Chapelle du Crucifix
L’Eglise de la Minerve
Sur la muraille, au bas du Crucifix, se trouve une fresque peinte en 1725 par ordre de Benoît XIII, et absolument étrangère à la pensée du Calvaire.
Elle représente en grandeur naturelle les bustes de saint Barnabé et ‘de la sainte Vierge, affrontés, ou tournés l'un vers l’autre. Saint Barnabé est désigné par son nom, et la Vierge par un titre qu’on lit dans un cartouche : u Ego Magistra Apostolorum ,, : J’ai instruit les Apôtres.
La présence de saint Barnabé s’explique par cette circonstance, que le jour de sa fête on avait réglé une contestation relative à cette chapelle.
Sur les parois latérales, on avait peint en deux médaillons saint Antonin, archevêque de Florence, à droite, et le bienheureux Augustin, évêque de Lucera, à gauche : tous deux avec leurs noms au bas, tous deux dominicains. Ils datent de la même époque, du xvme siècle, et sont pauvres comme l’art religieux de cette pauvre époque.
Toutes ces peintures indiquent les préoccupations pieuses du passé, mais disparaissent peu à peu, sans dommage pour l’art.
Le beau monument d'Emilio Pucci (f 1590), que l’on a à sa gauche quand on regarde la chapelle, a été fait sur les dessins du célèbre Griacomo délia Porta. Il est à étudier. Sur une base riche et simple s’élève un socle qui renferme au milieu l'épitaphe dans une plaque de marbre noir, et soutient l’urne funéraire. Au-dessus deux colonnes corinthiennes suppportent une architrave que surmontent une corniche ornée de denticules et d’oves et un fronton brisé. Au milieu se voient les armes pon-
RR. PP. DD. Joie et Camillo de Ghinis \ patritiis Caesenaten. utriusque Signât. \ Referendariis acquisitum ex instro. rogat. \ per acta ser Antonii Not. A. C. | 11 Martii MDCLXdl 1 \ Andréas ex Comit. de Ghinis nepos | restauravit et vivens sibi suisque sepulchrum posait anno Dni. MDCCXXXVI.
L’Eglise de la Minerve
tilicales de Clément VIII, qui fit exécuter ce monument, comme il le dit gentiment dans l’épitaphe, à la mémoire de son “ vieil ami,,1. Les marbres multicolores sont très beaux.
§ 3. — La chapelle de saint Thomas.
Elle occupe l'extrémité droite du transept.
L’importance en est symbolisée par la solennité du bel arc, style renaissance, qui y donne accès.
Remarquons, avant d’entrer, ces deux “ putti „ debout, au dehors, à la naissance de l’arc. Ils sont d’Andrea Verrocchio, bien que parfois on les ait crus de Mino da Fiesole, comme le tombeau auquel ils appartenaient. Ils sont malheureusement placés trop loin du spectateur.
Ils embellissaient dit-on la tombe d’une dame Tornabuoni dans cette église. Le monument fut démoli au xvne siècle, et la statue de la Tornabuoni transportée, dit-on, à Florence, tandis que les “ putti „ sont restés à la Minerve. Au surplus les “ putti „ étaient au nombre de quatre : les deux autres se voient en face des précédents, contre l’arc de la chapelle de saint Dominique, à l’autre extrémité du transept.
La balustrade en u paonazzetto „ , avec ses fines et eurythmiques ciselures, est également digne d’attention.
La chapelle fut cédée, fort délabrée d’ailleurs, au cardinal Olivier! Caraffa, vers 1486. Ce cardinal, qui fut aussi l’un des bienfaiteurs du couvent de la Minerve, la restaura et l’embellit
1 Voici cette épitaphe composée sans doute par le pape lui-même: D. O. M. | Aemilio Puccio Pandolphi f(ilio) | equiti Hierosol. classis pontif. praefecto \ non minus religioso quant forti | Clemens T III pont, ma.r. | veteri amico ob spectatam fidem animiq. candorem | singulariter dilecto benemerenti fecit | vixit annos L mens. II dies X. Obiit II II liai, decem. anno CIDDXCV.