Tombeau de Paul IV
On voit que si après la mort cle Paul IV le peuple romain faillit réussir à incendier la Minerve, parce que la Commission du Saint-Office s’y réunissait, il y eut aussi des raisons pour la protéger.
Nous voulons ajouter encore un détail qui a son importance historique.
Filippino Lippi était parti pour Florence et y avait commencé la décoration de la chapelle Strozzi.
Il avait à peine achevé “ il cielo „ , qu’il fut rappelé par le cardinal Caraffa. Ce dernier avait déclaré, le jour où Filippino lui fut présenté par Laurent le Magnifique, sur la recommandation de Don Grabrielli, abbé de Montescalari, qu’il n’échangerait pas son peintre contre tous les peintres de la Grrèce antique : il restait fidèle à sa parole et à son admiration. Il le fit donc revenir, pour qu'il lui préparât une chape] le funéraire, où le cardinal se proposait de prendre son dernier repos.
La chapelle existe encore. Elle est à côté de la chapelle de saint Thomas, et la porte, à peine visible, se trouve sous le monument de Durand de Mende.
Les restes d’Olivieri Caraffa, mort en 1551, âgé de plus de 80 ans, ont été transportés à Naples, sa patrie. Mais les décorations de la voûte subsistent en grande partie. Dans la voûte, au centre, se voient en médaillon les armes des Caraffa, puis à droite et à gauche, dans de jolis encadrements en stuc et en plâtre, des personnages symboliques, en particulier de beaux anges qui tiennent des livres ouverts au-dessus de leur tête i.
Ajoutons qu’ici encore Filippino eut pour collaborateur son meilleur disciple, Fafaellino del Glarbo, dont tous les artistes appréciaient hautement les mérites 2.
1 Voir Vasari: Vite, Filippo Lippi.
2Vasari: Vite, Eafaellino del Garbo.
L’ Eylise de la Minerve
Les parois furent assurément embellies de peintures aujourd’hui détruites, par suite de la démolition des murs qui les supportaient. Les vestiges qui en subsistent dans la voûte, si on les étudie de près, sont d’un très haut intérêt, surtout à raison des stucs si discrètement compris et réalisés.
§ 4. — Le tombeau de Durand de Mende.
C’est le tombeau de celui que l'on considère comme le créateur de la vraie science liturgique.
Il fut enseveli en 1296 à la Minerve, dans la chapelle de Tous les saints, que nous visiterons tout à l’heure ; et son tombeau, tel que nous l’avons sous les yeux, y resta jusqu’en 1670, sauf que l’inscription qui maintenant se lit contre la muraille, au-dessous du cercueil de marbre, se lisait à terre, dans le pavé.
En 1670, il fut reculé un peu, et mis à la place où il se voit aujourd’hui, c’est-à-dire près de l’entrée de la chapelle de saint Thomas, à gauche.
En 1817, quelques dégradations, œuvre du temps et des inondations, s’étaient produites, et il fut restauré, ainsi que l’inscription, par Camillo Ceccarini.
L’évêque de Mende, mitre en tête, revêtu d’ornements sacerdotaux, les mains croisées sur la poitrine, est couché mort sur un cercueil oblong, que recouvre une simple draperie parfaitement plissée. Une courtine devrait entourer le défunt, mais deux anges debout, aux pieds et à la tête, l’écartent pour laisser voir le défunt.
Derrière et au-dessus une belle mosaïque penchée en avant (comme le demanderait un tapissier moderne afin que le rayon visuel du spectateur placé plus bas frappe perpendiculairement l'image), représente au centre la Vierge qui tient son Enfant, ayant à sa droite saint Privât, évêque, et à sa gauche saint Do-