I. Hôtel de Ville, P
d'un commissaire de police l'explique : « Etant à la distribution du charbon de terre sur le port-affranchi, plusieurs personnes se sont plaintes qu'un citoyen, vêtu d'une roupe, disait aux femmes qui formaient la ligne pour avoir du charbon, qu'il fallait pousser vigoureusement et, dans le cas où elles n'auraient pas de charbon, se soulever. » La scène, qui se passait le matin, recommença le soir. Désigné comme celui qui excitait à l'insurrection, un homme fut appréhendé : l'homme était Aymard qui décUna son titre d'ex -grand vicaire. Interrogé le i8 frimaire, il se déclara « marchand mercier place du Grand-Collège, ci-devant grand vicaire, supérieur du séminaire constitutionnel et directeur des dix-huit écoles de pauvres de Lyon, marié depuis environ quatre mois, ayant un enfant adoptif. Il a rendu ses lettres de prêtrise et obtenu, de ce chef, un certificat qu'il exhibe. A pour moyens d'existence sa pension de ci-devant fonctionnaire. N'a de liaison qu'avec son beau-père ». Aymard fut maintenu en état d'arrestation et incarcéré aux Recluses '. Il méritait d'en être tiré par la Commission révolutionnaire comme l'un des plus beaux fleurons de l'église schismatique ^
Beaucoup de prêtres constitutionnels avaient d'ailleurs, comme le citoyen Aymard, remis leurs lettres de prêtrise; car la Révolution poursuivait son œuvre de déchristianisation, et l'apostasie extérieure lui avait semblé, par la reddition des lettres d'ordination, un excellent moyen.
Dans sa séance du 23 brumaire, la Convention nationale avait chargé les autorités constituées de recevoir les déclarations des « prêtres qui renoncent à leur profession ». Le 29 brumaire, 19 octobre, la Commune de Lyon autorisa le secrétaire greffier ci recevoir lesdites déclarations et à en délivrer des récépissés, le procureur de la commune restant chargé d'en faire, suivant la Loi, passer le Tableau, chaque quinzaine, au comité d'instruction publique. Le 14 décembre (24 frimaire), le Directoire arrêta qu'il serait écrit aux districts du département pour demander l'état des abjurations