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Tableau de l’Annunziata

L’Eglise de la Minerve

cremata,,, Tour brûlée. Ces souvenirs ne lui furent d’ailleurs érigés que presque deux cents ans après sa mort, en 1660 h

Sa pierre tombale se voit dans le pavé de la chapelle.

Il faut signaler le monument du cardinal Benedetto Griustiniani (f 1658), célèbre en son temps par son intelligence, son savoir, les services rendus et la sainteté de sa vie. Ce monument fait le pendant de celui qui précède par une ressemblance absolue 1 2.

D'autres épitaphes nous rappellent les générosités de Cornelio Porzio, d'Alessandro Ruspoli, de Muzio Bubali, d’ Antonio De Giovanni, pour les jeunes filles sans dot.

Au sortir de la chapelle on trouve contre le pilastre à sa droite le tombeau de Lazzaro Magoni (f 1603), qui nous rappelle le nom d’un chef militaire intelligent et courageux 3 ; contre le pilier d'en face, celui de Francesco Giannasi (f 1587) 4, qui fut en

1 Voici sa première épitaphe. Elle ne contient pas d’éloge, ce qui est une gloire pour un homme dont les œuvres sont grandes. Elle est sans doute l’œuvre de Turrecremata lui-même: Hic quiescit Dominus Joannes de Turrecre\ mata, natione Hispanus, épis copus Sabinus \ R. R. E. Cardin. S. Rixti, qui obiit XXVI sep \ tembris, anno Domini MCCCCLXV1I1. Requiescat in pace.

Plus tard, quand on lui éleva un tombeau, on grava celle-ci au-dessous de la niche qui renferme son buste: Fr. Joanni Hispano V alesoletano \ ex vetere pura nobilique familia de Turrecremata \ Ordinis Praedicatorum | S. R. E. cardinali episcopo Sabinensi \ pietcite ac doctrina clarissimo \ multis legationibus egregie functo \ Eecitae Virginis Annuntiatae \ Rodalitas \ auctori suo posait \ Obiit Romae VI Kal. octobris \ an. Dom. MCCCCLXVI1I | aetatis vero suae LXXX.

Et en avant du monument daus le pavé : Ossa \ Fr. Joannis de Turre Cremata \ Ordinis P raedicatorum \ R. R. E. card. episcopi Rabin.

2 II a deux épitaphes à la Minerve : celle du monument que nous avons sous les yeux et une autre dans la chapelle de saint Vincent Eerrier. On les trouvera dans le Nécrologe lapidaire de la Minerve. Voir Forcella, Iscriz ., nn. 1899, 1929.

3 Nous reproduirons son épitaphe dans le N écrologe lapidaire de la Minerve ; on la trouve dans Forcella, Iscriz., n. 1872.

4 On trouvera son épitaphe dans notre Nécrologe lapidaire de la Minerve ; on la peut lire dans Forcella, Iscriz., n. 1844.

L’Eglise de la Minerve

son temps illustre par sa science de la philosophie et de la médecine.

Mais il faut s’arrêter devant le monument d’Urbain VII, qui mérite une attention très spéciale.

C’est une simple statue sur un socle à la fois sobre et distingué, très noble de lignes et de profils.

Le pape, grandeur nature, est assis, tiare en tête, et bénit de la droite, tandis que de la gauche il tient un livre fermé.

Cette statue est l’œuvre d’Ambrogio Buonvicino, qu’on appelait aussi Malvicino, chez ses amis sans doute. Elle fait le plus grand honneur à l’artiste, non seulement par l’impeccable technicité du travail, mais encore par la composition à la fois digne et sans emphase, par l’expression de bonté et de force qui rayonne de la personne du pontife.

Urbain VII appartenait à la famille des Castagni. Il avait été l’un des présidents du Concile de Trente, puis il fut élu souverain pontife, mais ne régna que douze jours. Il eut à peine le temps d’accomplir une œuvre de son choix, une œuvre de délicate bienfaisance, en léguant tout son patrimoine à la Confrérie de l’Annunziata. Celle-ci, par reconnaissance, lui érigea ce monument, qui est également honorable pour tous les deux.

Urbain était mort en 1590 et c’est en 1606 que ses restes furent transportés du Vatican à la Minerve.

Son épitaphe fait de lui le plus grand éloge, et affirme que “ la nature lui avait prodigué largement tout ce qui peut rendre un homme remarquable „ h

1 Voici le texte entier: D. O. M. | Urbano VII \ Christianae reipublicae bono nato | cui quidquid in egregium hominem lundis dici potest | fuit bénéficia naturae collatum \ ad smnmi pontificatus apicem eo tardius evecto | quo celerius invida morte praerepto \ inconsolabili Urbis et Orbis moerore aetat. an. LXX pontif. die XII \ Archiconfraternitas Sanctissimae Annuntiatae \ ob amplificatos sine exemplo redditus \ in pauperum virginum dotes erogandos \ heres ex asse protectori munificentissimo | munus singulari religione debitum \ dicavit.

L’Eglise de la Minerve

On devra en sortant de la chapelle chercher dans le pavé une épitaphe qui mérite attention : celle du cardinal Giovanni Morone, premier président du Concile de Trente. Elle se voyait jadis sur sa tombe, en face du maître-autel, au sommet de l’escalier qui séparait le chœur du transept. Elle fut transportée ici lors des restaurations de 1848-1854, et placée près du monument d’Urbain VII, lui aussi président du même concile.

Cet illustre prince de l’Eglise s’entendait à merveille avec son compatriote non moins célèbre saint Charles Borromée, et avec Erère Barthélemy des Martyrs, archevêque dominicain de Braga en Portugal, pour faire discuter et accepter par le concile, puis sanctionner par le pape, les décisions les plus utiles de la réforme orthodoxe l.

§ 8. — La chapelle du très saint Sacrement.

Elle ne porta pas toujours ce nom, car primitivement elle fut dédiée à sainte Catherine d’Alexandrie, dont on y vénérait un tableau alors très apprécié.

1 Voici l’épitaphe du cardinal Giovanni Morone, telle que l’avait lue Ciacconio (Vitae, tome III, p. 682), et telle qu’on la lit transcrite sur le marbre moderne: Hic jacet corpus Joannis cardinalis Moroni \ patritii Mediolanensis et episcopi Ostiensis \ qui fuit legatus apostolicus in sacro concïlio | Tridentino et praeses. Vixit annos LXXI menses \ X dies V. Obiit I decembris MDLXXX \ Orate Deum pro eo.

Hieron. Moronus cornes Pontis Coroni haeres | Horatius Moronus episc. Sutrinus et Nepesinus | fratres filii domino ac patrono optimo | ex testamento moerentes p. p.

Dans le pavé, en face de l’Annunziata, se voyait jadis la tombe de Nicolô Strozzi, avec cette spirituelle épitaphe, œuvre du défunt, sans doute :

Nicolao Strozzio Leonardi f(ilio).

Roma mihi tribuit tumulum Florentia vitam:

Nemo alio vellet nasci et obire loco.

MCCCGLXIX.

En 1541, les “ Deputati di San Pietro „ pour louer Lorenzetti, ne surent faire mieux que de transporter cette épitaphe sur la tombe de leur défunt. Vasari, Vite : Lorenzetti.

Elle fut placée d’abord sous le patronat des Orsini, qui dès 1394 la faisaient enrichir d’indulgences par Boniface IX.

Elle avait d’ailleurs été construite aux frais du cardinal dominicain Matteo Orsini et de Porcello Orsini.

Les Yittorii et les Pamphili y possédèrent également quelques droits.

Vers 1570, la ven. sœur Maria Maddalena Orsini, fondatrice d’un monastère de Dominicaines à Monte-Cavallo, dans Home, cédait le patronat aux Aldobrandini, et Clément VIII, qui appartenait à cette famille, la lit embellir magnifiquement. Aussi leur étoile apparaît-elle un peu partout dans l’ornementation.

L’architecture de la partie inférieure, jusqu’à la corniche, est de Griacomo délia Porta; la partie supérieure, de Carlo Maderno.

Le pavé est en marbre.

L’autel est orné de quatre colonnes fort riches, soutenant un fronton triangulaire, que surmontent deux anges à demi -couchés.

Le tableau central représente la sainte Cène, ou plus précisément le Christ debout, distribuant la Communion à ses apôtres. C’est le dernier travail qu’ait envoyé à Rome le peintre Federigo Barocci, raconte Titi, et il se distingue des autres œuvres de l’artiste par une teinte plus chaude. C’est à tout point de vue une belle peinture. Elle fut exécutée par commission de Clément X, au dire de Lanzi.

Tout le reste de la décoration est l’œuvre du peintre Cherubino Alberti de Borgo San Sepolcro.

Ce sont d’abord, au-dessus du tableau principal, des anges peints à fresque, portant des chandeliers et jetant des fleurs : nous avons ici le symbolisme que nous avons déjà rencontré dans la frise au-dessus de la grande porte d’entrée.

Dans la voûte est figuré le triomphe de la croix.

Des anges l’emportent à travers une coupole fictive, style Pozzi de Sant’Ignazio, tandis que dans les pendentifs d’autres anges élèvent les instruments accessoires de la Passion. Dans

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