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Tombeau de l’archiviste Antonio Castalio

TJ Eglise de la Minerve

jouis désormais dans un refuge assuré. La souffrance, le souci, le labeur, la mort, les luttes terrestres ont disparu : l’âme possède la seule cliose qu’elle désirait „.

§ 3. — La chapelle de saint Louis Bertrand.

Elle vient immédiatement après celle des fonts baptismaux, pour celui qui entre dans la nef de droite.

Elle fut construite en 1498, par Mgr Prospero Caffarelli, et organisée dès lors telle que nous la voyons de nos jours, sauf quelques restaurations accessoires exécutées en 1825 et en 1855 ', dans les décorations qui sont d’ailleurs postérieures.

Dès le xve siècle elle fut sous le patronage des Caffarelli.

Nous indiquons ici, et nous indiquerons chaque fois qu’il nous sera possible ces droits de patronat, parce que ces faits ont leur importance et pour l’histoire des familles ou des individus propriétaires, pour celle de la société à laquelle ils appartenaient, pour celle enfin des chapelles ou églises, et de leur construction, modifications, embellissements, tombeaux, et pour l'intelligence des armoiries, qui se voient au sommet des arcs d’entrée.

L’autel que nous avons devant nous est surmonté de deux superbes colonnes de u giallo brecciato „ , portant sur deux chapiteaux corinthiens un fronton arqué et brisé. Les spécialistes apprécient très fort cette espèce de marbre, à raison de ce fond jaune paille tirant au doré, où s’incrustent des fragments de jaune sombre.

1 Les' restaurations de 1825 eurent lieu à l’occasion du Jubilé; celles de 1855, à raison des réparations exécutées dans l’église, comme le rappelle l’inscription qui se lit sur la paroi de droite dans la chapelle : Anno rep. sal. MDCCCLV \ cum templum hoc Mariae D(ominae) N(ostrae) | in elegantiorem formam \ restitueretur \ Cajelanus dur Cafarellus \ sacrarium gentis suae \ novo cultu exornavit.

L’Eglise de la Minerve

Nous trouvons vers 1522 que l’autel est dédié avec la chapelle à saint Antonin, l’illustre archevêque dominicain de Florence; puis, plus tard, en 1670, lorsque Clément X eut canonisé Frère Louis Bertrand, le grand apôtre de l’Amérique du Sud, également des Frères-Prêcheurs, on plaça toute la chapelle sous le vocable du nouveau saint, d’après les instances même du duc Caffarelli.

Ce dernier fit peindre sur toile en cette circonstance .le tableau de l’autel par Giovanni Gaulli, dit le Baciccio, artiste génois, qui représenta le saint agenouillé presque de face, plongé dans une contemplation profonde devant son Crucifix miraculeux, tandis que des couples d’anges s'agitent et voltigent de tous côtés, ou s’entretiennent du beau spectacle. La couleur en est splendide de chaleur et de transparence. Il est seulement douloureux qu’ici comme un peu paitout ailleurs, la peinture principale soit souvent à moitié cachée par des tableaux ou des chromos, et quels tableaux, quels chromos, grand Dieu ! hissés sur l’avant et représentant les saints ou les dévotions à la mode. Nous ne décidons pas s’il y a là quelque sacrilège contre la piété : il y en a assurément un contre l’art.

Un tableau banal de saint Dominique, reproduisant plus ou moins la pauvre image de Soriano, surmonte le tableau de saint Louis Bertrand.

Il est de Giuseppe Cesari.

Les peintures exécutées à l’huile sur les murs latéraux de la chapelle sont de Gasparo Celio. Elles représentent, à droite, la résurrection du jeune Napoléon Orsini, opérée par saint Dominique; à gauche, celle du petit enfant mort pendant que sa mère était à la prédication du patriarche thaumaturge, et rendu par lui à la vie.

Jadis se voyait au-dessus de l’entrée de la chapelle un tableau de Notre-Dame du Rosaire, avec saint Dominique et sainte Catherine de Sienne.

Tombe de Giovanni Caffareili

Dans l’intérieur, à gauche, contre le mur, s’élève le monument de Francesco Caffarelli (f 1615). Il fut construit par les soins du cardinal Scipion Borghès.e, parce que le défunt était un neveu du pape Paul V, un Borghèse. Il comporte une grande épitaphe sur marbre noir, flanquée de deux piliers plats en marbre de couleur, surmontée d’un fronton brisé, où s’encastrent les armes des Caffarelli. Le monument repose sur un socle très élevé, assis lui-même sur une large base. L’inscription rappelle que le défunt fut d’une probité antique, d’une rare prudence dans les affaires, et d’une admirable modération dans l’une et l’autre fortune l.

Dans le pavé de la chapelle, devant l’autel, on peut remarquer une pierre tombale portant en graffite à moitié effacé le portrait de Giovanni Caffarelli, qui mourut en 1378. C’était un soldat. Il revêt une longue tunique et le surcot bordé d’hermine, porte au flanc une épée et sur la tête la toque en fourrure. L’image est encadrée dans une inscription gothique très simple, rappelant d’un mot la vie et la mort du défunt. C’est très grand comme noble indépendance vis-à-vis de la renommée 2.

Au sortir de la chapelle, arrêtons-nous un instant devant le tombeau de Uberto Strozzi de Mantoue (f 1553), qui s’élève contre le pilastre, entre la chapelle que l’on quitte et la suivante. Le buste est encadré dans un ovale, au-dessus de l’ins-

1 On trouvera son épitaphe dans notre Nécrologe lapidaire de la Minerve. Voir aussi Forcella, Iscriz., n. 1891.

2 Voici le texte: f Hic requiescit nobilis \ vir Dns. Dns. Jolies, de Cafarellis miles sub anno Dni. MCCCLXX11I | qui obiit die 1 1 1 1 | mensis octobris cujus anima requiescat in sancta pace.

Cette tombe est dessinée dans la collection Galletti (Cod. Vat. 8254).

Le lecteur n’omettra pas de noter tout ce qu’il y a de piété dans ce dernier souhait : “ Que son âme repose dans la sainte paix ! „ Le monument funèbre avait jadis pour but de rappeler le souvenir du mort et de provoquer une prière pour lui chez les survivants: plus tard il fut souvent un suprême triomphe de la vanité, et rien de plus.

U Eglise de la Minerve

cription funèbre, entre deux colonnes plates sans ornement, qui reposent elles-mêmes sur une base austère, ornée exclusivement des armes du défunt. L’architrave et la frise reposant sur les colonnes ont un caractère de massivité voulue. L’artiste a négligé intentionnellement les petits détails. L’ensemble a un grand air de distinction et de noblesse, à raison même de cette simplicité.

L’épitaphe ne dément pas la sobriété du monument. Elle nous apprend que le défunt était un frère excellent, d’une grande probité, d’un caractère bienveillant h Son buste, qui est très beau, nous offre la réalisation de l’idéal célèbre : u La santé de l’esprit dans la santé du corps „ , entendu comme il convient.

Contre la colonne de l’église qui se dresse en face se trouve le tombeau de Natale Moncardi (y 1831). C’est l’œuvre de Ténérani, qui nous a fait ici de l’éclectisme artistique, avec tendances au corinthien. Un large socle nous donne le récit prolixe des mérites militaires et autres du défunt * 2.

Avant d’entrer dans la chapelle suivante, dédiée à sainte Rose de Lima, le visiteur s’apercevra peut-être que les chapelles ne sont pas toutes d’égales dimensions. S’il jette néanmoins un coup d’œil sur un plan par terre de notre église, il constatera qu’en réalité la construction essentielle de la Minerve est d’une régularité parfaite, et qu’il s’ouvre une chapelle en face de chaque couple de piliers ; seulement quelques-unes ont été diminuées par des installations accessoires : celle de saint Louis Bertrand, par l’érection du Baptistère; celle de saint Pierre Martyr,

' D. G. M. | Uberto Strotio \ mantuano \ suavissimis moribus et \ probitate incomparabili j Ludovicus Strotius \ fratri opiimo moestiss. | fecit | vixit annos XLV1I1 \ menues VI dies IX \ decessit pridie kolend. | martias MDLI11.

2 Voir l’épitaphe dans notre Nécrologe lapidaire de la Minerve , où dans Forcella, lscriz., n. 1998.

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