‹ L'Église de la Minerve à RomeChapitre 18 sur 66 · Tombeau d’Amerigo Strozzi · texte numérisé non relu

Tombeau d’Amerigo Strozzi

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L'Eylise de la Minerve

l’entrée n’aperçoit pas cette marche d’escalier, qui pourtant diminue à l’œil les lignes verticales du transept et de l’abside, et ainsi allonge fictivement l'église en portant plus loin en apparence le terme de la vision.

§ 2. — La chapelle du Crucifix.

En tournant sur sa droite pour entrer dans le bras droit du transept, on trouve d’abord adossé à la muraille le monument d’Amerigo Strozzi (f 1592). C’est une urne magnifique, en marbre noir, veiné de blanc, surmontée d’un fronton triangulaire que supportent deux jolies colonnes, appuyées elles-mêmes sur une base.

On y admirait beaucoup dans le passé deux u putti „ ou génies en bronze, portant des torches, et assis sur les deux pans du fronton. Ils étaient l’œuvre de l’artiste florentin Taddeo Landini, qui a probablement exécuté le monument tout entier. Et l’on faisait observer en même temps que cet artiste était le même qui avait exécuté les quatre statues de la fontaine u delle Tartarughe „ sur la “ Piazza Mattéi „ .

Les deux “ putti „ ont disparu de nos jours, et on accuse les Français de les avoir emportés en 1809, sans qu’on ose encore les accuser de les avoir volés.

Nous voici à la porte de la petite chapelle du Crucifix.

L’entrée est un portail gothique, avec un fronton surélevé, orné de motifs en style analogue, et soutenu par deux colonnes rondes : le tout en marbre blanc.

Ce fut d’abord, si nous ne faisons erreur, le baldaquin qui couvrait le maître-autel de la Minerve.

Il est de style gothique et plus ancien que la chapelle dont il constitue aujourd’hui l’entrée; c’est la seule entrée de chapelle qui s’harmonise avec le style de l’église.

Les quatre chandeliers sculptés en très bas relief sur les soubassements semblent indiquer une destination analogue, si tant est, ce dont nous doutons, qu’ils aient accompagné primitivement les colonnes.

Observons enfin que ce frontispice fut fait pour être ajouré, bien que les ajours soient aujourd’hui remplis de mortier; que le portail entier fut d’abord isolé, et se maintenait de lui-même, sans l’appui d’aucun encadrement de murailles, puisqu’on avait cru devoir le consolider au moyen d’une tringle de fer qui s’y voit encore aujourd’hui, mais est devenue parfaitement inutile b

Dès l'an 1668, la chapelle appartient à la famille Ghiui, de Cesena, dont les armoiries, trois croissants adossés, se voient partout dans le monument, ajoutées postérieurement sans doute, et qui y fit des réparations considérables en 1736.

Cet édicule fut d’ailleurs assez vite, sinon dès le début, dédié à la Croix ou au Crucifix.

Le Christ qui s’y vénère s’attribue faussement à Giotto, qui d’ailleurs avait peint pour la Minerve un Christ aujourd’hui disparu.

Il est sculpté sur bois, et le linge autour du corps est marouflé.

Les détails, le modelé surtout, sont faibles et naïfs de facture : l'ensemble, l’attitude spécialement, est d’un beau et saisissant réalisme. C’est l’œuvre d'un artiste convaincu, ingénu, et naturellement assez habile, du xve siècle sans doute.

Il appartint d’abord à Antonio Toscanelli, puis, en 1668, il fut cédé aux Ghini, de Cesena, en même temps que le droit de sépulture 1 2.

1 L’escalier à l’entrée de la chapelle est primitif et servait à supporter les colonnes qui existent encore. Les dimensions de longueur ne sont pas suffisantes, uniquement parce qu’on a ajouté deux socles en marbre noir, plus larges que les anciens, afin de surélever le monument. Cet escalier fournirait ainsi des indications utiles pour le rétablissement du baldaquin à sa place primitive, si jamais on y songeait.

2 Voici l’inscription qui, devant la chapelle, dans le pavé, rappelait les faits: D. O. M. \ Sacellum hoc SSmi Crucifixi et Barnabae Api. \ a

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