DansOrig., Il, 74; V
2, È à-yî» Twv lùa^iXicAv TtTpoxTÛ;. Eus., H. E,, III, XXV, I
Cf. Origène, In Luc», hom. i (0pp., III, 933). TiTpau.o?»cv t 8Ùx^7s>.ov. Irénée, lîl, xi, 8.
602 ORIGINES DU CHRISTIANISHB. [Aa 160]
En tout cas, l'Eglise catholique n'accorda plus à personne le droit de remanier de fond en comble les textes antérieurs, comme l'avaient fait Luc et pseudo- Jean. On était passé de l'âge de la tradition vivante à l'âge de la tradition morte. Le livre, qui jusqu'ici n'a été presque rien, devient tout pour des gens qui sont déjà éloignés des témoins oculaires de deux ou trois générations. Vers l'an 180, larévolution sera complète. L'Église catholique déclarera la liste des Évangiles rigoureusement close*. Il y a quatre Evangiles, nous dit Irénée ; il devait y en avoir quatre, et il ne pouvait y en avoir plus de quatre; car il y a quatre climats, quatre vents, quatre coins du monde, réclamant chacun une colonne, quatre révélations, celles d'Adam, de Noé, de Moïse, de Jésus, quatre animaux dans le chéruby quatre bêtes mystiques dans TApocalypse. Chacun de ces monstres qui, pour le Voyant de l'an 69, étaient de simples ornements animés du trône de Dieu, devint l'emblème d'un des quatre textes reçus *. Il fut admis que l'Évangile était comme le chérub^ un être tétramorphe. Mettre d'accord les
4. Irénée, Ilf, xi, 7, 8, 9; Tertullien. Contre MarcionjlY,t,b\ Clrment d'Alex., dans Eus., //. E., VI, 13, 44. Dans la Jcttre d'Irénêe à Florin, les quatre Évangiles s'appellent aî «ypaçai. Cf. UClem., 2, 3, 4, 43.
t, Irénée, HI, xi, 8.
lAntOUJ L'ËGLISB CHRÉTIENNE. S03
quatre textes, les harmoniser entre eux et tirer d'eux un son unique, fut la difficile tâche quQ poursuivront désormais ceux qui tiendront à se faire une conception tant soit peu raisonnable de la vie de Jésus.
La tentative la plus originale pour sortir de cette confusion fut certainement celle de Tatien, disciple de Justin* Son Diatesmron fut le premier essai d'Harmonie des Évangiles. Les synoptiques, combi-
nés avec TEvangile des Hébreux et l'Iivangile de Pierre *, furent la base de son travail. Le texte qui en résulta ressemblait assez à PEvangile des Hébreux ; les généalogies, ainsi que tout ce qui rattachait Jésus & la race de David, y manquaient *. Le succès du livre de Tatien fut d'abord assez considérable ; beaucoup d'Eglises l'adoptèrent comme un commode résumé de l'histoire évangélique; mais les hérésies de l'auteur* rendirent l'orthodoxie soupçonneuse; le
4. Tatien ne connaissait pas ou n'admettait pas TÉvangile do Jean. C'est à tort qu'on a cru que le Diatessaron commençait par « Au commencement, était le Verbe ». C'est a tort aussi qu'on a cru que le titre Aià Tcaaaçcûv impliquait les quatre Évangiles canoniques. Le mot ^là Tidoopcuv est emprunté à la musique grecque et signiOe en général Taccord parfait.
2. Eusèbe, H. E., IV, 29; Théodoret, Hœret, fah,, I, 20; Ëpiphane, haer. xlvi, 4. Pour les textes syriaques, voyez Gredner, Gesch, der neuL Kan., p. 1 9 et suiv.