‹ L'Église de la Minerve à RomeChapitre 15 sur 66 · Tombe de Giovanni Coca · texte numérisé non relu

Tombe de Giovanni Coca

L’Eglise de la Minerve

Le tombeau est attribué à Andrea Bregno, sculpteur très remarquable de cette époque ', dont nous retrouverons le tombeau à la Minerve même.

Tout près de ce monument, sur la droite de la porte, on voit encastrée dans le mur la pierre tombale qui couvrait un jour la sépulture de Diego Coca, et qui mérite pareillement quelque attention. Le défunt y est sculpté étendu en un grand bas-relief, portant de magnifiques habits sacerdotaux de forme ancienne, et tenant un calice sur la poitrine 1 2.

Un autre tombeau, non moins remarquable que le précédent, se dresse contre la paroi de gauche de la même chapelle : le tombeau de l’évêque vénitien Benedetto Sopranzi.

Au surplus, il est manifestement l’œuvre de Bregno ou de ses disciples, tant il ressemble à celui que nous venons de décrire. On l’a attribué à Iacopo Sansovino, le célèbre sculpteur vénitien : mais c'est une erreur manifeste, puisque le tombeau fut élevé en 1495, et que Sansovino n'avait que neuf ans d’âge à cette époque.

Il fut imité, presque copié dans celui de Diego Yaldes, construit en 1506, dans l'ancienne église de San Iacopo degli Spagnuoli, et plus tard transféré dans celle de Santa Maria de Monserrato.

Le défunt, en habits épiscopaux, repose avec un calme majestueux sur son cercueil de marbre. Cette noble attitude de calme est infiniment plus touchante et belle que les efforts

1 A l’usage des Dominicains et de leurs amis, je rappellerai que Andrea Bregno ou Bregna est l’auteur de l'admirable tabernacle de Notre-Dame-de-la-Quercia, à Viterbe.

2 Autour de cette pierre tombale on lit: Joannes Didaci de Coca epis-

copus Calaguritanus natione hispanus hic in pace requiescit. Vixit annis .

L’épitapbe est inachevée, ce qui prouve que le cardinal la fit de son vivant, laissant à d’autres le soin d’ajouter la date: ceux-ci ne s’en soucièrent pas, semble-t-il.

parfois désespérés, toujours pénibles autant qu'inutiles que font certains morts qui voudraient se lever et ne le peuvent pas.

L'urne repose sur une frise ornée de fleurs et de fruits en guirlandes ravissantes; la frise appuie sur le socle qui porte l'inscription et que soutient une base sans ornements. Le socle est flanqué de deux piédestaux en relief, qui s'embellissent des armes du défunt, et supportent deux pilastres ioniens ornés de gracieuses fleurettes stylisées ; sur ces derniers s'élève un grand arc également orné de fleurs et de fruits.

Comme dans le tombeau du cardinal Ferrici que nous rencontrerons dans le cloître de la Minerve, l'espace laissé vide entre la statue du mort et l’arc qui la couvre, est divisé en deux compartiments par une seconde frise ornée de sept têtes d'anges. Comme dans le tombeau de Ferrici le compartiment inférieur est divisé verticalement en sept panneaux oblongs dans le sens de la hauteur: trois plus larges, quatre plus étroits; comme dans le même tombeau que nous venons d’indiquer, le grand panneau central porte une croix ; les deux autres des torches funèbres.

Dans le compartiment supérieur, apparaît au milieu de l'arc la Vierge Mère debout et en relief, ayant à sa droite saint Jean- Baptiste, à sa gauche un saint pape qui fut écrivain, puisqu’il porte une plume, saint Grégoire le Grand, sans doute.

Ces sculptures sont excellentes de simplicité, d’élégance, de force et de calme pénétrant, comme le tombeau lui-même tout entier.

L’épitaphe loue chez le défunt sa prudence, sa perspicacité dans les affaires, son amour de la religion et de la patrie, sa piété et son éloquence h

1 Jugeons-en de par le texte même des deux inscriptions.

La première se lit en un distique sur l’urne funèbre, et mérite d'être retenue :

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