‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 109 sur 191 · id. p · texte numérisé non relu

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renversée, et interceptait l'air. Les prisonniers durent payer très cher pour obtenir un nettoyage. Durant les froids rigoureux, on leur accorda, de leurs deniers, quelques chaufferettes. Une nuit, ils manquèrent d être asphyxiés par le dégagement du carbone '. Dans le procès-verbal de la visite des prisons, les commissaires inscrivent des plaintes qu'ils transmettent. A Saint-Joseph, quarante prisonniers sont sans habillement ; ils se plaignent de ne faire qu'un repas, par vingt-quatre heures, et de ne pouvoir subsister, n'ayant qu'une livre et demie de pain par jour. Aux Recluses, ils réclament contre le concierge qui ne va jamais dans l'intérieur faire sa visite ; ils ne reçoivent pas la paille toutes les décades : plusieurs disent n'en avoir reçu qu'un clin depuis 30 jours \

L'administration des secours spirituels aux prisonniers fut l'un des grands soucis de l'autorité diocésaine. Durant les premières semaines qui suivirent le siège, apprenant qu'il n'y avait pas de prêtre dans la « Cave de mort », M. Linsolas fit appel au dévouement des ecclésiastiques qui se cachaient dans les maisons. Cinq se présentèrent. Déguisés sous des vêtements de jacobins ou d'hommes du peuple, ils arrivaient à tour de rôle à la porte du terrible cachot, déclarant qu'ils apportaient quelques subsistances. Le guichetier visitait les provisions, puis ouvrait la porte en appelant le prisonnier. Le prêtre demeurait sur le seuil. Pendant que le prisonnier recevait, avec une lenteur calculée, les objets divers qu'on lui apportait, ses autres compagnons, prévenus à l'avance, disaient leur acte de contrition, inclinés sous l'absolution sacramentelle qui tombait de la main et de la bouche du ministre de Dieu. Lorsqu'il ne fut plus permis d'aborder les prisonniers, la Providence permit qu'il y eût presque toujours des prêtres au nombre des détenus. Leur ministère n'était quelquefois pas des plus faciles, car il y avait dans la prison des impies notoires qui raillaient les choses saintes et blasphémaient Dieu.

Mathieu Cachet, de l'Ordre des feuillants, oublié dans les soussols de l'Hôtel de Ville, bien que condamné, put, jusqu'à son exécution, remplir un très fructueux ministère. Il attendait que la nuit

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