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Monument de Fabretti

U Egl ise de la Miner ve

Dans la coupole sont figurés quatre prophètes, avec leurs noms écrits dans des banderoles : Zacharie, Jérémie, Isaïe et David ; et dans les pendentifs les quatre Evangélistes.

Toutes ces peintures font honneur au pinceau de Francesco Nappi. L’artiste a exécuté ici ses fresques “ a pietra „ , comme on a fait ailleurs, pour éviter les dégâts du salpêtre. Le même artiste avait peint également contre les pilastres, d’un côté saint Louis Bertrand et la bienheureuse Marguerite da Castello ; de l’autre, le bienheureux Ambrogio Sansedonio et sainte Agnès de Montepulciano.

A droite et à gauche se voient les nombreux monuments et les longues épitaphes des membres de la famille Naro. Ils ont le mérite du sérieux et de la gravité, et on n’y joue pas sottement avec la mort h

A noter, au sortir de la chapelle, contre le mur, à droite, le monument de Cesare Magalotti (y 1602), avec buste, armoiries, et une épitaphe où, à l’énumération de ses titres on ajoute l’éloge de sa piété envers Dieu, de sa fidélité envers les princes, de son dévouement à ses amis, de son courage en face de ses ennemis 1 2.

Observons surtout, adossé au pilier d’en face, le monument solennel d’un savant illustre, Rafaele Fabretti (f 1700), sculpté magistralement par Camillo Rusconi. Le buste-portrait est particulièrement remarquable par la pureté et l’austérité des traits, excellemment rendus. Le portrait est encadré avec un goût irréprochable dans un ovale qui lui donne tout son relief, au milieu de ce noble fronton toscan. A remarquer les deux

1 Une grande inscription sur marbre, placée à gauche, contient un bref d’Urbain VIII accordant des faveurs spirituelles (1639) à cette chapelle, sur la demande de Bernardino Na-ro. On trouvera toutes ces inscriptions dans notre Nécrologe lapidaire de la Minerve. Voir aussi Forcella, Iscriz., n°* 1695, 1822, 1845, 1904, 1905, 1909, 1918, 1933.

2 Nous la reproduisons dans notre Nécrologe lapidaire de la Minerve . On la trouve dans Forcella, Iscriz., n° 1869, mais incomplète.

jolis “ putti „ on enfants qui soutiennent au sommet les armoiries du défunt \

L’idée de la mort n'est rappelée que par cette draperie en marbre noir étendue au bas du buste, et portant l’éloge funèbre. C’est une u mémoire „ plutôt qu'un tombeau.

Les amis intelligents des beaux marbres n'oublieront pas d’y regarder le “ pavonazzetto sanguigno,,, fond couleur sang de bœuf, avec fragments de blanc rougeâtre.

§ 7. — La chapelle de la Résurrection, ou de V Apparition à sainte Madeleine .

Ce n’était primitivement qu’un autel adossé au mur, et il appartenait au duc Gfaleazzo Visconti de Milan.

Cet autel fut dédié d’abord à l’Assomption de la Vierge, et était surmonté d’un tableau qui représentait la Mère de Dieu enlevée vers le ciel par quatre anges.

Ce tableau fut transporté plus tard sur le frontispice de l’autel dans la chapelle nouvellement construite.

Celle-ci fut érigée en 1548, par Vincenzo Macarani, qui la fit consacrer d’abord au mystère de la Résurrection du Christ, ou plutôt au Christ vainqueur de la mort.

1 Voici son éioge funèbre: D. G. M. \ Raphaeli Fabretto Gasparis f(ilio) Vin cent ino patritio Urbinati et S. C. \ ob antiquitates Urbis illustratas I in Romanos patritios cum g en te sua adlecto \ Alexandri VIII a supplicibus libellis \ V aticanae Basilicae canonico \ Archivii apostolici Aïolis Hadrianae prcie(fecto) \ viro Italis exterisque notissimo \ qui dum Agri Romani descriptionem pararet \ ob. VI id. febr. A. D. MDCC.

Vix. ann. LXX1X mens. VII d . | Gaspar Fabrettus Joseph i fratris

f(ilius) magister militum provinciae Urbinatium \ ex testam.ento B. M.P.

Et dans le sol on lisait autrefois: Ossa \ Raphaël Fabretti XJrbinaten.

L’ Eylise de la Minerve

En 1585, Antonio Macarani obtint le patronat de cette chapelle, et, modifiant un peu la pensée première, la dédia à l’Apparition du Christ à la Madeleine *, premier témoin de la Résurrection.

Au-dessus de l’autel actuel deux colonnes de u porta santa „ élèvent un fronton triangulaire, et encadrent une peinture sur toile, où est représenté le Christ en costume de jardinier, apparaissant à sainte Madeleine : c’est encore un peu la Résurrection. Le tableau est de Marcello Venusti, dit-on. Du moins appartient-il certainement à l’école florentine.

Dans le reste de la paroi du fond, on a fait ajouter des peintures modernes : saint Louis, roi de France, à droite du tableau central, et sainte Mathilde à gauche; T Ascension au-dessus du fronton. Dans la voûte des anges célèbrent le triomphe de l’Agneau.

A l’intérieur de la chapelle, à droite, il faut jeter un regard sur le tombeau de Vincenzo Macarani (f 1557), qui voulut reposer dans le petit sanctuaire orné par ses soins.

Nous venons de visiter la dernière des chapelles aujourd’hui existantes dans l'église de la Minerve.

Cette variété de chapelles et de patronats offre quelques avantages. Elle suscitait entre les familles une noble émulation pour les œuvres religieuses et moralisatrices, elle facilitait la multiplication des œuvres d’art.

Mais ces avantages amenaient aussi des inconvénients.

1 C!est ce qui résulte d’un passage de la longue inscription funèbre qu’ Antonio Macarani avait consacrée à son frère Vincenzo, qui fut enseveli dans cette chapelle. Antonio expliquant pourquoi son frère ne sera pas enseveli à San Crisogono comme ses ancêtres, donne cette raison : “In hoc tamen (sacello) quod ipse (Vincentius) Christo mortis Victori sacravit monumentum hoc (Antonius) moerens posuit,,. Dans ses Iscriz., n° 1827, Forcella donne toute l’épitaphe; on la trouvera également dans notre Nécroloye lapidaire de la Minerve.

U Eglise de la Minerve

Ces chapelles ne sont en réalité que des édifices parasitaires sur l’édifice principal, et nuisent cà l’unité et à l'harmonie des idées.

Puis, chaque propriétaire a, ses goûts, ses possibilités, ses dévotions, ses exigences : d’où résulteront des dénominations qui se répètent et s’échangent; des installations disparates, et ainsi de suite.

Le long de notre visite, nous avons surtout apprécié les avantages: il nous suffira d’avoir signalé les inconvénients.

§ 8. — Encore quelques tombeaux.

Avant de sortir de l’église, dont nous avons achevé le parcours circulaire, il convient de ne pas négliger quelques tombeaux que nous avons encore sur notre passage.

Ils sont des plus remarquables parmi ceux que nous avons, rencontrés jusqu’ici, et même parmi ces tombeaux célèbres des xve et xvie siècles.

On aperçoit en premier lieu à sa droite, contre le mur, près de l’angle, deux monuments superposés.

Le plus élevé est celui du cardinal Gfiacomo Tebaldi du Colesipoli, mort en 1466.

Il se trouvait d’abord dans la chapelle de sainte Rose, à l’époque ou celle-ci appartenait aux Tebaldi: il fut transporté ici lors des transformations que subit cette chapelle, à l’époque de la canonisation de sainte Rose.

Le tombeau est à la fois une œuvre célèbre et excellente, que l’on attribuait jadis à Andrea Verrocchio, et qui est en réalité de Giovanni Dalmata, auteur de nombreuses œuvres belles, dans Rome, en particulier du tombeau de Paul II. Le défunt est couché sur l’urne funèbre, la figure calme et noble,

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