Notice manuscrite
Le contact annuel avec ses prêtres ouvrit au zèle de M. de Marbeuf de larges horizons. Méthodique et pratique avant tout, l'évêque d'Autun partagea son diocèse en départements qu'il composa en juxtaposant trois ou quatre archiprêtrés. A la tète de chacun de ces départements il mit l'un des treize vicaires généraux qu'il s'était donnés. Une fois par semaine les grands vicaires s'assemblaient à l'Évêché pour le Conseil. On discutait les choses d'administration; les décisions de l'évêque consignées dans un registre, facilitèrent singulièrement la tâche de ses coopérateurs.
Pour la solution des cas de conscience,, lesquels exigent une particulière attention, M. de Marbeuf étabUt une conférence de morale qui se tint tous les quinze jours, en sa présence; le professeur de morale du séminaire était tenu d'y assister. Chaque grand vicaire exposait les difficultés qu'on lui demandait de résoudre ; un secrétaire notait les décisions concertées en commun et les motifs sur lesquels on les basait. Sa rédaction était soumise à l'approbation du Conseil suivant. Chacun des vicaires-généraux en emportait une copie et avait charge de transmettre les réponses aux intéressés \
Les nominations aux cures et aux bénéfices furent l'objet d'une sérieuse attention. La nomination dépendait-elle de l'évêque seul ? M. de Marbeuf s'inspirait d'une rigoureuse équité. Prenant la liste d'ancienneté dans le sacerdoce, il composait chaque année, avec le concours de son Conseil, une liste particulière des -vicaires que leur ancienneté et leur talent désignaient pour être nommés de préférence. Toute démarche, sollicitation, protection demeuraient inutiles. On s'en aperçut très vite et les intrigues cessèrent. Tout ecclésiastique qui avait démérité se vit impitoyablement rayé de la Uste; son nom n'y reparaissait qu'après une réelle amélioration.
Les avantages de la méthode devinrent bientôt si évidents que les personnages ecclésiastiques ou laïques, auxquels appartenaient en propre certaines nominations, finirent par s'en remettre à la discrétion du Conseil épiscopal. Toutefois, respectant des droits véritables, le Conseil se contentait de former une liste particulière de cinq ou six sujets propres à remplir le bénéfice vacant : le patron,