Tombeau du cardinal Gallo
Il était de l’illustre famille d'Aquin, et en toutes ses délibérations, il envisagea, disait-on, le côté divin plutôt que le côté terrestre des choses h
Originairement ce tombeau se trouvait contre le pilastre qui sépare le corridor absidal de la chapelle de sainte Magdeleine, au delà du transept : vers 1850 on le transporta ici, afin de débarrasser le transept des monuments qui encombraient et brisaient les lignes.
Un détail touchant : c'est un serviteur du cardinal défunt, Giovanni Ricci, qui éleva ce monument à la mémoire de celui qui avait été son maître.
En face, contre le mur de gauche, s'élève le tombeau du prélat Albano Gallo ou Ferragallo, qui fut le secrétaire de trois papes: Clément VIII, Grégoire XV et Urbain VIII. Il laissa ses biens à la Confrérie du Rosaire, à la charge, entre autres, de fournir des dots aux jeunes filles qui voudraient se
I D. O. M. | Ladislao 8’. R. E. presb. card. | excellenti et illustri nobilitate | D. Thomae Aquinatis domus | magnis virtutibus claro \ in comitiis non ad summa terrarum \ sed ad coelestia divino numine \ et beneficio evocata \ obiit an. Dom. MDCXX1 \ aet. suae LXXI11 | Joannes Riccius de Piscia \ patrono carissimo \ grati animi ergo monumentum p.
C’est ici la première tombe de cardinal que nous rencontrons à l’intérieur. Félicitons ceux qui ont abandonné l’habitude de suspendre les chapeaux des cardinaux défunts au-dessus de leur tombe. C’était une vanité enfantine autant que posthume. Il n’en reste plus qu’un échantillon ou l’autre à la Minerve. Il n’en était pas ainsi à l’époque où écrivait ce macabre ironiste qui fut le P. Labat : “ Pour ce qui est, dit-il, des princes, des grands seigneurs, des évêques et des cardinaux qui ont choisi leurs sépultures dans cette église, il serait ennuyeux d’en faire le dénombrement. La coutume est de suspendre à la voûte, devant ou au-dessus des sépulcres, les chapeaux rouges. Il y en a encore aujourd’hui un nombre, et il y en aurait bien davantage, si on se donnait la peine de rattacher ceux qui tombent, lorsque le temps a consommé les cordons qui les attachaient,,. Voj/age d’Espagne et d’Italie , ch. III.
II y a environ soixante-dix cardinaux ensevelis à la Minerve.
faire religieuses chez les Dominicaines de Sainte-Marie-Magdeleine, au Quirinal *.
Son tombeau ressemble beaucoup au précédent, qui lui fait vis-à-vis et que nous venons de décrire.
Au sortir de la chapelle du Baptistère, on remarquera contre le pilastre qui la sépare de la chapelle suivante, le monument adossé de l’archiviste Antonio Castalio (f 1533), mort à l’âge de quatre-vingts ans.
Le buste, encadré dans une niche ronde, entre deux colonnes plates et un fronton triangulaire de style à peu près corinthien, nous donne le type parfait de l’homme qui vit avec les choses mortes. Il a les lèvres serrées, les traits inertes quoique intelligents ; il est coiffé de son u berretto „ qui le protège contre les courants d’air, et semble assez content de sa personalité. Le buste est d’ailleurs exécuté superbement, et, pour ce motif, il a été attribué à de grands artistes, spécialement à Donatello, bien que ce dernier fût mort soixante-dix ans auparavant. Nous ignorons à quel ciseau il convient d’en faire honneur.
Le socle qui supporte le monument est surchargé d'inscriptions, dues au défunt lui-même, pour la plupart. Castalio, en effet, était aussi loquace par écrit qu'il était silencieux en paroles. Il nous a laissé des sentences vagues autant que bonnes, en vers parfois inachevés, et on a cru bien faire de répondre à ses intentions en les gravant sur son tombeau \ Le digne homme a pris soin en effet de nous avertir qu’il avait lui-même composé son épitaphe, dont voici un échantillon: “ Ce repos que de mon vivant je n’ai jamais pu goûter, j’en
1 On trouvera son épitaphe dans notre Nécrologe lapidaire de la Minerve. Voir Forcella, Iscriz., n. 1916.
2 On pourra lire ces textes dans notre Nécrologe lapidaire de la Minerve. Cf. Forcella, Iscriz nn. 1712, 1713, malgré ses erreurs.