Statue de Clément VIII
les arcs ouverts au-dessus des tombeaux latéraux, se voient à droite le prophète Ezéchiel, à gauche la sibylle Erythrée: le premier indiqué par le texte de sa prophétie, la seconde par son nom écrit en grandes lettres dans le bas. L'un et l’autre sont assis avec une attitude à la Michelange.
Ezéchiel montre écrit dans un grand volume déployé sur sa droite ce texte : “ Omne lignum paradisi Dei non assimilabitur illi et pulchritudini ejus „ ( Ezécli ., XXXI, 8), tandis que dans un cartouche placé à sa gauche on lit: “ Exaltavit lignum liumile „ ( Ezéch ., XXVII, 24). La sibylle tient cette inscription dans une large banderole : “ Félix lignum in quo Deus pependit „ ; à sa gauche un ange montre écrit ce texte : “ Benedictum lignum per quod fit justitia „ ( Sap ., XIV, T), et à sa droite un autre: “Salve crux sancta, salve mundi gloria,,, mot emprunté, comme on sait, à l’hymne de l’exaltation de la sainte croix, où se résume l’idée maîtresse de toute cette décoration.
Clément VIII avait résolu de transformer cette chapelle en un monument consacré à la gloire de sa, famille, et il y fit travailler les premiers artistes de son époque.
Par ses ordres et à ses frais, Antonio Buonvicino sculpta les deux beaux anges qui dominent le frontispice de l’autel. Camille Marini, de Vicence, exécuta pour les deux côtés de l'autel les statues de saint Pierre et de saint Paul, et les deux bustes des Aldobrandini inconnus et innomés qui se voient au-dessous. Il chargea Ippolito Buzzi, de Viggiù, de le sculpter lui-même debout et bénissant, et fit placer sa statue dans la paroi de gauche, près de l’autel, ainsi que le buste de quelque parent qu’elle domine, et qu’a exécuté le même artiste. Sur la paroi de droite et en face, Nicolas Cordier sculpta, comme pendant, un Saint Sébastien et le buste de Silvio Aldobrandini.
Mais surtout il fit ériger contre les parois latérales deux magnifiques tombeaux à son père, Silvestro Aldobrandini, et à sa mère, Luisa Deti.
Ces deux monuments se ressemblent d’une manière générale, sans être pourtant la répétition l’un de l’autre.
Les urnes, très nobles, sont surmontées des statues mi-couchées des défunts ; quatre colonnes précieuses encadrent les urnes funèbres, et supportent au-dessus des frontons cintrés, où perchent de beaux anges qui pleurent et veillent sur les sépulcres.
Des statues symboliques rappellent les vertus plus solennellement pratiquées par les illustres morts.
L’architecture des deux tombeaux est de G-iacomo délia Porta.
La mère du pape, Luisa Deti, mourut en 1557 ; son père, Silvestro Aldobrandini, en 1558.
Le tombeau de la première est à gauche.
Dans le tombeau maternel, la statue principale, de style grave, comme il convient, est due au ciseau de Nicolas Cordier, sculpteur lorrain, surnommé le Franciosino. C’est lui aussi qui a sculpté la délicieuse statue de la Charité, avec les jolis “ putti „ , à gauche du cercueil, tandis que Camillo Mariani exécutait comme digne pendant la statue exquise de la Religion tenant un livre fermé, et écoutant le Saint-Esprit qui lui parle à l'oreille.
Les deux “ putti „ ailés du frontispice sont de Stefano Maderno.
Le tombeau de Silvestro Aldobrandini, le père du pape, placé à droite, fait le pendant harmonieux de celui de sa femme.
Le défunt est un beau vieillard, à grande barbe, appuyé du bras gauche sur deux coussins opulents que soutiennent de gros livres de comptes et autres rappelant le commerce honnête, source de sa fortune.
Il est accompagné des personnifications des deux vertus qui apparurent le plus dans sa vie: la Prudence et la Force.
Sa statue et celles des deux vertus personnifiées sont encore de Nicolas Cordier, et les deux anges du fronton de Stefano Maderno.
Puisque l’occasion s’en offre, m'oublions pas de noter que les statues à demi-couchées sur les tombeaux ne sont pas tou-
Tombeau de Luisa Deti, mère de Clément VIII.