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Tombeau de Girolamo Buti

L’Eglise de la Minerve

et saint Paul spectateurs du miracle. Ce tableau avait été peint sans doute pour la chapelle de saint Pierre et de saint Paul, qui devint plus tard la chapelle actuelle de saint Raymond de Pegnafort. Il orna ensuite une paroi de la chapelle de saint Pie V ; il se voit aujourd’hui dans le vestibule de la sacristie contre la paroi de gauche en entrant l.

N'oublions pas d’admirer contre la colonne d’en face le délicieux monument du jeune Girolamo Buti, surtout la décoration des deux frises. Rien de plus exquis 2.

§ 2. — Chapelle de saint Pie V.

Au début il n’y eut pas de chapelles ouvertes dans le flanc gauche de l’église, parce que le cloître se trouvait immédiatement au delà de la muraille. Il ne put en exister qu’à partir de 1560, époque où Fra Vincenzo Griustiniani, devenu Maître général de l’Ordre, créa l’espace suffisant par ses restaurations et transformations 3.

Précédemment les chapelles étaient de simples autels dressés contre le mur intérieur de l’église, comme on le voit encore dans la nef de droite, par l’autel de sainte Lucie et de sainte Agathe.

Dès l’an 1527 on trouve de la sorte contre le mur de la nef de gauche un autel dédié à la Vierge, à saint Michel et à

1 Près de l’autel de saint Hyacinthe fut enseveli en 1318 l’évêque de Viterbe, Angelo Tincozzi, romain, qui a un droit spécial à la reconnaissance des Dominicains pour avoir fait l’enquête sur les miracles de saint Thomas d’Aquin. Voici son épitaphe d’après Ughelli: Hic jacet V. D. P. Angélus de Tincosi de XJrbe. Quaesitor miraculorum sa?icti Thomae de Aquino et Vicarius Domini Papae. Qui obiit cinno Domini MCCCXLI1I1 die VII decembris. Cujas anima requiescat in pace. Amen.

2 Cf. Nécrologe lapidaire de la Minerve ; Forcella, Iscriz., n. 1697.

3 C’est à ces travaux que faisait allusion une inscription qui se lisait dans le couvent, au-dessus de la porte du P. Général: Fr. Vincentius Justiniani Chiensis, Magister Generalis Ord. Praed. erexit instauravit et commodiorem reddidit an. Dom. MDLX.

saint Jérôme, dû à la munificence d’un légiste fameux en son temps, Gfuillaume Saporta, espagnol h

Les Porcari, ou plus exactement l’évêque Grirolamo Porzio, remplaça cet autel par une chapelle proprement dite, qu’il dédia exclusivement à saint Jérôme son patron, et fit graver sur la paroi de l’autel, derrière le “ paliotto „ une inscription pour rappeler sa munificence et ses droits 1 2.

La chapelle appartint successivement aux Porcari, aux Braschi, aux Millini.

A l’époque où elle était dédiée à saint Jérôme, on y louait beaucoup une toile d’Avanzino hTucci de Castello, représentant l'illustre Docteur, et au-dessus on lisait dans un médaillon : “ Divo Hieronymo dicatum „ , c’est-à-dire consacrée à saint Jérôme. Elle était tout ornée de stucs, avec des écussons de marbre dans la voûte 3.

Lorsque la chapelle fut dédiée à la gloire de saint Pie V, le Saint Jérôme fut vendu pour cent écus à Mons. Millini, bien que certains chroniqueurs du xvme siècle prétendent qu’il se trouve encore caché derrière le tableau de saint Pie V qui le remplaça.

Mons. Millini acquit en même temps le patronat de la chapelle.

C’est alors sans doute que pour relier le présent au passé, on érigea deux petits autels contre les parois de la chapelle : l’un

1 Une inscription rapportée par Forcella, Iscriz., n° 1706, nous raconte le fait en ces termes: Guillermus Raymundus Saporta, lllerdensis, Citerioris Hispaniae, Legum doctor, ad laudem et gloriam beatae Virginis Mariae et sanctorum Michaelis Archangeli et Hieronymi altare lioc erexit, dotavit anno salutis M DXXV1I.

2 Voici le texte de cette inscription: Sacrarum Litterarum interpreti maxirno Beato \ Hieronymo Hieronymus Porcins episcopus Handrem | Rotae primarius Auditor ac Sancti Pétri Canonicus | oh singularem devotionem sacellum merito \ dicavit.

3 Un écusson au sommet de l’arc portait “ due leoni in piedi, in atto di abbracciare un castello ...

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dédié à la Vierge et aux apôtres représentés dans un tableau de Venusti, dont nous venons de parler; l'autre, consacré à saint Jérôme et peut-être à saint Michel.

Le premier fut enlevé par ordre du Visiteur apostolique, mais on y laissa la peinture.

L’autel qui s’y voit aujourd’hui est et fut toujours très simple, n’étant qu’une table surmontée d’une peinture qui s’encadre dans des marbres précieux.

Ce tableau est l’œuvre de Procaccini. Il représente saint Pie V revêtu de ses habits pontificaux, élevant énergiquement la croix de la main droite entre deux anges placés à ses côtés. C’est le triomphe remporté sur le Turc, d’où ces mots qui se lisent près du saint : u Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Sois assis à ma droite, tandis que je placerai sous tes pieds tes ennemis en guise d'escabeau... Le sceptre de ta puissance... Le Seigneur enverra... „b

Lazzaro Baldi peignit les fresques des parois, représentant à droite le Crucifix qui s’anime sous les yeux émerveillés du Pontife ; à gauche, l’Assomption ou le Triomphe de la Vierge.

La décoration de la voûte est l’œuvre de Michelangelo Cerruti, qui y peignit une Gloire avec le Saint-Esprit au centre h

1 “Dixit Dominus Domino meo: Sede a dextris meis, douée ponam inimicos tuos scabellum pedum tuorum... Yirga virtutis tuae... Emittet Dominus... „

2 Nous pouvons ajouter quelques détails, qui offrent d’ailleurs un intérêt très relatif. Sous le tableau de Pie Y on voyait au xvme siècle un médaillon en marbre représentant sainte Catherine de Ricci.

En 1726, la chapelle fut dévolue à noble dame Giulia Millini, qui aussitôt l’embellit de marbres de diverses couleurs, fit renouveler la pavé, construire une balustrade en fer, et y déposa sous l’autel le corps entier de sainte Victoire, magnifiquement paré.

Contre la paroi, du côté de l’évangile, on plaça un tableau de saint Pie V, contre l’autre une peinture représentant sainte Victoire.

Dans une armoire placée au-dessous du tableau de Pie V, on montrait comme relique le fauteuil du saint pontife ; dans une autre, tout en face, on conservait beaucoup de précieuses reliques qu’on exposait le vendredi in Albis ou de Quasimodo, le jour de la Station à la Minerve

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En sortant de la chapelle, le visiteur trouve à sa droite, et adossé au pilastre, le tombeau d’Ottaviano degli Ubaldini délia G-herardesca, neveu de Léon XI, capitaine aux Gardes pontificales (f 1644), dont le portrait et les armoiries en mosaïques sont un chef-d’œuvre de Giambattista Calandra, tout à fait comparables pour la finesse du travail et les délicatesses des nuances à celles d’Héraclitus, que l’on admire au musée du Latran. Pour leur ressemblance avec la peinture, on les appelait u pictura de musivo

Sur le pilier qui s’élève en face est fixé, tourné vers l’abside, le monument de la vénérable sœur Maria Raggi, du Tiers-Ordre de saint Dominique. Il fut exécuté sur le dessin de Bernino et dans le goût fantasque de cet artiste. C’est un buste dans un médaillon, l’un et l’autre en bronze doré, que porte un ange contre une draperie en marbre noir.

Ce monument est dû à la munificence du cardinal Ottaviano Raggi (j 1643), parent de la défunte.

La vénérable fille de saint Dominique avait été ensevelie d’abord dans la chapelle de la Madeleine, et y possédait une tombe toute rayonnante du souvenir de ses vertus b

1 II nous semble utile de reproduire ici l’inscription qui se lit sur le monument et en lettres métalliques. Cette inscription n'est que la reproduction exacte, sauf l’absence d’une signature, de l’inscription primitive, qui se lisait dans la chapelle de sainte Madeleine, du côté de l’épître, sur la tombe primitive de la servante de Dieu: D. O. M. | Venerabili Sorori Marine Iiaggi Chiensi Ord. III. S. Dominici illustriss. D. Julius Magdalenus Cap i ferras nobilis Romanus locum monumenti ad depositum gratis prout latins patet in instrumenta concessit \ Haec XXXXVIII annis nata cum sanctissime et religiosissime vixisset specialibus gratiis et favoribus a Deo dotata féliciter in Domino quievit die VII januarii MDC.

Nous avons dit que l’inscription originale avait une signature, qui d’ailleurs ne comportait que les quatre lettres: C. E. F. C. Les deux dernières lettres ont la signification connue: “ Fieri curavit „ ; mais les deux premières qui désignent manifestement un personnage dévot à la défunte,

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