Tombeau de Luisa Deti : détails
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jours des prétextes à de belles attitudes, mais qu’en réalité, dans la pensée de ceux qui les imaginèrent, elles rappelaient que tout ne meurt point chez l’homme, et qu’après la mort viendra le réveil de la résurrection.
Toute cette chapelle, comme conception et comme réalisation, ne saurait être étudiée avec trop de soin.
Elle est tout un poème par ses riches peintures et ses vingt statues.
Ceux qui sont à la recherche des beaux marbres vont être ravis. Ils remarqueront d’abord à l’autel deux magnifiques colonnes d’albâtre, jaune pâle, transparent, veiné de blanc; puis deux autres d’ “ occhio di pavone pavonazzo „ ; en français : d’œil de paon violacé. Ces dernières se distinguent par un fond violet, et par les coquilles circulaires d’un blanc livide qui s’y incrustent.
Dans les monuments latéraux ils noteront quatre colonnes de vert antique : fond vert, incrusté de blanc ; et quatre de “ porta santa „ , d’un brun foncé, mêlé de veines blanches.
A ce sujet, nous ne résistons pas au plaisir de rappeler l’anecdote que raconte Cancellieri.
Les artistes qui travaillaient aux ordres de Clément VIII s’étaient mis à la recherche de colonnes précieuses, et ils conseillaient au pape d’enlever de Sainte- Agnès-hors-les-murs, quatre colonnes: deux de “porta santa,, et deux de “ pavonazzetto „ , chacune avec 140 fines cannelures, ce qui en fait des monuments uniques dans lenr genre.
Le cardinal de Médicis, commendataire de Sainte- Agnès, apprit la spoliation qui menaçait son église. Et alors, sans proférer aucune plainte, il acheta à ses frais d’autres colonnes fort belles, qui pouvaient répondre aux désirs du pontife, et alla les lui offrir comme présent. Le pape comprit alors la faute qu’il allait commettre, par le conseil des gens qui le servaient. Il embrassa le cardinal, se tira du doigt un saphir splendide qu’il portait, et le lui donna, en le remerciant et du présent qu'il
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lui faisait, et du service qu’il lui rendait en le préservant d’un acte fâcheux de spoliation arbitraire.
C’est que ces deux personnages avaient de l’esprit et aussi du cœur.
En sortant de la chapelle du saint Sacrement, on remarquera sur le mur du pilastre, en dehors, le monument du cardinal Bertazzoli (f 1830) sculpté par Rinaldo Rinaldi.
Le monument comporte une statue de la Foi, debout, tenant la croix, la tête entourée de rayons, manière Canova. Au-dessous on lit une longue inscription, où on loue le cardinal pour sa piété remarquable, sa profonde connaissance du droit et de la théologie, sa dévotion pour la doctrine de saint Thomas, ce qui était fort singulier à son époque.
En face, contre la colonne de la nef, grande inscription à la gloire de la famille Vittori b
§ 9. — La chapelle de saint Raymond de Pegnafort.
Elle fut construite par Mons. Diego Cocca, espagnol, auditeur de Rote.
Dès l’an 1540, paraît-il, le patronat en appartint à la famille des Planca deglTncoronati.
Elle fut primitivement consacrée à saint Pierre et à saint Paul, puis, disent quelques-uns, à sainte Agnès de Montepulciano, de l’Ordre de saint Dominique, et enfin à saint Raymond de Pegnafort, fameux canoniste du même Ordre.
On y apprécia autrefois de belles peintures : d’abord un tableau de saint Pierre et de saint Paul, avec la Vierge dans le
1 Les inscriptions de ces deux derniers tombeaux se lisent dans notre Nécrologe lapidaire de la Minerve. Voir aussi Forcella, Iscriz., n. 1997, 1894.
Tombeau de Silvestro Aldobrandini, père de Clément VIII.
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haut et au milieu, et peint sur bois : il fut porté plus tard dans le vestibule de la sacristie, où il se voit encore aujourd’hui ; un tableau de sainte Agnès de Montepulciano, à l’époque où, qui donc le croirait?, Henri IV, roi de France, sollicitait de Clément VIII une extension du culte de la sainte. Peut-être est-ce la présence de ce tableau qui a fait supposer à quelques-uns que la chapelle avait été dédiée à la sainte dominicaine.
Au-dessus de l'autel apparaît aujourd’hui un tableau qui représente saint Paul et saint Raymond, tous deux debout et vus de face, avec l’image du Christ dans le haut: souvenir de l'ancienne destination de la chapelle. Il est encadré de beaux marbres et flanqué de deux superbes colonnes carrées supportant un fronton.
C’est l’œuvre de Nicolô Magni d’Artesia b
On signale à l’attention des amateurs les deux colonnes carrées de u bigio brecciato „ , fond gris avec fragments très clairs, et dans les bases des colonnes de l’albâtre “ a pecorella „ , fond rouge sang, avec des flocons semblables à de la laine, d’où lui vient son nom ; enfin deux variétés d’albâtre fleuri, appelé “ délia Minerva parce qu’on ne le trouve presque pas ailleurs : il se distingue par de larges bandes jaunes, entremêlées de quelques bandes blanchâtres.
A droite et à gauche de la chapelle s’élèvent deux monuments qu’il convient d’étudier plus attentivement, à raison de leur beauté tout à fait exceptionnelle.
Contre la paroi de droite se remarque en premier lieu le tombeau du cardinal Giovanni Coca. L'urne funèbre où est noblement couchée la statue du mort n’est que peu ornée, et
1 On signale au xvim siècle la présence ici d’un médaillon en marbre précieux, représentant le bienheureux Marcolino, O. P.
Le tableau représentant le Christ flanqué de saint Paul et de saint Louis Bertrand doit se référer au testament d’Onesta Marsiliani, qui fait élever en cet endroit “ Salvatori hurnani generis . sacellum „ . On a voulu rap¬
peler ensemble tous les souvenirs qu’évoque la chapelle.
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porte au milieu un très bref éloge ; elle repose par quatre griffes de lion sur un grand socle, chargé de l’épitaphe.
Aux deux extrémités du socle, sur les bases des piliers, les armoiries du défunt, et plus haut, sur deux socles ornés de cornes d’abondance, s’élèvent deux piliers qui se dédoublent en deux colonnes plates, portant chacun deux grandes torches funèbres. L’architrave est fort simple, la frise ornée de riches guirlandes ; la corniche, embellie d’un chapelet d’oves, supporte un fronton arqué, ou plutôt une superbe coquille terminée en enroTilements, et symbolisant l’éternité : au milieu les armoiries du défunt.
On remarquera la finesse et l’élégance des ornements, non moins que l’harmonie et les proportions de l’ensemble.
Dans le fond, au-dessus de la statue, on peut voir encore les vestiges d’une admirable peinture de Melozzo da Forli, représentant le dernier chapitre de l’histoire humaine ici-bas, le Jugement. La peinture est d’une sobriété et d’une puissance merveilleuse. Le souverain Juge apparaît sur un nuage entre deux anges sonnant de la trompette, et il bénit l'âme du défunt qui répond à l'appel et apparaît devant lui avec confiance. C’est une strophe du Mies irae.
On ne saurait trop remarquer et louer la majesté de l’ensemble, l'élégance des détails. Les deux inscriptions louent spécialement sa foi et l’intégrité de sa vie l * * * * *. Ajoutons que puisque l’évêque, dit l’épitaphe, s’est fait ériger ce tombeau de son vivant, il s’est montré homme de goût excellent.
1 La première qui se lit sur l’urne funèbre ehe-même est ainsi conçue
en un bon distique:
Si pietas , si sancta fides conscendit Oli/rnpum ,
A7 os tegimus cineres: spiritus astra tenet.
Et la seconde, sur le socle: Joannes Didaci de Coca Hispanus \ prae-
sul Calagurichtanus vir integerrimus. Sibi vivens posait | Vixit annis
L XXXV II mens VI II dies XV.