pour avoir un domestique, 25 fr. par mois et par tête; pour avoir un lit, autant; pour avoir un fauteuil, autant. Le roi
(1) Tous les traits de ce tableau sont rigoureusement historiques. Voir à ce sujet les Mémoires du P. GÉRARD, missionnaire sous Elisabeth, publiés par nous, librairie Vaton, Paris, et aussi: Biographical Dictionary of English 5 volsin-8&, by GizLow, et Catholic England cité plus haut.
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afferme à ses amis cette levée fantaisiste d'impôts et s’en fait d'énormes revenus.
Rentrez maintenant après cette excursion vers le passé, dans l’Angleterre contemporaine : vous ne la reconnaîtrez pas. Les sectes persécutrices sont des volcans éteints et partout règne une brise de bon vouloir et de liberté. Cette terre qui buvait le sang des martyrs comme l’eau, est devenue avec la Hollande, la Belgique et les États-Unis le pays où le catholicisme s'épanouit le plus à l’aise, au milieu de Loutes les libertés civiles et politiques.
Les catholiques peuvent maintenant, dans les sphères civiles, militaires et politiques, aspirer et arriver à tout, excepté au trône. Ils sont libres de fonder universités, collèges secondaires et écoles primaires; celles-ci sont subventionnées par l'État et la loi de 1902 vient d'effacer les derniers vestiges d’inégalités entre catholiques et protestants.
S'agit-il du mariage civil, l'État respectueux des croyances ne l’impose pas aux catholiques et, pour eux, le procès-verbal dumariage religieux, rédigé par l'officier civil et signé par les conjoints et par les témoins, servira d'acte
Sous l'influence de ce qu’on a si bien appelé le nouveau printemps, l'Église catholique renaît de ses cendres : en 1800, elle ne comptait en Angleterre et en Écosse, que 120,000 fidèles
et deux cents prêtres, gouvernés par six vicaires apostoliques. En 1900, elle nous montre deux millions de fidèles et 3.300 prétres administrés par deux hiérarchies régulières, ici de 15 évêques et un archevêque, là, de deux archevêques et trois évêques.
Depuis soixante-dix ans, plus de six cent mille conversions opérées dans le clergé anglican et dans l'élite de la nation ont complètement changé la face des choses (1).
Mais, si nombreuses qu’elles fussent, ces conversions n'auraient pas donné à l'Église des masses populaires, des paroisses nombreuses, pépinières futures des grandes œuvres catholiques. Dieu fit un signe et par centaines de mille, les Irlandais accoururent avec leurs prêtres, bâtissant des églises et travaillant à la conversion de leur vieille persécutrice. C'est à eux que l'Église catholique d'Angleterre doit en partie ses vocations sacerdotales, la merveilleuse fécondité de ses ordres religieux, ses six cents couvents de femmes et l'énorme développement de ses paroisses et de ses œuvres dans les villes principales.
(1) Cf. Plus bas les preuves de cette assertion.
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Mais ces changements ne sont rien auprès de la métamorphose qui s’accomplit dans le sein de l'Église anglicane.
Un prophète qui eût annoncé, il y a soixante ans, que dans une quarantaine d’années la messe se célébrerait dans treize des grandes églises anglicanes de Londres, selon les rites les plus antiques ; qu’on y adorerait la sainte Eucharistie, qu’on y entendrait les confessions et y enseignerait toutes les doctrines romaines sur la communion des saints, sur le purgatoire, sur le culte de la Sainte Vierge et des saints, ce prophète, dis-je, eût passé pour un fou, et c’est cependant, ce dont toute l’Angleterre est témoin : des milliers de clergymen anglicans croient tout ce que nous croyons, à l’exception de l'autorité infaillible du Pape. La revue the Pilot du 7 mars 1903 dit qu’il sont au nombre de dix mille et un doyen de VÉglise gallicane cité plus loin en dit autant.
Toute l’Angleterre a retenti du bruit des procès intentés à des clergymen pour avoir remis en honneur certaines pratiques du culte catholique et, en ce moment même tous les journaux s'occupent du Discipline bill dirigé contre eux.
En 1898, un grand meeting présidé à Londres par Lord Halifax, membre de la chambre des Lords, réunit l'élite de la société anglaise pour examiner les voies et moyens de mener à terme la réunion de l’église anglicane avec l’église catholique romaine et on vote par acclamation une adresse très respectueuse au Pape, dans laquelle on le conjure de soumettre à un nouvel examen la question des ordinations anglicanes.
Ces ordinations sont condamnées, mais cet échec n’enraie pas le mouvement. Non seulement le mot de catholique ne fait plus horreur, mais des clergymen par milliers et des laïques par centaines de mille, rejettent avec mépris l’épithète de protestants, affectent de s’appeler catholiques, se réclament hautement de S. Augustin de Cantorbéry et regardent la Réforme du xvi® siècle comme un mauvais rêve.
Voulez-vous un témoignage éclatant de ce que nous avançons, ouvrez le livre du D: Jones, doyen de l’église anglicane, intitulé England and the Holy See, avec préface de Lord Halifax.
Là, l’auteur développe largement cette thèse : « La plus urgente des questions c’est la réunion de l’église anglicane à l’église romaine ou au Saint-Siège », car c'est ainsi qu'il s’exprime. « Cette réunion, dit-il, le préoccupe et le passionne depuis treize ans ».
Évidemment, nous sommes en présence d’un
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phénomène non seulement nouveau, mais extraordinaire, mais humainement inexplicable.
«Sans doute, écrit un témoin oculaire, l’évêque catholique de Salford (Manchester), les conversions ne sont pas assez nombreuses à votre gré, mais regardez-y de plus près, et vous verrez que le pays tout entier est en train de se convertir sans bruit. Je ne dis pas que la moitié de la nation a abjuré l’Anglicanisme ; mais je dis que l'extinction des préjugés, le progrès de la vérité, la métamorphose des sentiments, de la foi et de l'attitude parmi ceux qui nous entourent, justifient ce qu’on a dit, à savoir que l'Angleterre est à moitié convertie » (1).
La chose est d'autant plus étonnante, que depuis trois siècles, l'Angleterre marchait dans une voie tout opposée.
On dit que, pas plus que les fleuves, les idées et les peuples ne reviennent jamais en arrière. Eh bien ! ici le proverbe, si proverbe il y a, en a menti: car le fleuve est remonté vers sa source, l'Angleterre a rebroussé chemin.
Schismatique sous Henri VIII, hérétique sous Édouard VI et sous Élisabeth, et ses successeurs, pendant cent ans elle a faitasseoir sur tous les sièges épiscopaux le puritanisme sauvage de Genève, a brûlé vif l'archevêque
(1) Report read before the Truth Society, Birmingham. 1890. ;
Laud, le premier qui tenta de revenir à des formes moins anticatholiques et fit des tendances de Laud le plus grave des griefs contre Charles Ier.
A l’avènement des Georges, le vieux puritanisme s’endormit dans l’indifférence et dans le voltairianisme que la pudeur anglaise appela d’un mot hypocrite: le latitudinarisme : une vraie trouvaille !
On voit d'ici, prises sur le vif et burinées par la littérature du temps, ces physionomies d’évêques mondains, de recteurs en même temps gentlemen-farmers, hommes du monde, grands chasseurs, aimables danseurs et s’occupant de tout, excepté de théologie.
Cependant à la fin du siècle dernier et au commencement de celui-ci, de grandes tempêtes se déchaînent sur cette mer morte de V'Anglicanisme ; les âmes d'élite et parfois aussi les âmes criminelles étouffent dans ce christianisme bâtard, meurent de frayeur à la pensée des jugements de Dieu et poussent des cris désespérés: qui nous sauvera du Dieu vengeur ? Sera-ce cette église dégénérée qui n’a d'autre idéal que l’art de vivre à l’aise ? Est-ce donc là l’épouse du crucifié ? Ah ! qui donc la réformera ? une réforme, il faut une réforme ! (1).
(1)Sur cette époque, consulter CaurcH, The Oxford mo- :
vemeni — sur l'école Évangélique, cf. Jones, England and the Holy See. Nous leur empruntons tous les traits de ce tableau.
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Le méthodisme et l’école évangélique recueillent avidement ces échos et enrôlent par milliers ces âmes inquiètes, mais pour les égarer.
Tout le Credo de ces sectes tient en deux mots : le coup de foudre de la conversion c’est-à-dire un sentiment aveugle du pardon de Dieu et la réforme de la vie ; mais cette réforme, elles ne peuvent jamais dire en quoi ni comment il faut l’accomplir et elles précipitent les âmes dans la plus folle et la plus impie des présomptions, par la conviction de leur impeccabilité. Leurs déclamations vides d'idées préparent la voie au Rationalisme.
A côté de ces illuminés, qui trompaient plus qu'ils n’apaisaient la faim des âmes, se dessinait un autre mouvement, celui des libéraux ou fondateurs de l’église large, the broad church. Ils étaient sept, mais tous étaient éclipsés par l’immense talent de Mathieu Arnold.
Le premier acte de la jeune école rationaliste fut la publication des sept fracis and reviews, qu’on appela {he septem contra Chrislum, parce que leurs auteurs s’y expliquaient plus que librement sur les peines de l’autre vie et sur l'inspiration de l’Écriture.
Les ÆEssays and reviews provoquèrent une déclaration motivée sur les peines de l’autre vie et sur l'inspiration des livres saints, qui fut
signée par la moitié du clergé anglican.Pourquoi l’autre moitié s’abstint-elle ?
Était-elle déjà séduite par le démon du scepticisme moderne ? Nous ne savons, mais, par ce fait seul, la déclaration perdit beaucoup de son poids.
On s’avisa de poursuivre les écrivains et la cour des Arches les condamna; mais en appel, le conseil privé leur donna raison, déclarant que les formulaires du xvi° siècle et le Common prayer Book élaient des documents à interpréter d’après les règles du droit et qu’à juger d’après ces règles, les Æssays and Reviews ne s’en étaient pas écartés.
Pendant que ce travail soulerrain minait l'église anglicane, l’école positiviste grandissait, représentée par des hommes comme STUART Mizz, HERBERT SPENCER, HuxLEy, DaR- WIN, MARTINEAU, que le monde entier connaît si bien.
Avons-nous besoin de faire remarquer combien ces leaders de la pensée moderne en Angleterre étaient étrangers ou même hostiles aux idées Romaines ?
Ainsi depuis trois cents ans, l’âme anglaise, la plus indépendante et obstinée qui soit en ce monde, suivait des voies qui l’éloignaient de plus en plus du Catholicisme ou de Rome ; tour à tour schismatique, puritaine, épiscopalienne, voltairienne, puis méthodiste,
évangélique, positiviste et ballottée entre trois
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cents sectes toutes aux antipodes de Rome.
Mais tout à coup, dans l'élite de la nation, dans la jeunesse intelligente et studieuse, les esprits sont comme retournés.
Ce n’est pas seulement chez eux lassitude des querelles et des persécutions religieuses, compassion chevaleresque pour les faibles, pudeur d’un grand peuple, honteux d’abuser de sa force ; tous sentiments qui en 1829 ont arraché aux chambres anglaises l'acte d’émancipation des catholiques.
Ce n’est pas non plus engouement pour l'antiquité, goût d'artiste qui aime les belles choses, besoin d’une liturgie qui parle au cœur, dégoût de ce linceul glacé de religion protestante et de ses rites tronqués et mornes.
Tout cela existe assurément chez beaucoup, et les âmes frivoles en restent là ; mais tout cela n’explique pas le mouvement large et profond qui travaille les âmes dans l’Anglicanisme.
Ce mouvement est né de convictions inébranlables et ces convictions, les voici, d’après M. Jones (1).
1) « L'église anglicane a abandonné la tradition de l’église du Christ et il est nécessaire qu’elle y revienne ou qu’elle meure ».
2) « Les doctrines catholiques sur la pré-
(1) England and the Holy see, by the Rev. JoNEs — London, 1902 (Longmans). Cf. aussi dans l'Univers, 30
sence réelle, sur le sacrifice de la messe, sur la prière pour les morts, sur les privilèges de la sainte Vierge, sur le purgatoire, sur la confession, sur la grâce, reproduisent fidèlement la révélation du Christ et les traditions primitives ».
3) « Il faut aux doctrines un interprète et un juge et cette fonction ne peut exister que dans le sein de l’église elle-même, tout juge civil étant forcément incompétent ».
4) « L’histoire de la Réforme est à refaire tout entière : elle n’a été qu’une œuvre de violence et de supercherie et une monstrueuse iniquité. Sa tyrannie sanguinaire nous fait monter le rouge au front et si nous avions vécu alors, nous nous serions rangés du côté des victimes » (1).
« Dix mille clergymen et des millions d’anglicans des classes lettrées et riches partagent ces convictions. Le mouvement est devenu si puissant, que les idées ritualistes, c’est-à-dire catholiques, se font jour même chez les sectes dissidentes ».
Aussi bien, poussant ces principes jusqu’à leurs conclusions naturelles, d'innombrables anglicans sont devenus catholiques-romains :
il n’y a pas une famille qui n’ait un ou plusieurs membres ou déjà catholiques, ou prêts
octobre 1903, la déclaration de M. Benson converti, fils de feu l'archevêque de Canterbury.
(1) Tout ce texte est de JoNEs.
à le devenir et l'opinion publique est maintenant complètement retournée quand il s’agit des catholiques.
« La majorité des clergymen, dit M. Jones, a récusé l’intervention du conseil privé dans les causes ecclésiastiques pour raison d’incompétence et des milliers d’autres ont appelé de la sentence de leurs évêques à l'autorité de l'Église universelle ».
Dès 1877, Newman remarquait que plusieurs propositions de son tract 90, qui avaient déchaîné tant de colères en 1841, étaient devenues monnaie courante dans l’église anglicane.
« En 1833, c’est encore Newman qui parle, le grand obstacle à la réunion des deux églises était le concile de Trente : maintenant c’est celui du Vatican ; encore quelques années, et le concile du Vatican sera accepté comme celui de Trente ».
« En 1833, dit M. Jones, Les beaux vers de Keble sur l’Eucharistie étaient pour l’Angleterre une vraie révélation : maintenant, ils paraissent arriérés ».
Le désir de la réunion des deux églises est si vif chez beaucoup de clergymen et de laïques, que les évêques se croient obligés d'y faire allusion et d'exprimer l'espoir que l’Angleterre atteindra bientôt ce but suprême de ses aspirations.
Sous l'influence de ces idées, le langage se
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transforme et dans certaines sphères, on ne parle plus de l’église anglicane ou protestante, mais de l’église d'Angleterre, et on dit couramment que la grande question c’est celle de la réunion de l’église d'Angleterre avec le Saint-Siège.
Quoi d'étonnant après cela de rencontrer sur les étalages de libraires protestants et sur leurs catalogues, toute une bibliothèque de livres catholiques, de dévotion et de théologie, traduits par une plume anglicane. Citons comme exemple les œuvres de S. François de Sales, ou le grand commentaire de Cornelius à Lapide, publié intégralement en latin en 30 volumes gros in-4°, à Londres, et acheté exclusivement par une clientèle anglicane et si rapidement qu’il a fallu faire une seconde édition:
Réunissez par la pensée tous ces faits, tous ces symptômes ; comparez-les avec ce qui se faisait ou se disait il y a soixante ans, et vous comprendrezqu'uneincroyable révolution s’est opérée dans les esprits et dans les cœurs. Or la cause de cette révolution, c’est le mouvement d'Oxford.
Qu’est-ce qu’on entend par le mouvement d'Oxford ?
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