Tombeau d’Ottaviano délia Gherardesca
Sur la face du même pilier qui regarde la nef latérale se présente, et doit être vue de plus près, la tombe de Grirolamo Glabrielli, avec le buste remarquable du défunt (f 1587). Son épitaphe fait de lui le plus bel éloge. Il fut célèbre par sa science du droit, par sa bienfaisance, sa piété, son universelle charité, ses constructions architecturales, sa fidélité envers ses amis, ses publications littéraires b
C’est au pied de cette colonne, du côté qui regarde les chapelles, qu'avait été enseveli un nom cher aux amis des Lettres et du grand art typographique, Paolo Manuzio, fils d’Aldo (f 1574). Son épitaphe ne portait que son nom * 1 2. Il est l’un de ceux à qui on n’élève pas de monument plus grand que leurs œuvres.
Il convient de saluer le souvenir de cet ouvrier intelligent et chrétien.
Il voulut être enseveli à la Minerve parce que sans doute les premiers typographes venus à Rome y avaient trouvé leurs meilleurs amis, et aussi parce qu’il avait imprimé, et combien splendidement ! en 1566, par ordre du dominicain Pie V, la première édition du Catechismus Concilii Tridentini , qui était spécialement l’œuvre des Dominicains.
Un autre défunt dont le nom mérite d’être signalé fut enseveli dans ces parages : Abraham Bzovius, historien dominicain bien connu, et l’un des continuateurs du grand Baronius 3.
n’auront de signification pour nous que lorsque nous saurons qui fit exécuter l’ancien monument. On supprima naturellement ces lettres dans le monument nouveau, dû à la munificence d’un autre personnage.
1 Le texte de l’épitaplie se trouve dans notre Nécrologe lapidaire de la Minerve. On la trouve aussi dans Forcella, Iscriz., n° 1843.
2 La voici: D. O. M. | Panlo Manutio Aldi filio | obiit CI ODLXXIV.
3 Son épitaphe rappelle ses titres : Fr. Abruhamo Bzovio | Polono sacrae Theologiae mayistro \ Ordinis Praedic. \ post Caes(arem) Baronium | Annalium Ecclesiasticorum | scriptori | Reliyio posuit | Obiit septuagenarius \ pridie liai. febr. a. sal. MDCXXXVI1.
§ 3. — La chapelle de saint J acques-le- Majeur .
Elle fut alternativement la propriété de la famille Salviati, de la Confrérie de l’Annunziata et de la famille Lante. C’est d’ailleurs la Confrérie de l’Annunziata qui la fit construire comme héritière universelle de Lucrezia Salviati. Elle la dédia à saint Jacques, parce qu’elle voulut placer sous le vocable de l’Annonciation l’ancienne chapelle de saint Jacques édifiée par le cardinal Turrecremata. Elle appartint plus tard à la famille Lante.
L’autel est surmonté de deux colonnes torses en marbre blanc, avec arêtes dorées et entourées de vignes. Elles supportent un fronton brisé, avec deux anges imités des gladiateurs romains.
Le tableau de saint Jacques, sur l’autel, est peint, dit-on, par Marcello Venusti. Il l’est en tout cas par un artiste florentin et de la même école. Le peintre a emprunté le fond de son tableau, avec le grand arc qui encadre la figure mi-corps, au saint Vincent Ferrier de Fra Bartolomeo conservé à l’Académie de Florence: il ne pouvait faire un choix meilleur.
Le saint est fort caractérisé par les coquilles et le bourdon traditionnels et symboliques que lui ont prêtés les pèlerins de saint Jacques de Compostelle et autres l.
Dans l’intérieur de la chapelle, à droite, se voit le monument érigé en 1840 à Maria Colonna et à Margherita de Savoie. C’est l’œuvre de Tenerani, peut-être son chef-d'œuvre. Ce grand ange en marbre blanc, qui, assis sur un socle très austère, sans autre ornementation que l’image en relief d’une défunte dans son cercueil, tient en main la trompette de la résurrection des morts, en regardant le ciel d’où doit venir le signal, parle à l’âme par les yeux, et combien éloquemment ! C’est là du grand art.
1 On sait que le bourdon symbolise les pèlerinages, et les coquilles, les pèlerinages d’outre-mer.