Tombeau du cardinal Domenico Capranica
L’Eglise de la Minerve
Le défunt est couché sur l’urne funèbre, qui est très ornée de guirlandes et de fleurs stylisées. L’urne s’élève sur un socle au-dessus d’une base peu élevée, et couronnée par une petite corniche. A droite et à gauche s’élèvent des piliers sur des socles portant les armes du défunt, et encadrent l’éloge funèbre. Les piliers soutiennent une frise toute fleurie de guirlandes, et au-dessus une cimaise en coquille, symbole de l’immense éternité.
Comme détails il convient de remarquer spécialement l’ornementation et les profils de l’urne et des corniches.
A noter encore l’éloge du défunt, qui déclare sa vie admirable par le savoir, les œuvres saintes et les services rendus à l’église h Là se voyaient autrefois les tombeaux de Mons. Albano Ferragalli, protonotaire apostolique, et celui d’Ettore Quercia, un bienfaiteur insigne de cette église : tous deux avec les bustes en marbre des défunts. Nous les avons vus transportés le premier dans le baptistère, le second dans le couloir qui donne de l’église sur la Via Minerva.
§ 7. — Le maître-autel.
Nous sommes en face de la chapelle absidale ou du chœur, et notre première visite est naturellement pour le maître-autel, qui en occupe et en ferme l’entrée.
Le plus ancien autel à nous connu était en bois doré, et avait été déclaré autel privilégié par Paul V dès 1611.
Pour cet autel l’Angelico avait peint un rétable aujourd’hui perdu.
1 Voici l’honorable épitaphe: Sedente Paulo II \ Dominico Capranicensi tt. Sanctae f in Hierusalem \ presbi/tero cardinali antistiti Firmano majori \ poenitentiario EU apostolicis legationibus claro \ pacis italicae in annos XXV constitutori doctrina | réligione et sanctis semper operibus admirabili Angélus ejusdem tt. cardinalis \ unanimi fratri ac sibi commune monumentum hoc fecit \ Vixit idem Do{minicus) an. LX VIII.
L’Eglise de la Minerve
Si notre conjecture, déjà énoncée, que le fronton gothique de la chapelle du Crucifix est l’ancien baldaquin, repose sur la réalité, l’autel primitif devait être petit et bas, ayant la forme d’un tombeau, assez pour être enfermé sous le baldaquin qui l’entourait et le couvrait.
En 1725, et aux frais de l’inépuisable générosité de Benoît XIII, on en construisit un nouveau, entièrement en marbre multicolore, orné de bronzes brillants, avec un “ paliotto „ en bois sculpté et doré 1 dans le goût de l’époque. Et le mal était aggravé encore les jours de fête, quand on surchargeait l’autel
1 Une inscription placée à la sortie du chœur, du côté de l’évangile, rappelait cette générosité: Fr. Vincentius Ma. Ord. Praed. S. R. E. car dinalis Ursinus epus. Portuen. et S. Rufinae, atque archiepus. Bene • vent, pietatem et beneficentiatn majorum suoruni erga liane basilicam prosequens altare hujus consecravit anno Dni. MDCCXXV. X Kal. martii , pavimentum marmorïbus interposais renovavit.
Du côté de l’épître, au-dessus de la portière du chœur, on lisait cette autre inscription placée plus tard: Qui aram liane principem jam anno MDCCXXV dedicaverat Praedicatorum Ordinis filins amantissimus aeque ac amatissimus Fr. Vincentius Maria cardinalis Ursinus , archiepiscopus Beneventanus idem nunc Benedictus XI II Pont. Max. integro consulens ecclesiae decori, aras omnes minores num. XXI duobus comprehensis altéra in choro nocturno in secretaria altéra, singulas singulis diebus solemniter consecravit anno Domini MDCCXXI- MDCCXXV1I.
Et en effet chaque autel reçut une inscription, toujours la même, sauf les dates, et ainsi conçue: Benedictus XI 11 Ord. Praedic. altare lioc consecravit die 0 v . gr.) XXVI martii MDCCXXV II.
Voici dans l’ordre chronologique la série de ces consécrations, que nous réunissons pour n’avoir plus à y revenir.
Le pape consacre l’autel du Crucifix le 3 mai 1721 ; celui de saint Raymond le 3 août 1722; celui du saint Sacrement le 25 août 1722; celui de saint Thomas d’Aquin le 5 mars 1725; celui de saint Dominique, le 2 août 1725; celui de Tous les Saints le 6 octobre 1725; celui de saint Hyacinthe le 12 avril 1726; celui de saint Louis Bertrand le 9 octobre 1726; celui de sainte Marie-Madeleine le 26 mars 1727; celui de l’Annunziata le 2 juillet 1727; celui du saint Sauveur le 6 juillet 1727; ceux de saint Jacques, de saint Vincent Ferrier, de sainte Rose de Lima, les 25, 26, 27 juillet 1727; celui de saint Pierre martyr le 1er août; celui de la Résurrection le 28 août de la même année.
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Le tombeau de sainte Catherine de Sienne sou* le maître-autel.
de bustes, de châsses, de chandeliers, de vases, de reliquaires, de bouquets métalliques, violemment argentés ou dorés.
On le couvrit d’une sorte de ciel de lit, qu’on surnommait baldaquin, suspendu à la voûte par une corde, et naturellement fort banal. Au centre se voyait l'image du Père, éternel peinte par une main à nous inconnue. C’était, on le voit, d’un style aussi vide que prétentieux et discordant l.
On fit disparaître le tout, lors des dernières restaurations, et l’on fit très sagement, bien que les réparations elles-mêmes ne soient pas heureuses de tout point.
L'architecte Giuseppe Fontana fit le dessin d’un autel gothique, et l’artiste Felice Ceccarini l’exécuta, ou mieux le fit exécuter par Poussielgue, en galvanoplastie.
La table en marbre repose sur onze arcs en ogive, supportés par des colonnettes torses en métal, et ornées dans les entrecolonnements de grandes roses en mosaïque.
Ces arcs se continuent au nombre de deux, sur les bas côtés en retrait, et encadrent les Vertus cardinales peintes par l’artiste Podesti, qui exécuta pareillement les gracieuses têtes de chérubins dans les creux orbiculaires du gradin de l’autel.
L’autel dans l’ensemble est en marbre de Carrara et en u bardiglio „ . On ne le voit d’ailleurs qu’aux grandes solennités. En temps ordinaire, il est dissimulé par une assez élégante couverture de bois peint en blanc, dans le style de l’église, et embellie de quatre anges exécutés par Podesti.
Ces anges sont intéressants parce qu’ils sont gracieux, et plus encore parce qu’ils portent des symboles qui résument aux yeux la vie de sainte Catherine de Sienne : les deux qui se voient
1 Benoît XIII était un saint pontife, qui avait spécialement à cœur la beauté des églises. L'intention était excellente, non moins que la générosité qui l’accompagnait: il vécut malheureusement à une époque désastreuse pour l’art religieux, et, sans le vouloir, il a commis delà sorte plus d’un dégât irréparable.
du côté de l’épître portent, l’un une couronne d’épines, l’autre un lis fleuri ; les deux du côté de l’évangile tiennent l’un un cœur enflammé, l’autre un anneau de fiançailles.
L’autel nouveau fut consacré par Pie IX le 4 août 1855, et une inscription rappelle cette cérémonie dans la paroi gauche du chœur l.
A dire toute notre pensée' sur cet autel, nous le trouvons trop haut dans une église assez basse ; il est lourd dans son ensemble, trop surchargé de détails jolis, pour être vraiment beau.
§ 8. — La statue de sainte Catherine de Sienne.
Sous le maître-autel sont vénérés les restes mortels de sainte Catherine de Sienne, dans une urne surmontée de sa statue couchée. Cette statue est en marbre peint et repeint, de grandeur naturelle; et elle représente la sainte morte, les yeux fermés, les deux mains croisées sur sa poitrine, et les plis des vêtements raides et allongés, comme sur un cadavre. Catherine porte son véritable costume de tertiaire dominicaine, et dès lors ne connaît pas le scapulaire. La tête repose sur deux coussins ornés d’arabesques et peints en pourpre brunâtre; sur le premier on lit ces mots en très bas-relief : “ Beata Katerina „ , expression qui alors ne comportait pas l’idée de béatification officielle.
Si l’on examine de près cette statue, on trouve que la sculpture est grossièrement ébauchée du côté droit, ce qui permet
1 Voici l’inscription: Plus V1I1I Pont. Max. \ die FF. qui fuit pr. non. aug. \ an. Chr. MDCCCLV \ altare templi princeps | quod Benedictus Xlld P. M. \ adhuc cardinalis archiep. Benevent. \ consecraverat \ ipsum, peregrino cultu refectum | solemnibus caeremoniis sacravit | corpore infra, reposito | Catharinae Senensis \ Virginis sanctae tituluris.
La statue de sainte Catherine de Sienne sur son tombeau.
Le masque de sainte Catherine de Sienne, d’après sa statue funéraire.
U Eglise de la Minerve
de reconstruire à peu près l’ancien tombeau. La statue était couchée de droite à gauche sur une urne, et tournée un peu sur sa gauche, vers le spectateur. Il existe à la Minerve plusieurs tombeaux de ce genre et avec une disposition analogue.
L’urne est en marbre et de forme oblongue. On a plaqué sur la face antérieure un revêtement toujours en marbre blanc, orné de grands rinceaux dorés, et montrant au milieu deux anges au vol qui soutiennent un cartouche en marbre jaune, où on lit: u Sancta Catherina Yirgo de Senis, ordinis S. Dominici de Poenitentia „ .
Ce revêtement est d’un art moins naïf que la statue et l’urne proprement dite. Il a même été enlevé à quelque autre monument, et rogné aux extrémités, où l'on voit de part et d’autre une aile coupée à un ange ou génie analogue à ceux qui soutiennent le cartouche.
L’orthographe de l'inscription du coussin et de celle de l’urne comportent la même différence.
Ces détails s'expliquent par l’histoire du tombeau lui-même.
Catherine de Sienne, l'une des femmes les plus étonnantes de l’histoire, mourut à Rome, le 29 avril 1380, âgée de 33 ans. Son corps fut transporté sur les épaules de Stefano Maconi, son disciple, à la Minerve, où il resta exposé trois jours, puis enfermé dans un cercueil de cyprès. Elle fut ensevelie d'abord dans le cimetière commun, tout près de l’église : le cimetière occupait remplacement rempli plus tard par les chapelles latérales.
En 1385, et par les soins du bienheureux Raymond de Capoue, qui avait été son directeur spirituel, ses restes furent transférés dans l’église même, au pied du dernier pilier de droite, en face de la chapelle actuelle du Rosaire. Raymond de Capoue fit peindre l’image de la sainte sur le même pilier, où elle est restée visible jusqu’aux dernières restaurations. Une ins-
L’Eglise de la Minerve
cription fut gravée en lettres gothiques dans un cartouche qu’un ange tenait déployé devant lui.
Cette inscription fut jetée un jour dans le campanile par quelque ignorant, puis retrouvée en 1868, et enfin reléguée dans un escalier de la Bibliothèque Casanate, alors très obscur, aujourd’hui plus éclairé. Et elle disait: “Ici repose l’humble, digne, prudente, bienveillante Catherine. Elle eut le zèle de sauver le monde mourant. Elle fleurit sous Lapa sa mère, puis sous Dominique son père. C’est à Sienne que naquit cette vierge pure „h Détail symbolique, cette inscription était portée par un bel ange, vu à mi-corps, qui la tenait devant lui.
Ce petit monument est d’un seul bloc de marbre.
En 1430, saint Antonin, le futur archevêque de Florence,, devint Prieur de la Minerve, et l’une de ses premières préoccupations fut de transférer les saintes dépouilles, tant vénérées par le peuple entier, dans la chapelle qui fut plus tard celle du Rosaire: à côté de l’autel, parce que Catherine n’est pas encore canonisée ; mais sur un socle plus élevé que l’autel, et contre le mur, du côté de l’évangile, afin de donner satisfaction à la
1 A raison de l’intérêt spécial qu’offrent ces souvenirs, nous transcrirons ici le texte latin de l’inscription :
Hic humilis, dignct, prudcns Catharina benigna ,
Pausat, quae 7nundi zelum gessit moribundi.
Sub Lapa matre, Dominico postea pâtre,
Floruit haec munda virgo Senis oriunda.
Une autre inscription accompagnait celle-là sur une autre plaque de marbre. La voici :
Virginitas, doctrina, fides, sanctissima vita Aureolam capiti dant, Catharina, tuo.
Alma, precor, Christum Dominum dignare rogare Abstersis culpis me quoque sanctificet.
Te miser adjuro per Christi sanguinis andas,
Protegere ut servum me, Catharina, velis.
L’auteur est sans doute le bienheureux Raymond. C’est pauvre comme latin classique, mais combien riche de pensée et de piété!
Le premier monument érigé à sainte Catherine de Sienne.
dévotion des fidèles, et d’acheminer ainsi la canonisation retardée jusque-là par les malheurs de l’Eglise.
C’est sans doute ce que veut dire un document de 1706, quand il nous raconte que saint Antonin plaça le corps dans un tombeau antique, au-dessus de l’autel : “ ...in un antico deposito... sopra l’altare „ , comme était placée sainte Monique dans l’église de Saint-Augustin, transférée d’Ostie à Rome précisément en 1430.
A cette occasion l’intelligent Prieur lit exécuter la statue que nous avons sous les yeux, et il la plaça sur le cercueil nouvellement transféré.
La tradition est constante sur ce point, et le fait se trouve affirmé par Erigerio, l’historien de la sainte.
Au surplus nous avons simplement ici la statue d’une morte couchée sur son cercueil, et antérieure à une canonisation. Le style enfin de la sculpture nous reporte lui aussi à l’époque de saint Antonin.
La figure est très belle, et nous donne manifestement les traits de la sainte connus par de sérieux documents; les draperies sont maladroites. Le sculpteur était ingénu, mais artiste.
Il est vraisemblable d’ailleurs que la tête a été retouchée. Mais quel était le premier artiste? Pour nous ce fut le sculpteur Isaia da Pisa. Nous le croyons, parce que précisément à cette même époque, il fut choisi comme- spécialiste pour exécuter la statue de sainte Monique, dans l’église des Augustins ; parce que les vieux documents nous affirment que saint Antonin voulut ériger un monument semblable à celui que l'artiste pisan venait d’élever en l'honneur de la mère de saint Augustin, et que dès lors il dut s’adresser à l’artiste dont il admirait le travail; parce qu’enfin, si l’on ne prend que les statues de sainte Monique et de sainte Catherine, faisant abstraction des superfétations ajoutées de part et d’autre aux urnes funèbres,
nous avons le même style, la même disposition, les mêmes draperies, les mêmes plis naïfs et aplatis.
Quant au cercueil lui-même, il ne fut nullement changé ni modifié. Un document de 1706, déjà cité, nous le dit à son tour, en affirmant que le corps de sainte Catherine fut placé sur la même urne que précédemment: “ ...nel medesimo vaso di prima „ . Seulement, le Prieur de la Minerve, exposant les reliques sous les yeux et à la vénération particulière des fidèles, l’embellit en lui ajoutant, sans doute, sur la face la plus visible le placage dont nous avons parlé. Les reliques d’ailleurs furent enfermées dans une châsse de plomb.
C’est assurément après la canonisation, en 1461, que les reliques furent placées sous l’autel : u ...sotto la mensa „, où on les voyait au début du siècle passé.
Là restèrent les reliques jusqu’en 1855 l.
A cette époque, on résolut de les transférer sous le maîtreautel.
Elles furent retirées de l’ancien cercueil de plomb, portées en triomphe par la Ville, et déposées dans une châsse d’argent, qu’on remit dans l'ancienne sépulture en marbre, et le tout fut transféré avec la statue qu’avait fait sculpter saint Antonin, à la place d’honneur où nous les vénérons aujourd’hui.
Les derniers détails de la restauration autour de la statue datent de 1880, cinquième centenaire de la mort de sainte Catherine 2.
1 Un catalogue d’indulgences concédées à la Minerve, antérieur à Pie V, mais confirmé par lui en 15G7. s’exprime ainsi : “ In liac ecclesia, prope al tare majus, ex parte meridionali, requiescit corpus Beatae Catlia-
rinae de Senis . „. Forcella, Iscriz., u. 1799. On dit qu’elle est “ prope
altare majus,, parce qu’elle n’en était séparée que par une paroi.
2 Une inscription gravée sur la paroi du fond dans l’édicule de l’autel où est couchée la statue, relate ce dernier événement. En voici le texte: Quinto Centenario ann. Dom. MDCCCLXXX.
§ 9. — Les deux statues , à droite et à gauche du maître-autel.
Du côté de l’épître, nous rencontrons d’abord une belle statue de saint Jean-Baptiste, en marbre blanc, s’harmonisant à merveille, et comme idée et comme traits généraux, avec le Christ de Michelange, que déjà on aperçoit de l’autre côté de l’autel.
Le Précurseur est de grandeur naturelle, debout sur un beau socle, dont le dé est en “ serpentina violacea „ , fond cendré, violacé et verdâtre, mêlé de veines blanches, tandis que la corniche et la base sont en marbre blanc.
L’austère prédicateur fait de la droite un grand geste, tel que le comporte une foule écoutant, et de la gauche il tient la croix de l’Agneau Sauveur qu’il annonce.
Cette statue est l’œuvre du sculpteur Obici, et fut érigée en 1858.
Elle ne disparaît pas du tout devant la grande gloire du Christ de Michelange.
Au surplus, Obici s’est largement inspiré d’une statue de saint Jean-Baptiste, que l’on attribue à Donatello, dans le Baptistère de Florence.
L’autre statue, du côté de l’évangile, est le fameux Christ de Michelange, debout, tenant de ses deux mains contre sa poitrine la croix et le roseau, sur un socle pareil à celui du Précurseur.
Il est l’objet de l’admiration, sinon de la dévotion de tous: admiration souvent on ne peut moins raisonnée chez la procession des pèlerins et touristes qui défilent devant elle.
L'humanité y est belle, la divinité n’y apparaît que beaucoup moins.
Il fut sculpté entre 1514 et 1521.
A cette époque Michelange était dans la plénitude de son génie, mais abreuvé des amertumes que lui-même il se créait le plus souvent. Aussi son Christ de la Minerve ne contient-il pas l’âme de Michelange. D’ailleurs l’artiste ne termina pas son œuvre de sa propre main, mais chargea son disciple Pietro Urbano de l’achever, et, au dire de Sebastiano del Piombo, le disciple l’estropia. C’est le sculpteur romain Frizzi qui répara les dégâts le mieux possible.
D’après les incriptions qu’on lisait autrefois sur le socle, cette statue fut exécutée aux frais et par ordre de Metello Varo et de Paolo Castellani. Elle fut placée sur un piédestal assez grand pour être appelé souvent du nom d'autel.
Il est probable que la pensée qui la demanda au prince des sculpteurs se rapportait à la dévotion pratiquée solennellement dans l’église de la Minerve envers le Christ considéré comme Sauveur du monde.
Sur la face antérieure on lisait ces mots exprimés en caractères de métal doré: “ Je vous salue, très bon Jésus, Sauveur du monde ! Ayez pitié de moi ! „ Au-dessus de la tête on avait suspendu dans un demi-cercle la colombe qui symbolise le Saint-Esprit, avec ces mots : “ Tu es mon fils bien-aimé ; en toi je me suis complu,,.
La statue était surmontée d’un riche baldaquin, avec un dossier en damas rouge, frangé d’or; elle était entourée de cierges et d’ex-voto, et sur l’avant brûlaient deux lampes pendant le jour, et une pendant la nuit b
Les Romains, et surtout les Romaines, eurent pour cefte statue une dévotion intense, à ce point que le P. Cloche, maître
1 Voici le texte latin des diverses inscriptions que nous venons de citer. Kappèlons-nous pour les comprendre, que la statue était déjà placée vis-à-vis du pilier qui sépare l’abside de la petite porte de gauche.
Sur la face du socle qui regardait le maître-autel on lisait: MetellusVerus et P. Paul, ('nstellanus, Romani, Matthiae Porcine festo, hoc. altare