‹ L'Église de Lyon pendant la RévolutionChapitre 120 sur 191 · I. Jounmldes deux âcparl. âc Rh.-et-L · texte numérisé non relu

I. Jounmldes deux âcparl. âc Rh.-et-L

Il est bien entendu que les prêtres constitutionnels seront seuls i\ bénéficier de l'apparente liberté : les autres continueront à être traqués et, quand ils seront saisis, à être mis à mort. Les églises ne se rouvriront pas; elles serviront dans les villes comme dépôts ou magasins de subsistance.

Dorfeuille, Représentant du Peuple, écrit, le 8 janvier(i9 nivôse), au rédacteur du Journal de Rhône-et-Loire pour lui faire le récit de la Fête célébrée à Armes-Commune (Saint-Etienne), le premier décadi de nivôse. Il convient de rappeler cette fête, vraie leçon pour les yeux, dans laquelle le Représentant fit guillotiner en effigie les rois, le Saint-Père, et Pitt, premier ministre du roi d'Angleterre.

Le cortège, k l'heure de midi, quitta la place de la Liberté. En tête un détachement de l'armée révolutionnaire suivi de musiciens; ensuite un groupe d'hommes en bonnets rouges, armés de piques, figurant le peuple français. Ils portent une bannière avec des inscriptions : de face Five la République! au revers Nous la défendrons. Suivent : un groupe de femmes portant des palmes autour d'une bannière avec la double inscription : Vive la République! Nous vous aiderons; un groupe d'enfants qui chantent des hymnes patriotiques; un second détachement de soldats avec deux pièces de canon; un tombereau traîné par deux ânes, qui portait en eflBgie le Pape, les rois coaHsés et M. Pitt, chargés de chaînes. Un mannequin représentait la ville de Toulon avec cette inscription : Je suis la ville de Toulon; fêtais jadis française : fai trahi ma patrie : le mannequin était traîné dans la boue sur une claie. Un char attelé d'un bœuf et d'un cheval porte un misérable lequel serre dans ses bras un homme superbement vêtu : c'est le char de V Egalité. Suivent de nombreux esclaves, chargés de chaînes, figurant les peuples dont les rois allaient à l'échafaud. Deux jeunes filles (la Raison et la Nature), entre elles un jeune homme (le Peuple français) ; d'une main le dernier porte une pique avec cet écriteau : Contre les Rois, de l'autre une branche d'olivier avec les mots : Pour les peuples ; — enfin un groupe de sans-culottes, de laboureurs, de vieillards appuyés sur de jeunes hommes et des enfants : ils marchent avec une bannière sur laquelle on lit : Le dernier jour du règne des rois doit être le premier jour du bonheur du monde. Les autorités suivent, précédant les Représentants du Peuple. Un détachement de la garde nationale ferme la marche.

Le cortège, après avoir parcouru les places et les rues, revient à son point de départ sur la place de la Liberté où était dressé Téchafaud.

Un autel de gazon avait été élevé au pied de l'arbre de la Liberté. Les esclaves se rangèrent autour de cet autel. A mesure que tombait la tête d'un tyran sous le tranchant de la guillotine, la Liberté, d'un coup de hache, brisait les chaînes d'un des groupes d'esclaves. Un bûcher reçut les restes infâmes des tyrans. Puis on se rendit au Temple de la Raison où avait été préparé un festin civique. Les officiers municipaux s'employèrent à servir le peuple ^

Parmi les relaxés du décadi 20 nivôse (19 janvier) se trouvait un des directeurs du séminaire métropolitain, Claude-Louis Girardot, ex-carme, qui avait succédé à Nicolas Jolyclerc dans la charge d'économe que ce dernier avait exercée d'une manière lamentable. Girardot, une fois en fonction, eut à lutter contre son prédécesseur. Voici dans quelles circonstances.

Aymard ayant encouru la disgrâce des vicaires de la Métropole, M. Doutre, un de leurs confrères, fut nommé par eux pour venir présider, et tenir provisoirement la place de supérieur. Mais Nicolas Jolyclerc voulait à tout prix prendre le supériorat. Pour réaliser son rêve, il écrivit un Mémoire dans lequel il déclarait exorbitants les traitements accordés aux directeurs du séminaire, et qu'il terminait modestement ainsi : « Pour moi, au refus des autres, j'ajouterais un emploi dans le séminaire, gratuitement, à toutes mes autres fonctions, et je ne me croirais pas encore surchargé ». Doutre ne put s'installer, et Jolyclerc fut provisoirement revêtu de la supériorité. C'est alors qu'il vint se heurter à l'économe. Celui-ci ayant une plume bien taillée, résolut de se défendre. Il fit, devant le Directoire du district de Lyon, le procès des vicaires épiscopaux qui prétendaient se mêler des affaires du séminaire, sur lequel ils croyaient avoir tous les pouvoirs de l'évêque; il déclarait, pour finir, ne connaître comme maître au séminaire que le seul district. Le Directoire donna raison à l'économe.

Comment donc Girardot avait-il été emprisonné } Simplement

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