Procès-verbaux des Corps municipaux. Vol. IV
2. Procès-verbaux des séances de la Commission populaire (annexes), p. 551.
saints Canons ». Dans les derniers jours du siège, on imposa, ce semble, à des ecclésiastiques certaines corvées de nécessité; ils travaillèrent en qualité de terrassiers à l'établissement de nouvelles redoutes.
Comme on voulait incorporer MM. Piron et Rousset, qui devinrent dans la suite chefs de mission^, ces prêtres refusèrent. Le général Précy comprit leurs raisons et se contenta de donner à l^un et à l'autre une place de secrétaire. Aussitôt les vicaires généraux leur remirent les pouvoirs les plus amples pour exercer le ministère et ils furent, sous leur qualificatif nouveau, de vrais aumôniers de troupe \
Moins gênés par leurs principes, quelques constitutionnels concoururent efficacement à la défense de Lyon. Il faut nommer surtout Servier, premier vicaire épiscopal de Lamourette. Il avait accepté les fonctions de quartier -maître. En lui-même, l'emploi n'avait rien que de très pacifique. La tradition lyonnaise toutefois le montre à la tête d'une batterie et pointant les canons. Etant donné ce que l'on sait de l'homme, il est difficile de ne pas croire qu'il ait eu quelque goût pour le métier des armes. Dans la demande qu'il fait d'un certificat de civisme, le 4 avril 1793, Ser\-ier énumère avec complaisance ses titres à le recevoir : « Zélé pour la propagation de la liberté et de l'égalité, il a été nommé avec acclamation aumônier des patriotes de la cité au camp fédératif indiqué à Paris le 14 juillet 1790. L'année suivante il fut président du Comité central de Lyon. En 1792, il bénit les drapeaux de toutes les sections de la cité. Ce fut lui qui fit la cérémonie lors du départ des bataillons pour la frontière. Il a béni le drapeau des vétérans et des jeunes citoyens : toutes ces cérémonies, faites avec une pompe guerrière, ont été accompagnées de discours patriotiques. En 1793, il a monté la garde en personne, avec son bataillon, en qualité de grenadier, et il est resté à son poste sans désemparer, au pont de la Guillotière, tout le temps requis, quoique fonctionnaire public. » La requête est signée : « Le citoyen Servier, premier vicaire de la métropole, grenadier du huitième bataillon de la deuxième légion et zélé républicain -. »