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CHAPITRE IV

La nef de droite.

§ 1er. - — Les deux bénitiers et la façade intérieure, partie de droite.

En entrant par la grande porte centrale, le visiteur qui, après avoir donné un coup d'œil d’ensemble, voudra étudier les détails, fera bien, nous le répétons, de parcourir l’église en commençant par la nef de droite, pour traverser ensuite le transept, et revenir par la nef de gauche. C’est du moins la marche que nous suivons nous-même, comme la plus simple et la plus claire.

Près de la grande porte, le visiteur remarquera d’abord les deux bénitiers, identiques l’un à l’autre.

Ils méritent tout à fait son attention. Ce sont deux u putti „ , anges, enfants ailés ou génies, comme on voudra, tout en marbre blanc, n’ayant pas même de vêtement symbolique, se tenant debout sur un petit socle, et portant sur leur tête et sur l’extrémité de leurs deux ailes étendues et serrées l’une contre l’autre, un grand bassin rond, dans une sorte de soucoupe aux rebords noirs et ondulés. Le bassin destiné à recevoir l’eau sainte est aussi en marbre.

Sur le pourtour des bassins on remarquera des églantines stylisées, en marbre rouge, et du plus joli effet, sur le fond

L’Eglise de la Minerve

alternativement blanc ou noir. Peut-être avons-nous là une allusion au Rosaire voulue par le donateur, grand dévot du Rosaire.

Cette fois en effet nous connaissons et le donateur et l’artiste.

Le premier fut Pie Y, dont les armoiries avec la tiare se voient sculptées en relief sur la face antérieure des socles où se tiennent les “ putti „ .

Le second fut Ottaviano Lazzeri, un sculpteur florentin l. Il était véritablement artiste. L’ensemble de son œuvre est plein de robustesse et de goût: c’est l’art sain et vrai du xvie siècle.

La présence du blason de Pie V avec la tiare nous rappelle que ce monument fut exécuté durant son pontificat, c'est-à-dire entre 1566 et 1572.

En se retournant vers la droite, le visiteur devra remarquer contre le mur de la façade quelques tombeaux très intéressants au point de vue de l’art et de l’histoire, malgré leur teinte grisâtre, presque noire.

Le premier à observer tout près de la porte est celui de Neroni Detisalvi ou Diotisalvi. Le défunt est étendu sur son cercueil, en costume de jurisconsulte, assez semblable à celui que de nos jours encore portent officiellement les avocats en France et ailleurs. 11 a les mains croisées sur la poitrine, les traits émaciés- et tirés. Deux piliers plats, très délicatement ornés, supportent une architrave surmontée d’une frise et d’une corniche; sur celle-ci s’appuie un arc, au-dessous duquel on avait peint la Mère de Dieu entre deux anges agenouillés et aujourd’hui presque effacés.

Neroni Detisalvi fut un jurisconsulte florentin, célèbre en son temps, mort en 1482, à l’âge de 81 ans. On louait l’inté-

1 Sur les petits troncs d’arbres où s’appuient les “putti,,, on lit en effet les deux inscriptions suivantes. D’un côté celle-ci: Otaviano Lazeri Florentino faceba (sic); de l’autre: Otaviano Lazeri Florentini opus. Nous respectons cette libre orthographe, qui a elle aussi une bonne saveur de terroir, chez cet artiste peu lettré, mais riche de belles images.

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