‹ L'Église de la Minerve à RomeChapitre 17 sur 66 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Le transept

§ 1er. — Aspect général.

Nous arrivons à la croisée de la nef latérale et du transept.

Avant de continuer levons les yeux, et disons un mot de ce dernier.

On remarquera sans cloute qu’il est plus élevé que la nef centrale.

Cette irrégularité, puisque c’en est une, dit-on, s’explique par le fait de la construction lente et successive de notre église, et par un motif d’économie, les murs de la nef se trouvant moins considérables en élévation. Au surplus on ne s’en aperçoit qu’assez peu, si l’on n’est point averti ou spécialiste.

Ainsi qu’il convient, le transept a reçu lors des dernières restaurations, comme en tout temps, une ornementation plus riche que celle des nefs ; elle est de même style et de même facture: c’est du mysticisme un peu poncif, ce sont des couleurs trop lourdes, des expressions et des idées banales. Toutefois le défaut des bleus trop crus offusque moins ici que dans la grande nef, à raison de l’élévation plus considérable.

La voûte fut décorée par Tommaso Oreggia, de Gênes, ou sous sa direction et inspiration.

Il divisa le transept en trois travées, et chaque travée en quatre compartiments, destinés à recevoir chacun son personnage.

Dans la travée centrale, il peignit les quatre évangélistes, dans celle de droite, les quatre grands docteurs de l’Eglise latine : saint Augustin, saint Grégoire, saint Jérôme, saint Ambroise, qui se distinguent surtout par leurs vêtements ; dans celle de gauche, les quatre docteurs principaux de l’Eglise grecque: saint Jean Chrysostome, saint Grégoire de Razianze, saint Basile et saint Athanase.

Les huit médaillons latéraux qui représentent des saints dominicains, furent peints à l'huile par Filippo Balbi, avec les conseils d’Oreggia.

Oreggia peignit encore l’Annonciation, titulaire de l’église, dans les pans de la voûte au-dessus de l’hémicyle de l’abside. Riccardi avait peint les quatre grands prophètes au-dessus du chœur.

Antérieurement le cardinal Turrecremata avait déjà fait exécuter des décorations, du moins dans le bras gauche du transept, par son peintre Antoniazzo Rornano. Elles sont conservées partiellement aujourd’hui dans ce qu’on appelle la Chambre de sainte Catherine de Sienne, derrière la sacristie, où nous les trouverons tout à l’heure. La comparaison est possible entre l’ancien et le nouveau ; elle serait intéressante.

Descendant de la voûte au pavé, nous voudrions faire ici une remarque qui a son importance, non seulement pour la Minerve, mais pour d’autres églises encore, par exemple Santa Maria Novella.

On peut se demander pour quel motif on a coupé transversalement toute l’église à l’entrée de l’abside. On peut en apporter plusieurs raisons, et avant tout que c’était là un moyen de soulever lentement le chœur de l'église et l’autel. Mais il en est une autre, voulue ou non. Le visiteur qui voit l’église depuis

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