‹ L'église chrétienneChapitre 82 sur 371 · Juslln, Ap^, l, 67, (i^xftc ^«pû · texte numérisé non relu

Juslln, Ap^, l, 67, (i^xftc ^«pû

(Ém 128] L*ÉGLISE fCH RÉTIEKKE. itS

tes sacreBQentfi. Les prophètes hébreux et les écrits authentiques des apôtres étaient vite épuisés; il fallait du nonveaiL Pour fournir aux besoins sans oesse renaissaots de cette lecture, on aocueillait avec emprefisement tout décrit édifiant, qui se présentait avec la plus I^ère «pparence d'apostolicilé ou avec un air de famille ^même fort éloigné avec les écrits ^es prophètes andena.

Le obristiaiiiBme avait ainsi accompli le prenoier devoir dime religion, qui est d'introduire dans le monde un nouveau livre sacré. Une seconde Bible était ajoutée à rancienne, bien iniérieure comme beauté classique, mais douée d'une plus grande eï&cadfcé pour convertir le monde. la vieille langue hébraïque, instrument aristocratique si merveLUens pour exprimer la poésie, les sentiments de r&me, la pasaion, âtait morte depuis des socles. Le patois moitié araméen de la Pabratine, ce giBC populaire que la conquôie macédonienne introduisit en Orient, et que les trarducteurs alexandrins de la Bible élevèrent à la hauteur d'une langue sacrée, ne pouvaient servir d'organes à des chefs-d'œuvre littéraires; mais, à défaut de génie, la nouvelle Bible eut la bonté; à défaut d'écrivains, elle eut des hommes pleins de Jésus, qui nous rendirent son esprit. Le NouveauTestament a introduit dans le monde une idée nouvelle, celle de la beauté

populaire. C'est, en tout cas, le livre qui a séché le plus de larmes, amélioré le plus de cœurs.

On ne peut parler d'une manière générale du style du Nouveau Testament, puisque les écrits du Nouveau Testament se partagent entre quatre ou cinq styles différents ^ Tous ces morceaux ont pourtant quelque chose de commun, et ce quelque chose est justement ce qui a fait leur force et leur succès. Ils sont écrits en grec et conçus en sémitique. Ces tours absolus, roides, sans nuances, — cette langue où tout est blanc ou noir, soleil ou ténèbres, — qui, pour

dire : « J'aime mieux Jacob qu'Esaû » , dit: « J'aime Jacob, je hais Ésaû », ont séduit le monde par leur âpre grandeur. Nos races n'étaient pas habituées à celte ampleur orientale, à ces énergiques partis pris, à celle façon de procéder tout d'une pièce et comme par bonds. Elles ont été conquises et comme écrasées; aujourd'hui encore, ce style est la grande force du christianisme, ce qui fascine les âmes et les gagne à Jésus.

Le canon des livres de TAncien Testament admis

4. Au point de vue du style, on peut faire cinq catégories dans les écrits du Nouveau Testament : 4<* Marc, Matthieu, Apocalypse; %^ Luc et les Actes; 3^ Epttres authentiques de Paul, éptire aux Hébreux, V de Pierre; 4<* Jacques, Jude, II* de Pierre, épttres à Tite et àTimothée; &" TÊvangile et les épltres johanniques.

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des chrétiens était, naturellement, pour les ouvrages essentiels, le même que celui des juifs ^ Les chrétiens étrangers à Thébreu lisaient ces anciens écrits dans la version alexandrine, dite des Septante, qu'ils révéraient presque à l'égal du texte hébreu. Quand la version grecque ajoute des développements au texte, ce qui lui arrive pour Esther et Daniel, ces additions étaient acceptées. Moins sévèrement gardé que le canon juif, le canon chrétien admettait, en outre, ces livres, comme Judith, comme Tobie, comme Baruch, comme l'Apocalypse d'Esdras, comme l'Assomption de Moïse, comme Hénoch, comme le Psautier de Salomon *, que les rabbins juifs exclurent du volume sacré et même détruisirent systématiquement. En revanche, des livres comme Job, le Cantique, les Proverbes, et surtout TEcclésiasteS à cause de leur caractère hardi ou tout à fait profane, étaient très-peu lus de gens qui voulaient avant tout être édifiés. Les divers livres des Macchabées furent

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