Monument de Virginia Pucci
entourée de cette pauvreté et simplicité qui lui donnent son plus beau caractère. Cela valait infiniment mieux que les poupées bohémiennes qui les remplacent parfois de nos jours.
Le u presepio „ de la Minerve était alors autre chose qu’un recoin inutilisable autrement. On y voyait des peintures du chevalier d'Arpino, représentant saint Dominique, saint Thomas, saint Antonin ; et d'autres de Bosio da San Geminiano, avec les images de saint François d’Assise, de saint Antoine de Padoue et de saint Bonaventure. Cette riche décoration se devait probablement à la générosité des Caffarelli, dont on voyait les armes au sommet de l’arc d’entrée h
En 1724: seulement, Benoît XIII le fit adapter pour les fonts baptismaux 1 2, et le “ presepio „ fut transféré dans la chapelle de saint Jacques, où il resta jusqu’à la date récente où on le transporta dans le corridor condamné qui allait jadis de la nef de gauche au cloître de la Minerve.
Le privilège des fonts baptismaux avait été accordé à notre église dès 1531, par le pape Clément VII ; mais ils étaient placés .à l’intérieur de l’église, près de la porte, sur la droite, en entrant.
Les peintures qui embellissaient la chapelle du “ presepio „ furent enlevées et transportées dans le vestibule de la sacristie.
L’architecte Filippo Rauzzini fut chargé d’adapter le local à sa nouvelle destination.
Il nous donna une petite chapelle cariée, à angles coupés, avec les fonts au milieu.
1 G. Fontana affirme que Giuseppe Cesari, dit le chevalier d’Arpino, y avait représenté “la Yergine con san Domenico e due al tri santi ed angeli,,. Raccolta, vol. II, p. 46. Le “chevalier,, devait beaucoup de reconnaissance au célèbre dominicain Ignazio Danti, qui avait encouragé son talent. Mais plus tard, hélas!...
2 On lisait autrefois dans la voûte: Sacellum sacro hue fonte translata instauratum. Cette inscription se rapporte au fait que nous venons de rappeler.
C’est sans doute lors de la transformation qu’on y construisit ce pavé en majoliques, tel qu’on le vit jusqu’à l’époque des dernières restaurations. Il fut remplacé en 1850 par le pavé en marbre, d’ailleurs très banal, qu’on y voit de nos jours.
On embellit la voûte et les parois de stucs et de peintures en harmonie avec l’idée principale.
Un bas-relief en stuc, de Paolo Benaglia, représentant le baptême du Christ par saint Jean-Baptiste, était loué de tous les connaisseurs.
Il a malheureusement disparu, et, second malheur, il a été remplacé par une très pauvre peinture moderne figurant la même scène.
Le nouveau baptistère fut inauguré solennellement par le baptême d’un juif.
Il n’y avait alors comme fonts baptismaux qu’une urne en marbre blanc aux armes de Benoît XIII, le donateur sans doute. C’est peut-être celle que nous y voyons encore aujourd’hui, bien que l’écusson pontifical en ait disparu. Vers 1820, Camillo Ceccarini couvrit cette dernière d’une assez gracieuse coupole métallique, de style ogival. Cette coupole a huit pans terminés chacun par un fronton, et elle est surmontée d’une statuette de la Foi. L’ensemble est plutôt joli que beau. On avait entrepris il y a quelques années une restauration nouvelle, restée inachevée : il est heureux qu’on n’ait pas poursuivi l’entreprise, tant les débuts en furent mesquins.
Dans l’intérieur, à gauche et à droite, se voient le monument du cardinal Ladislao Gallo (f 1621) et celui du prélat Albano Gallo (f 1641).
Le monument du cardinal Gallo ou Ferragallo comporte un buste sculpté, dans un ovale qu’enserrent deux colonnes surmontées d’un fronton arqué. Au-dessous du buste, une assez longue inscription qui nous donne quelques indications sur le défunt.