CHAPITRE VI
La nef de gauche
§ 1er. — La chapelle de saint Hyacinthe.
Nous passons devant le campanile, que nous nommons uniquement afin d'avoir roccasion de dire que Benoît XIII dépensa plusieurs centaines d’écus, pour le surélever au-dessus des toits du voisinage, et nous arrivons à la chapelle de saint Hyacinthe.
Elle est simplement composée d’un autel appliqué contre la muraille, et rappelle ainsi la forme d’un bon nombre de chapelles dans l'église de la Minerve, durant la première époque.
Elle fut construite probablement par Griovan ni Tartarini.
L'autel comporte deux grandes colonnes en “ porta santa „ , qui soutiennent un fronton triangulaire, et encadrent un tableau central.
C’est en 1580 que l’érigea Andrea, duc de Cesi Anguillara, resté propriétaire de la chapelle J, qu’il ferma par une balustrade en marbre blanc.
1 L’inscription suivante, qu’on lisait autrefois dans le pavé de la chapelle, racconte ainsi les faits : D. O. M. Portiae de Cerre Joanni Pauli ex Comitibus Anguïllariae Filiae Laurentii R. Pontificis Francorum Regis Venetaeque reipublicae copiarum praefecti peritissimi nepoti Pauli Emilii Caesis Marchionis Riani conjugi Andréas Caesius Dux Cere Filius et haeres matri pientissimae postât altare struxit
L’ Eglise cle la Minerve
Elle fut dédiée primitivement à la sainte Vierge, puis plus spécialement à Notre-Dame du Rosaire, et enfin, lorsque le Rosaire fut transporté dans la chapelle Capranica, à l’illustre apôtre de la Pologne, fils du couvent dominicain de Sainte-Sabine.
Le tableau central représente précisément la Vierge qui apparaît à saint Hyacinthe et qui l’encourage * l. C’est l’œuvre d’Ottavio Leoni, peintre de Padoue. Le médaillon qui est au bas représente le bienheureux Ceslas, compatriote, compagnon, parent et ami de saint Hyacinthe.
Il fut peint en 1598, par ordre du duc Paolo Emilio Cesi, qui exécutait de la sorte une volonté suprême de sa femme.
En quittant la chapelle de saint Hyacinthe pour gagner la nef latérale, on peut remarquer au contour, sur le mur à droite, dans un encadrement gothique, un ange d’ailleurs très beau, qui emporte un enfant vers le ciel.
C’est le peintre Podesti, déjà connu de nous, qui a rappelé de la sorte la mort prématurée de sa petite enfant. C’est lui encore qui a dessiné et décoré tout le monument.
On pourrait faire ici une petite étude d’art comparé en lisant d’abord le délicieux poème : L’ ange et l’enfant , du boulanger Reboul, puis en prenant les peintures de Kaulbach, de Podesti, du P. Besson, auxquelles on pourrait ajouter des camées antiques, et même celui de Thorwaldsen, et en faisant la comparaison. Reboul et Besson l’emporteraient.
On admirait autrefois en cet endroit, au-dessus de la porte qui conduit au cloître voisin, une belle peinture de Marcello Venusti, qui représentait la Vierge montant aux cieux, et saint Pierre
dicatum D. Hyacinto dotaviique ut singulo die ter pro ea salutaris hostia offeratur. Obiit anno aetatis suae quinquagesimo primo salutis nostrae MDLXXX tertio nonas augusti.
1 Le peintre fait prononcer par la Vierge ces paroles de la légende: Garnie, Fili Hyacinthe, quia Filio meo gratae sunt preces tuae. Et quidquid petendum duxeris nie intervenante consequeris.