Les citatiens de Presbytérot Joannee étaient amenées par
cea mots : X.« tcûto d-frpMGurtpoç iXr^t,
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ques. Il n*y a trouvé mentionnés que deux de nos Évangiles, celui de Marc et celui de Matthieu. Sur Marc, Papias rapportait un curieux jugement du Prèsbytéros et les allégations par lesquelles ce dernier traditionniste croyait excuser le désordre et le caractère fragmentaire de la rédaction dudit évangéliste^ Quant à r Évangile dit de Matthieu, Papias le regardait comme une traduction libre et médiocrement fidèle de l'ouvrage composé en hébreu par Tapôtre de ce nom. Il Testimait surtout à cause des paroles authentiques de Jésus qu*on y trouvait. Eusèbe rencontra de plus dans Papias une anecdote qui faisait partie de TÉvangile selon les Hébreux; mais il n'est pas sûr que révoque d'Hiérapolis Feût prise dans cet Évangile *. Ainsi, cet homme si instruit, si au courant des Écritures ', qui avait fréquenté, dit-on, les disciples de Jean et tenait d'eux des paroles de Jésus ^, ne con-
4. I] est difficile de distinguer, dans ce passage, ce qui est du Fresbytéros et ce qui est de Papias. Ce qui suit OCrt 7^^ peut être de Papias.
2. Eus., H. E,, III, XXXIX, 46. C'est probablement cette phrase d*£usèbe qui a fait croire à Vartan Vartabed que Papias était l'auteur de Tanecdote de la femme adultère. Y. Vie de Jésus, 13* édit. et suiv, p. 504, note 2; Journal asiatique, févr.mars 4867, p. 468.
Eus., H. E,, III, XXXVI, 2 (voir Tédition de Heinichen).
4. Irénée, Y, xxxiii, 3-4. Pour achever la singularité, le dis-
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naissait pas encore TËvangile de Jean, ouvrage qui naquit, ce semble, à quelques lieues de la ville même qu*il habitait ^ Certainement, si Eusèbe en eût découvert des traces dans les écrits de Tévêque d'Hiérapolis, il le dirait, comme il nous dit qu'il y a trouvé des citations de la première épltre johannique. Ce qui est singulier, en effet, c*est que Papias, qui ne connaît pas rÉvangile de Jean, connaît Fépître supposée de Jean*, qui est, en quelque sorte, une pièce destinée h préparer l'Evangile. Peut-être les faussaires lui communiquèrent-ils la lettre, mais non encore l'Évangile, pour lequel ils craignaient sa sévère critique. Peut-être y eut-il un intervalle entre la composition de répître johannique et celle de l'Évangile. On ne touche jamais à cette question des écrits attribués à Jean sans tomber dans les contradictions et les anomalies.
De cet ensemble de consciencieuses recherches,
cours de Jésus qui serait ainsi parvenu [à Papias de la bouche de Jean ou plutôt de ses disciples est, par le messianisme tout matériel qu'il respire, en flagrante contradiction avec TÉvangile dit de Jean.
4. Le passage copié par Thomasius dans un manuscrit de la reine Christine, au Vatican, et relevé par M. Aberle, est sans aucune valeur. V. Zeilschrifl fur wiss. T/ieol,, 4865, p. 77 et suiv.; Gebh. et Harn., Patres aposl.^ I« 2« part., p. 401-103.
2. Eus., H, E,j UI, XXXIX, 46. Eusèbe parie de citationsdirectes (xtxpiSrou {AXpTvpiaiç), et non d'allusions.
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Papias composa cinq livres qu'il intitula : Exégèses ou c( Expositions des paroles du Seigneur » S et qu'il regarda sûrement comme la parfaite image des enseignements de Jésus. La disparition de cet écrit œt la plus regrettable perte qui ait été faite dans le champ de la primitive littérature chrétienne. Un grand nombre des difficultés qui nous arrêtent dans cette obscure histoire seraient sans doute levées, si nous possédions le livre de Papias. C'est probablement pour cela que nous ne l'avons plus. L'ouvrage de Papias était écrit à un point de vue si p^^onnel^ qu'il devint un scandale pour l'orthodoxie. Les quatre Évangiles prirent une aut(H'ité exclusive de toute autre. Dans cinquante ans, on trouvera des raisons mystiques pour prouver qu'il devait y en avoir quatre et qu'il ne pouvait y en avoir que quatre. Un auteur qui déclarait avoir tenu peu de compte de ces textes sacranf)entels ne pouvait rester en faveur.
Papias, d'ailleurs, malgré ses apparences de critique difficile, était d'une crédulité extrême. Il ajoutait aux Évangiles des choses qui, n'étant pas cou-
4. Ao^iw Kuptoxîâv ilyqrtaziç. Les fragments ont été recueillis par Grabe, Routh, ftlunter, Pitra, et plus récemment par MM. de Gebhart et Haroack, Pair, aposl,, I, 2® partie, p. 87 et suiv., Leipzig, 4878. Plusieurs des passages qulrénée rapporte d'après les Presbyleri venaient de Papias. Gebh. et Haro., p. 4 05-1 U.
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vertes par raatorité de TinspiratioD, semblaient chocpiaxites et absurdes. Auprès de son merveilleux , allant jusqu à Textravagance, Marc lui-même, avec sa lourde thaumatui^ie, paraissait sobre. Les enseignements et les paraboles qu*il prêtait à Jésus étaient bizarres. L'ensemble avait cet air de fable ^ que les récits des Évangiles, au moins ceux des trois premiers, savent si bien éviter. Les miracles qu'il prêtait à Philippe, sur l'autorité de vieilles filles à demi folles, dépassaient la mesure ; ceux qu'il attribuait à Justus Barsabbas étaient en dehors de la tradition; il racontait la mort de Jean* et surtout la mort de Judas', d'une façon dont personne n'avait entendu parler. Il n'y avait pas jusqu'aux rêveries gnostîques oîi il ne semblât verser parfois, au moins quand il prétendait que Dieu avait donné le gouvernement de la terre à des anges, qui s'étaient mal acquittés de leur devoir * .
Mais ce qui contribua surtout à perdre Papias dans