Tombeau de Cinzio et Marcello Rustici
L’Eglise de la Minerve
une architrave ornée de cinq têtes d’anges. La corniche est surmontée d'un fronton triangulaire. Le fond ouvert au-dessus de la statue funèbre devait renfermer une peinture ou un bas-relief.
L'épitaphe est sobre comme le monument ; elle rappelle que le mort fut évêque, et célèbre par sa bonté, sa prudence et sa parfaite connaissance de la langue latine 1 et des sciences juridiques, et qu’il mourut en 1482.
Près de lui repose aussi son frère Paolo Rustici, dont les sept fils érigèrent ce monument qui leur fait le plus grand honneur.
Le tombeau de Cinzio et Marcello Rustici ressemble tout à fait au précédent, pour les dimensions et la forme, sauf que les chapiteaux des piliers sont plutôt de style ionien.
Il renferme les corps de Cinzio et de Marcello Rustici. C’est le premier des deux qui est représenté mort sur l’urne funéraire. L’épitaphe nous rappelle que ces personnages furent deux lettrés excellents, que le premier spécialement fut très habile helléniste et latiniste 2. Le tombeau fut érigé en 1488, ce qui nous donne la date approximative de la mort des deux défunts.
Le tombeau de Nicolô Ardinghelli, mort cardinal en 1601, se voit à une certaine hauteur, à droite du monument du cardinal Michèle Bonello. Il fait avec celui-ci un contraste absolu : c’est la simplicité, le détachement, le sérieux de la vie et de la mort, tandis que le premier ressemble au dernier effort d’une
1 En voici le texte: Agapito Rustico epo Cumerino juris u(triusque) consulto latinae linguae peritissimo integritate \ prudentiaque insigni et fratri Paulo Rustico pro ] bitate comitateque claro fres VII Pauli filii | moesti patruo et patri bnmer. posuerunt \ ano. Dni. MCCCCLXXX1I le. juliis.
2 Cincio Rustico secretario apostolico graece \ latinaeq. linguae perito quavis virtute decorato et \ Marcello Rustico urbis cancellario secretario | et scriptori apostolico ac breviatori frugi Iratoq. (litteratoeque) \ Antonius Rusticus avo et pri. benemer. posait \ anno et nat. Chri. MCCCCLXXXV1I1 idibus martiis.
vanité qiti s’effondre dans la poussière. Le petit monument est une sorte de frontispice, portant en haut le portrait du défunt, peint dans un médaillon, et au-dessous l’éloge funèbre, où l’on dit que par ses vertus “il a honoré l’honneur,,1.
Cette longue inscription jure un peu avec le style du monument.
Mais voici, sur la gauche, encadrée dans la muraille, une pierre tombale, devant laquelle il convient de s’arrêter avec vénération et admiration : c’est tout le monument de Fra Angelico. C’est un humble religieux, représenté mort, les yeux fermés, le capuchon ramené sur la tête, vêtu de sa chape monastique, les mains croisées sur sa poitrine.
Cette image, en si humble relief, est le portrait du divin artiste, comme l’indiquent les traits si personnels de la figure.
Fra Angelico, toscan de naissance, mourut à Rome en 1455, au service du pape Nicolas Y, qui le faisait travailler au Vatican et ailleurs ; et il fut enterré à la Minerve, sans qu’on sache au juste, disent quelques-uns, en quel endroit précis, et bien que probablement ses restes reposent au pied de sa pierre tombale. Dans le rebord inférieur de la pierre, on grava ces mots : “ Ci-gît le vénérable peintre, Fra Giovanni de Florence, de l’Ordre des Prêcheurs, 1455 „2.
1 Nous transcrivons ici son inscription funèbre: D. O. M. j Nicolao Ardingliello Floren. primariae nobilitatis viro \ quem juris utriasq. consultiss. omnisq. virtutis \ ac sapientiae lande praestantem ad episcopatum | Forosemproniensem provectum cum Paulus 111 pont. max. \ Piceno prirnum cum honore vicariae legationis \ imponeret deinde supplicum libellis praeficeret \ demum in sacrum cardinaliu. colleg. adoptaret tituloq \ S. Apollinaris insigniret non tcim hominem | quam honorent cohonestasse visas ut \ annos natus quatuor et quadraginta | in medio virtutum et honora, curriculo ereptus \ acerbum sut desiderium reliquit omnibus \ X Tcal. septem. MDXLVII \ Alexander Ruspolus Bartholomaei et Mariae Ardinghellae fil. | ob memorem erga consanguineum optirnu. voluntatem \ p. anno post conditam salutem | MDC1.
Hic jacet ven. pictor Fr. Jo. de Flor. Ord. P. 14 LV (sic).