Luc, xzii
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des mutilations analogues*. Mais rorlliodoxie, déjà régnante, empêchait ces fantaisies individuelles de compromettre sérieusement l'intégrité des textes déjà sacrés.
En réalité, au travers de tout ce chaos, l'ordre se faisait. De même que, au milieu des doctrines opposées, une orthodoxie se dessinait, de même, au milieu de la foule des Evangiles, quatre textes tendaient de plus en plus à devenir canoniques à l'exclusion das autres. Marc, pseudo-Matthieu, Luc et pseudo-Jean marchaient vers une consécration officielle*. L'Evangile des Hébreux, qui les égala d'abord en valeur, mais dont les nazaréens et les ébionites faisaient un usage dangereux, commençait à être écarté. Les Evangiles de Pierre, des douze apôtres, parurent des variétés défectueuses et furent supprimés par les évoques *. Comment n'alla-t-on pas plus loin encore,
4 . Saint Hilaire, De Irinilaie, X, 9 et suiv.; saint Jérôme, Adv. Pelag.jll, 0pp., IV, 2* part., col. 524 , Mart.; saint t^Ipiphane, loc. cit.
2. L*auleur des Homéliei^ pseudo-clémentines parait connaître les quatre Évangiles. Matthieu est sa base principale 11 est vrai que, comme Justin et Tatien, il puise à d'autres sources, qu'il juge tout aussi canoniques. De Wetle, Einl. in das JV. T., S§ 67 c, 409 b. Voir aussi Hilgenfeld, Krit. Unters, ûber Evang, Juslin's, der clem, Hom. vnd Marcion's (Halle, 4850).
3. V. les Évangiles, \i. 442. Notez l'épisode de TÉvangile de Pierre à Rhossus. £usèbe, //. E,, YI, 42. Cf. Gredner» Ge9ch, des netU, Kan,, p. 256.
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et ne fut-on pas tenté de réduire les quatre Evangiles à un seul, soit en en supprimant trois, soit en faisant une harmonie des quatre, à la façon du Dia^ tessaron de Tatien, soit en dressant une sorte d'Évangile a priori comme Marcion ? On ne vit jamais mieux l'honnêteté de l'Eglise qu'en cette circonstance. De gaieté de cœur, elle se mit dans les plus terribles embarras. Il est impossible que quelques-unes des contradictions des Evangiles n'aient pas dès lors crevé les yeux. Celse les relève déjà finement*. On aima mieux s'exposer pour l'avenir aux plus foudroyantes objections que de condamner des écrits tenus pour inspirés par tant de personnes. Chacun des quatre grands Évangiles avait sa clientèle, si l'on peut s'exprimer ainsi. Les arracher des mains de ceux qui les aimaient aurait été une impossibilité. C'eût été, en outre, condamner à l'oubli une foule de beaux traits où Ton reconnaissait Jésus, quoique l'agencement du récit fût divers. La tétractys* l'emporta, sauf à imposer à la critique ecclésiastique la plus étrange des tortures, celle de faire un texte concordant avec quatre textes discordants.