Chapelle de saint Thomas: détails de l’entrée
Vertus théologales et les Vertus cardinales, figurées, ou de gracieuses et pittoresques personnifications.
C’était la Morale placée en face du Dogme.
Ces peintures furent malheureusement détruites lorsqu’on érigea la statue de Paul IV, l’harmonie du poème fut brisée, la synthèse mutilée.
Le tableau de l’autel, peint à l’huile, œuvre de Filippino, semble à peu près indemne de retouches. C’est Thomas d’Aquin debout, figure sainte et noble, qui présente à la Vierge de l’Annonciation le cardinal Olivieri agenouillé. L'archange Gabriel se tient debout à gauche. Nous avons ici cette singularité déjà constatée dans la chapelle de l’Annunziata, que les deux idées d’Annonciation et de protection s'enchevêtrent passablement, de telle sorte que dans notre peinture la Vierge prêtant son attention à saint Thomas et au cardinal, tourne le dos, ou à peu près, à l’archange qui parle et fait des gestes intensifs, sans parvenir à se faire écouter.
La peinture est dans un beau cadre de bois, vernissé en blanc et orné de filets d’or à la florentine, sculpté, croyons-nous, par Baccio d’Agnolo, son encadreur préféré. Le tout forme un rétable pareil à ceux que comprenaient et exécutaient si gracieusement les artistes florentins du xve siècle.
Il est surmonté d’une architrave et d’une frise qu’ornent sobrement de jolies têtes d’anges, des satyres, des festons, des volutes élégantes, les armes des Caraffa.
Les deux montants qui la supportent sont en forme de pilastres d’ordre corinthien. Il faut remarquer, en outre, l’ornementation, les profils de la corniche et des chapiteaux.
Sur le grand soubassement se voient les armes des Caraffa-Stadera.
A droite, à gauche et au-dessus de l’autel, Filippino a peint une immense fresque qui représente l’Assomption de la Vierge, première titulaire de la chapelle.
La Vierge humble s’élève, entourée d’anges en fête, et laisse sur la terre les apôtres attristés et émerveillés.
Ces derniers sont superbes de vie bruyante et de force réelle.
La fresque n’a pas souffert de retouches.
Les apôtres spectateurs ont leurs noms inscrits dans les auréoles, et on peut les lire encore en regardant de près. Ce sont, du côté de l’épître, saint Jacques le Mineur, saint Jean, saint André, saint Thomas, saint Barthélemy, saint Simon ; du côté de l’évangile, saint Pierre, saint Matthieu, saint Jacques le Majeur, saint Philippe et saint Paul.
Dans la paroi de droite est représenté ce qu’on appelle le “ Triomphe de saint Thomas „ , comme l’indique l’inscription peinte sur l’avant de l’estrade d’où il enseigne: “ Divo Thomae ob prostratam impietatem „ : A saint Thomas, vainqueur de l’impiété. Elle mesure 5 m. 55 de largeur et 4 m. 47 de hauteur, et compte vingt-trois personnages.
Cette fresque est également de Filippino Lippi, et son chef-d’œuvre ; elle a été malheureusement détériorée par des retouches, l’an 1725, surtout dans la figure principale, saint Thomas d'Aquin. Celle-ci en est devenue par suite la moins intéressante et la moins caractéristique de toutes, si tant est que dès l’origine elle n’ait pas été un peu faible de composition.
Le Docteur angélique est assis sur un trône, tenant snr son genou gauche la u Somme „ ouverte, qu’il montre de la main droite, et où se lit cette sentence: “ Sapientiam sapientum perdam„: Je perdrai la sagesse des sages h II a près de lui quatre personnifications : à sa gauche la Grammaire et la Dialectique ; à sa droite la Philosophie et la Théologie. Les noms sont écrits sur les vêtements, bien qu’ils n’apparaissent, plus guères aujourd’hui. Elles sont d’ailleurs caractérisées par leurs attributs : la Grammaire tenant la baguette correctrice instruit une petite
Cf. I Cor., I, 19.